humeurs, bonnes ou mauvaises, mais à consommer sans modération!
Imaginez le journal de 13 heures de TF1 présenté par notre philosophe du quotidien Jean Pierre Pernaut…
« Nous sommes au cœur d’un petit village français situé comme il se doit au centre du monde. C’est l’histoire d’un petit bonhomme qui rêvait depuis l’enfance d’être un jour au volant du camion rouge des sapeurs-pompiers. Bien entendu, il a grandi depuis et il a fait quelques menues bêtises, comme mettre le feu à des roulottes de gens du voyage, tenir des propos incendiaires sur les minarets, souffler sur les braises pour mieux diviser la population du village… et réussir ainsi à se faire élire comme maire de sa commune.
Un incendie gigantesque menace le village et ses environs. La population qui avait compris depuis longtemps qu’elle avait fait une lourde erreur en confiant sa destinée à ce petit bonhomme qui ne tenait aucune de ses promesses, prend alors peur. Au secours ! entend-on, qui peut nous protéger de l’incendie qui nous menace ? Appelons vite les pompiers pour qu’ils maîtrisent le feu !
Les habitants se rendent alors compte qu’ils ont confié les clés du camion des pompiers au petit bonhomme ! Ils n’ont d’autres ressources que de se tourner vers lui pour qu’il utilise tous les moyens dont il dispose pour éteindre l’incendie ! Oubliées, les rancœurs, oubliées, les engagements non tenus, oubliés les cadeaux faits à ses amis sur le dos de la communauté, oubliées, les affaires douteuses, oubliée l’augmentation de salaire qu’il s’est généreusement accordée en tapant dans la caisse commune !… et c’est ce qui explique que face à la peur de l’incendie, certains des concitoyens du petit maire du village semblent à nouveau lui accorder un soupçon de confiance. Une partie de ceux-là même qui s’étaient jurés de mettre fin à son despotisme sont prêts à tout pour que les pompiers puissent enfin intervenir avec leur camion. Quelques sondages organisés à cette période témoignent du sursaut de sympathie d’une partie de l’opinion en faveur du maire… »
Merci Jean Pierre pour cette « happy end » !
La relative embellie sondagière dont profite le non-candidat Sarkozy s’explique ainsi : On connaît aujourd’hui les thèmes de sa non-campagne : JE suis le seul recours face à la crise ; Nicolas Sarkozy surfe sur le thème de la crise comme il avait surfé en 2007 sur le thème de la sécurité. Agiter la peur de l’avenir, apparaître comme le seul recours crédible, tenter de prendre la posture de l’homme providentiel tient lieu de programme pour faire oublier le bilan désastreux. Il peut cependant paraître assez présomptueux de prétendre éteindre un incendie avec un Karcher, d’autant plus que l’utilisation dudit outil s’est avérée totalement inefficace si l’on en juge par les résultats obtenus en termes de sécurité publique. La crise va être l’alibi invoqué comme un leitmotiv pour justifier la non tenue des engagements pris. L’incompétence supposée de l’opposition sera systématiquement dénoncée pour justifier la nécessité de ne pas changer de majorité et de chef…
Comment oublier qu’avant la crise, les échecs se l’actuel Président se sont multipliés ; comment oublier les errements de la politique étrangère d’avant la crise, les embrassades avec les assassins, l’incompréhension tragique du printemps arabe, les engagements sur les droits de l’homme et les reniements qui s’en sont suivis…
Comment oublier les promesses de lendemains meilleurs ? d’avantage de pouvoir d’achat, moins de chômage, une politique du logement qui fasse qu’il n’y ait plus de SDF dans les rues, une politique de la ville qui permette aux habitants des quartiers d’avoir un peu plus de travail et de sécurité… comment ignorer que même avant la crise, les moyens de tenir ces engagements n’avaient même pas commencé à être mis en place…
Notre pseudo-pompier continue seulement à faire ce qu’il pense savoir faire, c’est à dire, de la « com ». Après s’être érigé en donneur de leçons à la Grèce, à l’Espagne, à l’Italie, voilà qu’il se rend compte que le triple « A » de la France commence à s’écrire en lettres un peu moins capitales. Notre défenseur acharné du libéralisme économique et candidat en 2007 risque de se voir sanctionné pour mauvaise gestion par ses enfants chéris, les agences de notation et le FMI qui aujourd’hui, font et défont les régimes. Celui qui prend l’épée périra par l’épée (Matthieu XXVI, 51-52) ; Il en sera peut être de même pour ceux qui gouvernent par l’argent et qui mourront (politiquement) du fait des puissances d’argent. Berlusconi qui est aujourd’hui chassé du pouvoir, non par le peuple italien qui l’a toléré avec complaisance, mais par les représentants (non démocratiques) et les exécuteurs de la finance mondiale en fait l’expérience. « La hune » ne souhaite pas qu’il en soit de même pour le Président français ; non, on souhaite que ce dernier quitte le pouvoir par la seule porte de sortie qui vaille, à savoir, l’élection démocratique d’un nouveau Président.
…Et le 14 juillet 2012, on vivra une vraie fête dans les bals de pompiers de tous nos villages ! rien à voir avec les enfoirés du Fouquet’s !
dr