humeurs, bonnes ou mauvaises, mais à consommer sans modération!
Ce sera donc le 30 mai, jour de la saint Ferdinand, que naîtra le nouveau parti qui succédera à l’UMP. Brassens avait écrit une chanson polissonne dans laquelle il fredonnait « quand je pense à Fernande, je bande, je bande… » mais j’ose l’avouer, la fête de Ferdinand du 30 mai prochain me laisse de marbre…
Nicolas Sarkozy avait promis qu’une fois élu à la présidence de l’UMP, il nettoierait tout, du sol au plafond ; L’affaire Bygmalion, l’opacité du fonctionnement financier du parti et ses propres démêlées avec la justice ont fait vite comprendre au néo président que le ménage devant âtre effectué surtout du sol aux bas-fonds, il devenait urgent de passer l’UMP par pertes et profits ( !) et de créer un nouveau parti. Ce sera chose faite à la saint Ferdinand.
On peut faire confiance à Sarkozy aussi bien pour faire confectionner de nouveaux statuts de nature à favoriser sa candidature pour 2017 que pour utiliser toutes les recettes possibles pour échapper autant que faire se peut à la reprise du passif financier de l’UMP. Il sera intéressant de voir comment, sur le plan juridique et financier, sera dévolue la succession de feu UMP. On est curieux de voir quelles seront les circonvolutions sémantiques utilisées pour illustrer le fait qu’avant, c’était Copé et sa clique et qu’à la Saint Ferdinand, tout rentre dans le rang !
L’accouchement du 30 mai prochain recèle encore bien des mystères : On savait l’UMP enceinte, en sainte nitouche souvent même et dernièrement, en sainte ni-ni touche dans le domaine électoral. On sait depuis longtemps que ce parti n’a plus rien à voir avec le Gaullisme des années 60 mais le glissement programmatique vers l’extrême droite opéré depuis et par Sarkozy promet quelques débats internes à couteaux tirés. Selon le Littré, l’accouchement est aussi au sens figuré « la difficulté qu’on éprouve à dire une chose, à prendre un parti. » La porosité des frontières avec le FN qui concerne non seulement les électeurs de l’UMP mais aussi de plus en plus d’élus nous incite à penser que sur le plan des valeurs, de la charte et du programme futur du parti, l’accouchement du 30 mai pourrait bien nécessiter le recours à une césarienne ou l’utilisation des forceps.
En attendant, Sarkozy nous plonge dans un suspense quasiment insoutenable : le nom du futur enfant n’est pas encore choisi, « mais ce ne sera pas un sigle » ! La belle affaire ! Le roi de l’enfoncement des portes ouvertes a encore frappé ! Le sigle, comme le surnom, le diminutif ou le sobriquet viennent toujours s’ajouter et parfois se substituer à la longue au nom d’origine. Plus une marque, un parti, une organisation prend de place sur le plan médiatique et plus elle va être sujette à l’émergence d’un sigle, d’un abrégé qui va se substituer à son nom. Le Front national est devenu le FN mais le Front de gauche demeure le front de gauche. Il faut dire aussi ce dernier front est barré encore par tellement de rides héritées de l’illusion du grand soir qu’il n’incite pas forcément à croire à la promesse de lendemains qui chantent. Quoi qu’il en soit, sauf à prendre un nom tenant en un seul mot, le néo parti Sarkozyste n’échappera pas plus que d’autres à l’émergence d’un sigle, ce qui, au demeurant, est bien la dernière des préoccupations de l’ensemble des citoyens de ce pays.
De toute façon, du train où vont les choses, Sarkozy ferait mieux de faire l’économie des communiquants qui planchent sur un éventuel nom de baptême. Beaucoup de signes nous montrent que le sigle du nouveau parti sera proche de UMP-FN ou FN-UMP en attendant FNUMP, BERK ou POUAH !…
dr