humeurs, bonnes ou mauvaises, mais à consommer sans modération!
Les barbares d’abord… On les voit déferler chaque semaine à Paris ou dans quelques grandes villes de province, décidés à casser, à blesser, à voler, à détruire des magasins, des voitures, des flics, bref, tout ce qui leur tombe sous la main. Ils viennent semble-t-il de partout, de France, d’Europe, de l’extrême-droite, de l’extrême gauche, du néant de la pensée jusqu’aux frontières de l’inhumanité. Détruire des biens, s’en prendre aux personnes mais avant tout, s’en prendre à la République et à ses symboles, miner la démocratie pour tenter d’instaurer, par réaction, l’Etat autoritaire dont ils rêvent, dont ils pensent qu’ils seront les premiers bénéficiaires. Tout est bon pour ces barbares, s’en prendre aux Juifs, aux immigrés, aux « possédants », s’organiser le samedi en commandos et peut-être demain, hélas, en milices opérant tous les jours de la semaine… Ça ne vous rappelle rien ? les mots d’ordre anti-Etat, anti-impots, la convergence de l’extrême-gauche et de l’extrême-droite pour organiser le chaos pour ensuite instaurer un ordre nouveau… Les barbares ont pignon sur rue tous les samedis…
Et pendant ce temps-là, de l’autre côté de la Méditerranée, des manifestants qui vivent sous un régime autoritaire depuis des décennies ont le courage de descendre dans la rue, sans voiles pour se masquer, sans uniforme jaune, rouge ou noir, sans intention de détruire quoi que ce soit, simplement avec la volonté de reconstruire la démocratie, et avec un tel respect qu’ils ont à cœur de nettoyer les rues eux-mêmes après les manifestations… Ceux pour lesquels la dame Le Pen voudrait instaurer des visas pour leur interdire de venir en France (par crainte d’une invasion barbare peut-être ?)… Non, madame Le Pen, les barbares ne sont pas ceux que vous pensez, vous les trouverez plus facilement dans les rangs de votre mouvance de l’ultra-droite et dans celle de l’extrême-gauche…
Les complices : Bien que gangréné dès l’origine par l’extrême-droite, le mouvement des gilets jaunes n’était au début qu’une contestation ciblée autour d’une taxe diésel qui s’avérait mal venue, contestation qui a agrégé par la suite des revendications multiples et contradictoires pour s’en prendre ensuite au fonctionnement même des institutions. Il faut comprendre qu’en refusant toute structuration à leur mouvement, les gilets jaunes ont refusé le dialogue politique, menaçant même ceux d’entre eux qui voulaient s’inscrire dans cette perspective ou envisageait une traduction électorale du mouvement. En refusant de se structurer, ils ont ouvert en grand la porte aux extrémistes de tous bords. Et c’est ainsi qu’objectivement, en organisant des manifestations non déclarées, en s’abstenant de mettre en place le moindre service d’ordre interne aux manifestations, en laissant entrer dans les cortèges des individus dont les intentions étaient de s’en prendre uniquement aux biens et aux personnes, en accompagnant même ces individus dans leurs exactions (les images le montrent), les gilets jaunes se sont déconsidérés et ont déconsidéré leur mouvement. Opérer comme ils le font, une distinction entre LES gilets jaunes et DES gilets jaunes n’a plus aucun sens à partir du moment où le mouvement a laissé faire. Il y aurait LES gentils gilets jaunes et DES mauvais gilets jaunes… Mais qui peut faire la différence entre le gilet jaune qui insulte Alain Finkielkraut, ceux qui portent le même uniforme en incendiant le Fouquet’s, ceux habillés du même jaune qui jettent des pavés sur les flics et d’autres gilets jaunes qui font cuire des merguez au rond-point des vaches de la banlieue de Rouen ? En suivant les mots d’ordre douteux de Drouet et consorts, des « jusqu’auboutistes » qui n’ont pas la moindre considération pour ceux qui ne pensent pas comme eux, ce ne sont pas DES gilets jaunes qui se déconsidèrent mais LES gilets jaunes dans leur ensemble. Et la complicité commence lorsqu’on ne peut plus faire la différence entre le défini LES et l’indéfini DES.
Les cyniques : Wauquiez qui enfilait hier un gilet jaune, ment ensuite en disant qu’il ne l’a jamais fait, réclame aujourd’hui l’instauration de l’état d’urgence avec intervention de l’armée au besoin… et demain, niera en cas de bavure porter la moindre responsabilité en la matière… Le Pen qui a alimenté le mouvement en fournissant le « prêt à scander » anti-Macron, le « vox populisme, vox Déi » qui lui sert de stratégie politique depuis des lustres, Mélenchon, Ruffin et autres qui condamnent d’une voix bien fluette les dérives fascisantes du mouvement et lui trouvent par ailleurs bien des excuses, le clown Dupont teigneux dont l’insignifiance n’a d’égale que son anti Européanisme dont il espère récolter un profit électoral à court terme…Ces irresponsables politiques font ici la preuve de leur cynisme et de leur appétit de pouvoir. A vomir…
On doit souhaiter que l’esprit de démocratie souffle à nouveau dans ce pays et que, par une voie totalement et exclusivement démocratique, ces cyniques soient exclus le plus tôt possible de la vie politique.
dr