humeurs, bonnes ou mauvaises, mais à consommer sans modération!
Le moins qu’on puisse en dire, c’est que la perspective d’être dirigés par François Fillon à partir de mai 2017, n’est pas des plus réjouissantes. La Justice examine le dossier, recherche les preuves d’un travail effectif de Pénélope qui aurait été à la hauteur des émoluments versés sur son compte par l’Etat, donc, l’argent public. On aimerait tous que dans 15 jours, les clarifications indispensables soient apportées et que la Justice établisse la vérité, la probable et bien affligeante vérité.
Mais d’ores et déjà, les mensonges du candidat Fillon sont établis.
Mensonges sur les périodes au cours desquelles, il aurait « embauché » son épouse. Mensonges sur la situation réelle de ses enfants étudiants qu’il a fait passer pour des avocats pour justifier leur rémunération exorbitante. Mensonges sur le rôle réel de Madame qui affirme devant les caméras n’avoir justement aucun rôle politique. Et bien non, telle monsieur Jourdain, Madame Fillon faisait de la politique sans le savoir. Molière est ainsi revisité puisque pour le même prix, Fillon réunit Monsieur Jourdain et Tartuffe dans le même spectacle.
Reconnaissons tout de même à Fillon une certaine créativité puisqu’il a su inventer son propre système d’allocations familiales…
Mensonges pitoyables sur un prétendu coup d’Etat institutionnel, la main de la gauche en sous-main, des officines barbouzes derrière tout cela… Fillon apporte autant de preuves de ce genre d’assertions qu’il n’en délivre sur la réalité du travail de sa famille pour le service de la représentation nationale. Fillon voudrait nous faire passer de Molière à OSS 117 !
Mais admettons un très court instant que la Justice soit dans l’incapacité de dire si Pénélope et ses enfants ont réellement travaillé ou non, admettons que l’affaire se termine par un non-lieu, il n’en restera pas moins que Fillon aura largement trompé les Français en leur prêchant la rigueur, la nécessité de redresser les comptes d’une France en faillite, en défendant l’idée de supprimer 500 000 postes de fonctionnaires pour réduire la dette, lui qui aura fait verser à sa femme et à ses enfants des rémunérations dont on peut affirmer sans aucun risque de se tromper, qu’elles étaient sans commune mesure avec le travail effectué. Encore Tartuffe.
En terminant, j’ai une pensée pour les juges du Parquet financier. Eux qui comme tous les magistrats, souffrent d’un fonctionnement de la Justice souvent défectueux, faute de crédits suffisants, faute d’argent public consacré à d’autres priorités. J’ai une pensée pour ces juges qui, le soir à la maison, vont comparer leur fiche de paye de magistrats aguerris et diplômés avec celles de deux petits étudiants en droit payés, comme eux mais beaucoup plus qu’eux, avec de l’argent public...
Ce sera pour eux sans doute un grand moment de solitude !
Quoi qu’il en soit, tout cela ne prédispose pas, c’est le moins qu’on puisse dire, à accorder en mai prochain la moindre confiance à Fillon et à se retrouver ainsi pour 5 ans, attachés par le menteur !
dr