humeurs, bonnes ou mauvaises, mais à consommer sans modération!
La saint Jérôme, c’était le 30 septembre. Chacun d’entre nous a souhaité une bonne fête aux Jérôme qu’il connaît mais au sein de la classe politique, la manière a sans doute été assez différente ; dame, on a les Jérôme qu’on mérite !
On se doute qu’au PS, on n’a pas dû se bousculer pour souhaiter une bonne fête à Jérôme Cahuzac, ex ministre du budget et grand spécialiste du placement d’argent à gauche. Sa fréquentation des paradis fiscaux lui a valu de vivre un enfer politique et médiatique. Il paye et personne ne pourra s’en plaindre, ni au PS, ni ailleurs. Saint Jérôme, ce n’est pas lui.
En revanche un Jérôme qui a été quasiment béatifié au sein du Front de Gauche, c’est Jérôme Kerviel ! On peut estimer que le fonctionnement de la Société Générale était bien peu sécurisé pour permettre au trader d’accumuler autant de pertes dissimulées ; on peut même imaginer que la Banque a profité de l’occasion des malversations commises pour grossir le montant de ses pertes, mais de là à considérer le trader comme la victime du système et à le comparer à Alfred Dreyfus ! C’est pourtant ce que fait Mélenronchon qui ne recule décidément devant aucune provocation pour faire parler de lui dans les médias. Draper le coupable dans l’habit de la victime est une grande spécialité de certains hommes politiques comme Le Pen (père et fille), Sarkozy ou Mélenronchon lui-même. Fustiger la Justice fait aussi partie de l’arsenal classique et cela en dit long sur la capacité du leader du Parti de Gauche à respecter l’indépendance des magistrats. Quoi qu’il en soit, Jérôme Kerviel pour lequel on éprouve ni antipathie, ni sympathie particulières, ne peut être ainsi béatifié. Il va continuer à porter un bracelet électronique et non l’auréole dont Mélenronchon voudrait l’affubler. Saint Jérôme n’est donc pas un ancien trader.
Va-t-on trouver notre saint à l’UMP ? Jérôme Lavrilleux qui a avoué avoir laissé son stylo commettre quelques signatures sur de fausses factures pour permettre à son chef de mener grand train durant sa campagne électorale est aujourd’hui le seul, avec les dirigeants de Bygmalion, à reconnaître un début de responsabilité dans ce qui est un énorme scandale d’Etat. Imaginez seulement si Sarkozy avait été élu en 2012. L’affaire serait peut-être aujoud’hui étouffée et les magistrats instructeurs priés de s’intéresser à autre chose, mais il n’empêche que nous aurions aujourd’hui un Président élu grâce à une tricherie d’ampleur gigantesque. Et l’entendre aujourd’hui jouer les victimes sur les estrades complaisantes de supérettes UMP de province en dit long, tant sur la petitesse du personnage que sur la lâcheté de tout son entourage qui ne se souvient de rien. Saintes nitouche ou voyous, peut-être, mais décidément pas de saint Jérôme dans cette famille…
On a retrouvé dans les archives du FN un certain Jérôme Bourbon, véritable djiadiste catholique et actuel directeur de Rivarol. Bref, le profil idéal d’un saint homme ! Condamné pour contestation de crimes contre l’humanité par la justice, cet ex membre du FN a rompu avec Madame Le Pen en expliquant « Je ne peux pas en conscience rester neutre entre une gourgandine sans foi ni loi, sans doctrine, sans idéal, sans colonne vertébrale, pur produit des media, qui a multiplié les purges depuis des années et dont l’entourage n’est composé que d’arrivistes sans scrupules, de juifs patentés et d’invertis notoires… » fin de citation… Comme quoi, ce garçon a bien retenu les leçons du père Le Pen et il ne risque pas plus que les précédents de se coiffer de l’auréole de saint Jérôme !
Dans la France du début du XXème siècle, les « apaches », c’était les petits malfrats qui avaient maille à partir avec la Justice. Nos quatre Jérôme ont des comportements qui n’ont rien à envier à celui des « apaches ». Aux Etats Unis, la tribu Apache avait parmi ses chefs, un certains Géronimo dont le nom est hérité d’un acte perpétré le jour de la Saint Jérôme. Mais si lui non plus n’avait rien d’un saint, au moins peut-on le considérer, celui-là, comme une véritable victime de l’oppression blanche américaine. Rien à voir avec les quatre qui précèdent qui s’habillent en victimes alors qu’ils ne sont que coupables…
dr