humeurs, bonnes ou mauvaises, mais à consommer sans modération!
Lundi 1er décembre, les patrons étaient dans la rue ! Le moment est donc bien choisi pour dresser sommairement une petite typologie des patrons…
A tous saigneurs, tout honneur, il y a les patrons du CAC 40, ceux qui financent largement le MEDEF, qui le poussent à manifester, à surenchérir, à réclamer l’impossible, à dénoncer pêle-mêle le Code du travail, les 35 heures, l’impôt de solidarité sur la fortune, l’obligation de motiver un licenciement etc… Mais ceux-là n’étaient pas dans la rue, hier, trop occupés à jouer au Monopoly et à s’échanger les places d’administrateurs dans les grands groupes…
Une deuxième catégorie, nettement plus recommandables et qui manifestait en masse ce 1er décembre, ce sont les patrons de PME, qui, eux, font tourner la machine économique comme ils peuvent, obligés de supporter à la fois le poids des charges en France (l’optimisation fiscale, ce n’est pas pour eux, les délocalisations non plus) et la lourdeur des contrôles et des formalités administratives (il en reste). Ceux-là savent encore revêtir le bleu de chauffe quand il le faut et leur voix mérite d’être écoutée… même si de temps en temps, certains crient bien avant d’avoir mal.
Il y a une troisième catégorie qui recrute ses effectifs de temps en temps dans les deux qui précèdent : les patrons-voyous, peu nombreux mais champions de la fraude fiscale, du dégraissage d’effectifs pratiqué simultanément avec la distribution de dividendes, voire du dépôt de bilan assorti d’enrichissement personnel, et réouverture du magasin dès le lendemain sur le trottoir d’en face. Ceux-là manifestaient également hier, arborant le cadenas pour « décadenasser » l’économie française, avec aussi dans la poche, la clé des champs pour aller blanchir quelques excédents, en Suisse ou ailleurs.
Rien à voir avec tout ça : Sarkozy a été élu patron de l’UMP. Rien à voir ? pas si sûr… C’est l’ami des patrons du CAC 40 avec qui il aime tant parader ; il va changer l’enseigne du magasin UMP qui va devoir déposer le bilan à force de crouler sous les dettes. Il va se réinstaller aussitôt dans une autre rue. Il est adepte du non-appauvrissement personnel (autre forme d’enrichissement personnel) en demandant à son entreprise, après l’avoir acculé à la faillite, de payer ses amendes à sa place… Dans quelle catégorie faut-il le placer ?
dr