humeurs, bonnes ou mauvaises, mais à consommer sans modération!
Le rêve du printemps 2012 n’aura duré que quelques semaines. L’été qui suivait nous voyait parfois quelque peu songeurs et l’hiver qui vient de fermer ses lourdes paupières nous laisse avec la bouche pâteuse, encombrée d’accusations de mensonges qui, à y regarder de près, concernent des responsables politiques de tous bords…
Jérôme Cahuzac a-t-il eu un compte bancaire en Suisse, à Singapour ou ailleurs dans le but de soustraire une partie de ses avoirs au fisc ? La justice nous le dira et la nomination de deux juges d’instruction dont la compétence et l’indépendance ne sont pas à démontrer ne peut que réjouir ceux qui sont plus attachés à la manifestation de la vérité qu’à la défense partisane. A la hune, nous sommes de ceux-là et s’il s’avérait que Jérôme Cahuzac avait menti, il devrait évidemment être sanctionné, pénalement, politiquement et moralement.
Nicolas Sarkozy est mis en examen, accusé d’avoir abusé de la faiblesse de Liliane Bettencourt. A-t-il menti en affirmant n’avoir jamais rencontré et touché d’argent de sa part pour financer sa campagne de 2007 ? La justice nous le dira mais les cris d’orfraie des amis de l’ex président invoquant un complot politico-judiciaire laisserait à penser qu’il n’y a peut-être pas de fumée sans feu. Copions-collons le paragraphe qui précède en disant que cette mise en examen ne peut que réjouir ceux qui sont plus attachés à la manifestation de la vérité qu’à la défense partisane. A la hune, nous sommes de ceux-là et s’il s’avérait que Nicolas Sarkozy avait menti, il devrait évidemment être sanctionné, pénalement, politiquement et moralement.
Et nous pourrons sans doute dans l’avenir recopier et recoller pour Christine Lagarde, Bernard Tapie, Dominique Strauss Kahn, l’héritage douteux de Jean Marie Le Pen… mais laissons tranquillement la justice faire son travail…
Le mensonge en politique est devenu monnaie courante. La promesse électorale non tenue fait partie de l’ordinaire du candidat-élu, l’évocation d’un « grand soir » est au mieux le rêve naïf de l’électeur-gogo et au pire, le calcul cynique du candidat certain de ne jamais être élu. Ce sont ici des mensonges devenus hélas habituels et qui se sont banalisés avec le temps. La surexposition médiatique des responsables politiques a certainement largement contribué à la banalisation du mensonge politique et par voie de conséquence, au détournement de l’opinion de la vie politique, quand ce n’est pas à sa stigmatisation. Le sprint de la compétition électorale se gagne sur le fil, avec l’avantage décisif que procurera la « bonne » image du candidat. Qu’importe la crédibilité du programme ! L’apparente crédibilité du candidat est bien plus décisive. Qu’importe si le candidat s’est dopé ou non puisque le contrôle anti-dopage ne commencera à s’exercer que 5 ou 6 ans après la proclamation de la victoire ! Et qu’importe si c’est Liliane B. qui est suspectée d’avoir fourni le « pot belge » (pour les non-initiés, c’est ainsi que les cyclistes désignent les produits dopants). La photo-finish tient plus de l’image des chroniques people que de l’analyse politique.
Ces mensonges ordinaires sont insupportables pour les citoyens d’une démocratie mais les mensonges destinés à cacher le vol, la corruption, l’enrichissement ou l’intérêt personnel de ceux qui aspirent à gouverner leurs concitoyens le sont encore plus. Il revient aux électeurs de sanctionner le mensonge politique ordinaire, il revient à la justice de sanctionner les autres mensonges. Aucun démocrate de gauche ou de droite ne saurait, au nom d’une pseudo solidarité partisane, s’opposer à la manifestation de la vérité.
dr