humeurs, bonnes ou mauvaises, mais à consommer sans modération!
Renaud Lavillenie a battu le record du monde du saut à la perche. On ne va pas s’étendre sur un sujet que d’autres commentent avec beaucoup plus de compétences que nous. « La hune » ne peut cependant s’empêcher de saisir la perche qui nous est ainsi tendue pour s’attarder sur le triste record à mettre au passif de Claude Guéant, ex secrétaire général de l’Elysée Sarkozien, ex ministre de l’intérieur et exécuteur des basses œuvres du Président de l’époque.
Quand Renaud Lavillenie s’envole au-dessus de sommets encore jamais franchis, Claude Guéant nous plonge au plus profond des bassesses de la politique. Lorsque Renaud Lavillenie prend le risque d’aller encore plus haut, il lui arrive de ne pas retomber sur ses pieds, de risquer l’entorse et même de se blesser. Même marchant avec des béquilles, Renaud Lavillenie continue à être grand, sans pour autant regarder les autres de haut. Claude Guéant connaît aussi le monde des entorses, mais il s’agit là des entorses au règlement et à l’éthique. La morale voudrait que le plus rapidement possible, il se prenne les pieds dans le tapis de ses mensonges et que la justice lui administre d’urgence les traitements que son état nécessite.
Lorsque l’appartement de Claude Guéant avait été perquisitionné par la police et que celle-ci avait découvert que l’intéressé (le mot vient très à propos) avait perçu 500 000 euros en liquide, ce dernier avait encore toute sa mémoire pour se souvenir que cet argent provenait de la vente à un avocat malaisien, de deux tableaux du peintre flamand Van Eertvelt qu'il possédait . Inutile de préciser à nouveau qu’aucune des œuvres du peintre en question n’étaient estimées, loin s’en faut, à ces montants. On espère que la Justice va continuer ses investigations. Claude Guéant avait commencé à perdre sérieusement la mémoire au sujet de primes qu’il avait perçues en qualité de chef de cabinet de Nicolas Sarkozy entre 2002 et 2004, alors même que ce système de primes avait été supprimé. Notre spécialiste de l’entorse et son maître d’alors ne se souvenaient sans doute pas que la règle s’applique à tout le monde, surtout lorsqu’on a la responsabilité d’un ministère qui doit être garant de l’ordre public. Toujours est-il que notre Cloclo s’est vu notifier une garde à vue en décembre 2013, afin de l’aider à retrouver la mémoire…
Aujourd’hui, nouvelle rechute ! Claude Guéant n’a aucun souvenir de l’endroit où pourraient se trouver ses archives de secrétaire général de l’Elysée, archives dans lesquelles on aurait pu trouver la trace des multiples rendez-vous de son patron ou de lui-même avec Bernard Tapie, la trace également des combines et contorsions juridiques ayant abouti à la nomination de François Pérol à la tête d’un groupe bancaire dont il avait ordonnancé la restructuration dans son rôle de secrétaire adjoint de l’Elysée… Mais de ces affaires là comme de tant d’autres, Claude Guéant n’a pas de souvenirs et manque de chance, manque de pot de vin même, il ne sait plus ce que sont devenues ses archives !
La vilénie nous dit Monsieur Larousse, c’est un comportement vil, bas. C’est ce qui s’applique sans conteste à Claude Guéant qui, entre autres oublis, ne se souvient également pas qu’un homme investi d’une fonction publique, qu’il soit élu ou nommé, est au service de l’intérêt général et n’est pas propriétaire de la mémoire de la république. On ne peut que souhaiter que la Justice et une enquête parlementaire fassent un peu de lumière sur cette nouvelle affaire. Un peu de lumière, c’est ce qui avait manqué à Claude François un jour funeste, dans sa baignoire, lumière qu’il avait eu le tort de vouloir réparer lui-même…
Ah, « si j’avais un marteau » doivent fredonner probablement un certain nombre de juges, constatant que Claude Guéant ne connaît toujours pas le titre « Marche tout droit » de l’infortuné Cloclo…
dr