humeurs, bonnes ou mauvaises, mais à consommer sans modération!
Oui, je sais, le titre de cette chronique pourrait sembler douteux à certains lecteurs fraichement débarqués de la manif pour tous mais avouons tout de même qu’après les gauloiseries de Sarkozy, c’est finalement assez anodin !
Ce titre est directement inspiré de l’attitude dudit Mélenchon lorsque, questionné par Daniel Cohn-Bendit sur France2 dimanche soir, il s’est offusqué du fait que ce dernier le tutoyait en l’appelant par son prénom, comme il le faisait depuis toujours ! "Monsieur Cohn-Bendit, est-ce vous pouvez m'appeler par mon nom et pas par mon prénom, nous ne sommes pas amis, et vous le savez, ne jouons pas la comédie". Ce à quoi, DCB a répondu très dignement « va te faire voir… qu’il aille tutoyer Castro »…
Pour qui se prend donc Mossieur Mélenchon, tout gonflé de l’importance qu’il se donne, boursouflé de l’embonpoint électoral( !) que lui a donné une toute petite majorité d’adhérents du Parti Communiste, contre l’avis de ses cadres ? Pour qui se prend Mossieur Mélenchon qui demandait dimanche soir à France 2 d’organiser un débat entre lui et Fillon, comme si nous étions au deuxième tour de l’élection présidentielle de mai prochain et que lui, Mossieur Mélenchon, était qualifié ? Quelle insupportable vanité !
« Va te faire voir ! » Daniel Cohn Bendit s’est montré vraiment bien élevé dans cette circonstance, « moi j’enluque Mélenchon » me parait plus approprié pour ce petit Mossieur qui ne veut plus être appelé par son prénom. Passons, il sera toujours temps d’y revenir…
Le reste de la gauche, vraiment pas brillant. Même si je ne partage vraiment pas l’attitude des frondeurs ou des déserteurs-ministres du PS, je reconnais sans difficulté qu’ils peuvent et doivent débattre dans le cadre de la primaire de gauche. On verra bien si Montebourg a d’autres arguments à faire valoir que celui consistant à demander à la droite de voter pour faire barrage à François Hollande. On verra bien si Filoche réussit à sortir ou non de sa lecture fondamentaliste du Code du travail, on verra bien si les lance-pierres des frondeurs savent plus apporter de pierres à l’édifice que balancer des pavés dans la mare, on verra enfin qui est candidat et qui ne l’est pas…
Insupportable pour nous, électeurs de base, la chienlit s’est propagée jusqu’à la tête de l’exécutif, le choc des ego, les petits calculs personnels ont pris le pas sur le sens de l’intérêt général. C’est vraiment à se demander si certains, et pas des moindres, n’ont pour ambition que de capitaliser sur la déroute annoncée pour reconstruire à partir de ses cendres tiédies, un PS à leur mesure et à leur seul profit. C’est vraiment à se demander si le PS mérite encore le qualificatif de parti de gouvernement tant on a le sentiment que nombre de ses dirigeants n’y habitent que pour se faire un nom dans l’opposition, et surtout pas pour se salir les mains en gouvernant. Ils oublient seulement que les électeurs que nous sommes n’ont aucune vocation à devenir les otages de leur inconséquence pas plus qu’à se transformer en chair à canon de leurs combats électoraux.
Avec de tels comportements, hélas, le FN n’a pas perdu ; la force du populisme étant de vendre des illusions à des égarés, tous ceux qui, de droite comme de gauche, contribuent à égarer les Français en ayant perdu le sens de la responsabilité, voire le sens des orientations républicaines, tous ceux-là sont finalement des engrais inespérés pour un parti qui j’espère, restera indigne de nous gouverner, de nous soumettre.
Et ceci est aussi valable pour Mossieur !
dr