humeurs, bonnes ou mauvaises, mais à consommer sans modération!
Disons le d’emblée, c’est un film médiocre qui nous est offert en ce début janvier sur nos écrans. La bande annonce nous montre la salle d’un tribunal correctionnel dans lequel siègent pour la première fois des jurés populaires, aux côtés de magistrats professionnels…
Le Président : « Accusé, levez vous ! »
Le prévenu : « Mais je suis déjà debout, M’sieur l’Président ! »
Sourires dans la salle… la scène se poursuit…
« Alors, Nick, vous vous obstinez à déclarer que les 50 millions qu’on a trouvés dans votre mobylette provenaient de la vente de pin’s dans les quartiers ? Vous vous moquez de la justice !
- non, M’sieur l’Président, j’vous jure que je sais rien de cet argent
- Pourtant, en 1995, vous étiez celui qui parlait au nom de la bande du quartier ?
- Oui, mais je savais rien ; Moi, je disais ce qu’on me demandait de dire ; je veux pas le balancer mais c’était Baladin, le caïd.
- Mais tout cet argent, il a servi à acheter des armes pour faire la guerre à la bande rivale qui était dirigée par Jacquot la saumure, non ?
- Je vous répète que j’suis au courant de rien, à part que Jacquot la saumure, c’était pas un ange, la preuve, c’est que vous l’avez condamné le mois dernier !
- Et la cachette qui a été trouvée au jardin du Luxembourg pour recevoir le soi-disant argent des pin’s, vous n’êtes pas au courant non plus ? Il n’y a que vous et vos acolytes qui pourtant pouvaient avoir connaissance de cette cachette !
- Ben non, j’vois pas de quoi que vous m’dites…
- Je me résume : en 1995, alors que votre bande est en pleine bagarre avec celle de Jacquot la saumure, vous servez de « grande gueule » (en français, porte-parole) à votre chef le dénommé Baladin ; vous êtes celui qui règne sur l’économie du quartier, soit l’équivalant d’un Ministre du budget de la France, et vous prétendez n’être au courant de rien ???
- J’vais même vous dire une chose, M’sieur l’Président : un porte-parole du gouvernement ça ne sait rien et ça dit tout ; regardez Luc Castel ou Valérie Petitesse ; Un Ministre du budget ; ça raconte n’importe quoi ; regardez François Babouin ; c’est bien la preuve qu’à l’époque, j’étais au courant de rien !
- Et Karachi, ça ne vous dit rien non plus ? »
A ces mots, Maître Géant, le petit défenseur de Nick qui sommeillait jusqu’ici, se lève d’un bond : « le cas Rachida, Monsieur le Président, bien sûr ! C’est elle la coupable, cette Rachida ! Forcément ! ». Applaudissements nourris de la part du public qui occupe les sièges de droite de la salle d’audience…
« - Non, Maître ! reprend le Président ; Karachi, pas le cas Rachida ! N’essayez pas de créer une diversion autour de ce procès, je vous en prie !
- De toutes façons, rétorque l’avocat dont la robe noire est devenue avec le temps, brune ou marron, ce procès n’a pas lieu d’être puisque mon client bénéficie de l’immunité liée à son statut. Il est « intouchable » !
Le procureur Philippe Sangle approuve les propos de l’avocat et demande l’acquittement de Nick.
Et c’est ainsi que de termine provisoirement la séquence de cette mauvaise série dont les premiers épisodes remontent à 1995.
Deux remarques cependant :
Le film (véritable ) « Intouchables » met en scène la rencontre de deux exclus, l’un, du fait de son handicap physique, l’autre, en raison de son handicap social. Ces deux exclus par la vie, véritables « intouchables » en faisant référence au système de castes ayant existé en Inde, se réinsèrent dans une vie un peu plus normale en se rapprochant l’un de l’autre et en unissant leurs talents pourtant bien différents. Dans notre fiction « l’intouchable », Nick s’exclut lui-même de la condition d’un justiciable normal et profite de son statut pour se soustraire provisoirement à toute enquête judiciaire.
Les jurys populaires commencent à être mis en place dans certaines juridictions. Espérons que le jury populaire qui siègera en mai prochain mettra fin à l’immunité de Nick afin que nous puissions savoir s’il peut passer régulièrement ou non de l’immunité à l’impunité.
Comme tout citoyen ordinaire.
dr