humeurs, bonnes ou mauvaises, mais à consommer sans modération!
La ville de Carhaix située au centre de la Bretagne n’est pas, selon l’expression populaire, le « trou du cul du monde ». La ville connait même une certaine notoriété en raison du festival des vieilles charrues qui s’y déroule chaque été. On peut lire sur le site de la ville que Carhaix est jumelée avec 5 villes européennes et un camp Palestinien, ce qui est tout à fait à son honneur. On pourrait cependant suggérer au maire de cette aimable bourgade, Monsieur Christian Troadec, un nouveau jumelage avec la ville de Montcuq, située elle, dans le Lot, et dont la notoriété bien assise tient d’avantage à son nom qu’à la renommée du loto organisé le 18 octobre prochain par la société de chasse locale.
Monsieur Troadec s’est illustré ces derniers mois en prenant la tête de la contestation de l’écotaxe, en organisant et en participant à de multiples manifestations regroupant des cohortes d’individus aux intérêts particuliers fort divers pour ne pas dire contradictoires, et sans la moindre considération pour l’intérêt général, notamment écologique, qui était la raison d’être de cette écotaxe. Monsieur Troadec a eu raison du projet, aidé en cela par la Ministre Madame Royal qui vient de démanteler à elle seule tous les portiques payés par les contribuables. Les gros nez rouges (les appeler « bonnets rouges constitue une manipulation de l’Histoire dénoncée par des historiens universitaires de renom tel André Lespagnol) peuvent donc illégitimement se réjouir.
Madame Royal a eu l’idée lumineuse d’instaurer la gratuité des autoroutes le dimanche. C’est ainsi que l’écotaxe qui était censée taxer les poids lourds pollueurs se serait transformée en permission de polluer gratuitement le week-end pour tous les véhicules automobiles légers… Heureusement, cet éclair de génie n’aura duré qu’une nanoseconde, le temps qu’il a fallu au gouvernement pour contredire la Ministre en charge du dossier à la vitesse d’un cheval-vapeur au galop.
Dommage cependant doit penser Monsieur Troadec qui, dans le cadre de son jumelage avec Montcuq, aurait pu déplacer tous les dimanches, des cohortes de gros nez rouges en voitures.
Toujours est-il que pour l’heure, Monsieur Troadec doit penser qu’un jour, il pourra emprunter la rue du quai et parcourir dans un poids lourd à échappement libre, les 782,6 kilomètres qui séparent sa mairie de celle de Montcuq, tout en polluant le cœur léger. J’imagine même qu’il pourra fredonner au volant cette chanson de corps de garde que ceux qui ont fait leur service militaire il y a longtemps ont peut-être gardé en mémoire… il n’est ni rond ni Carhaix, ni pointu, il est ovale…
dr