humeurs, bonnes ou mauvaises, mais à consommer sans modération!
Toute la presse en a parlé pendant une journée, à tel point que Alep, les milliers de migrants perdus en Méditerranée, plus rien ne comptait face au drame qu’avait vécu une actrice ( ?) de téléréalité victime de malfrats en plein Paris à qui ils ont dérobé des bijoux pour 9 millions d’euros. Même si on déplore que ladite actrice ait pu passer un très mauvais moment, ses bijoux ont eu pendant la journée, un incroyable écrin de papier journal, de « unes » de journaux télévisés, voire de commentaires politiciens récupérateurs, bref, un travail d’orfèvrerie en matière de déontologie de l’information…
Et puisque nous parlons des orfèvres, ayons une pensée pour leur patron, Saint Eloi, qui, entre autres actions de vifs éclats, avait courtoisement fait remarquer au roi Dagobert qu’il avait mis sa culotte à l’envers. Nous aurions bien besoin qu’il soit à nouveau parmi nous pour qu’il rappelle à certains responsables politiques que c’est leurs vestes qui se trouvent à l’envers à force d’être retournées. Suivez mon regard…
Et toujours à propos d’orfèvres, rendons grâce à deux d’entre eux qui viennent de s’illustrer une fois de plus sur le terrain de la morale politique et de l’honnêteté intellectuelle, deux véritables orfèvres en ces matières ; Jean-Luc Mélenchon et Nicolas Sarkozy.
Le premier vitupère contre les électeurs ou sympathisants de gauche qui envisageraient d’aller voter à la primaire de la droite et du centre. Ces derniers seraient des « tricheurs » puisqu’ils iraient s’immiscer « dans une élection qui ne leur est pas destinée », selon celui qui s’érige en nouveau directeur de conscience de la gauche ! Mélenchon qui fustige ce qui s’apparenterait selon lui à un bourrage des urnes, Mélenchon, le faux dur qui n’arrête pas de nous bourrer le mou avec ses fantasmes de grand soir, son idolâtrie pour Chavez qui a conduit le Vénézuela à la ruine et à la dictature, Mélenchon qui trahit ses alliés du PC en se présentant à la présidentielle sans leur demander leur avis, Mélenchon qui défendait hier l’Europe de Maastritcht et la condamne aujourd’hui, Mélenchon et sa connivence avec Poutine, qui contestait encore en février dernier que la Russie bombardait plus les opposants Syriens au régime de Damas que les positions de l’Etat islamique… Un sympathisant de gauche qui envisagerait de voter à la primaire de droite se verrait ainsi qualifié de tricheur par le grand manipulateur en chef, excommunié par celui qui se prend pour le pape de la gauche et se comporte comme tel en assénant des leçons de morale politique aux brebis qui risqueraient de s’égarer…et qu’il ne pourrait plus dévorer le moment venu. Non, Monsieur Mélenchon, pas vous, définitivement non.
Le second vitupère lui aussi, mais pas contre les sympathisants de gauche qui effectueraient la démarche d’aller voter à SA primaire mais… contre ceux qui leur font appel comme Juppé qu’il qualifie aimablement de « parjure » ou Fillon… Il est loin le temps de l’Université d’été de La Baule (septembre !) où Sarkozy prônait le respect et l’absence d’agressivité entre les candidats ! Manifestement, une fois de plus, il n’était en rien concerné par des consignes réservées à l’usage exclusif de ses concurrents. Quelle belle âme ! On n’épiloguera pas plus longtemps sur le cynisme du personnage qui tente de faire passer son principal adversaire pour un traître à son parti. Orfèvre en matière de traîtrise politique, Sarkozy est totalement disqualifié pour jouer sur le terrain de la morale, et cela, depuis longtemps. En outre, Juppé possède sur lui un avantage incontestable en matière de rigueur morale, c’est qu’il a assumé devant la Justice ses fautes (et celles des autres probablement), ce qui n’est pas le cas de celui qui se comporte en fuyard. Non, Monsieur Sarkozy, pas vous, définitivement non.
Les sympathisants de gauche qui feront la démarche de participer à la primaire de la droite et du centre feront ce que commande l’intérêt général, à savoir, ne pas se trouver dans la situation de devoir choisir au deuxième tour de la présidentielle de 2017 entre la peste brune et le choléra. En tous cas ni Mélenchon ni Sarkozy ne peuvent se prétendre, ni propriétaires de leurs voix, ni gardiens de leurs consciences.
dr