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humeurs, bonnes ou mauvaises, mais à consommer sans modération!

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« Casses toi, pauv’ concombre ! »

 

 

« L'Espagne a nié en bloc lundi 30 mai que ses concombres soient à l'origine d'une bactérie qui a provoqué douze décès en Allemagne, insistant sur les "dommages irréparables" causés à son agriculture par cette suspicion, pour lesquels elle demandera "une réponse" de l'Union européenne. » peut on lire sur le site du Nouvel observateur. Alors même que les interrogations relatives aux conséquences de l’existence de cette bactérie et son origine sont loin d’être levées, cette affaire a de quoi nous interpeller…

 

1 - mondialisation et bouc émissaire :

 

La mondialisation des échanges touche évidemment le secteur de la production agricole et lorsqu’un problème sanitaire lié à cette production se pose, c’est en termes quasi planétaires. On l’avait vu avec la grippe aviaire, on le constate aujourd’hui avec le concombre espagnol, accusé d’être à l’origine d’affections pouvant devenir mortelles en Allemagne. Il faut être conscient que s’il existe des contrôles sanitaires aux frontières, le résultat des analyses techniques n’est connu qu’après un certain délai, bien après que la marchandise contrôlée soit dans le circuit de distribution. Lorsqu’il s’agit de produits frais dont la durée de conservation est limitée, on se rend compte qu’en cas d’anomalie détectée sur ces produits, beaucoup de personnes peuvent avoir acheté et consommé les produits défectueux. Tout cela est connu mais le plus intéressant dans cette affaire, c’est de constater avec quelle rapidité on désigne le « coupable » lorsqu’on est face à un dysfonctionnement de la belle mécanique mondialisée. Cette réactivité immédiate est d’ailleurs une démonstration de l’extrême fragilité du système. Alors même que les analyses sont encore en cours, le concombre coupable est identifié et il est ESPAGNOL ! Tout se passe comme si le corollaire de la mondialisation était la nécessité de rassurer la population en cas de problème, en désignant immédiatement le bouc émissaire  afin de le livrer à la vindicte. Désigner un « coupable » est depuis longtemps l’artifice des gouvernants pour éviter la remise en cause du système qui les maintient au pouvoir, et cela, dans tous les domaines. On se retrouve dans le schéma décrit par René Girard : le corollaire de l’acceptation du pouvoir du monarque, c’est la désignation de la victime émissaire sur laquelle vont se concentrer la haine, la colère ou les frustrations du peuple. Le corollaire de l’acceptation de la mondialisation pourrait donc bien être la possibilité de pouvoir désigner le bouc ou concombre émissaire, d’autant plus acceptable qu’il est étranger… on peut évidemment étendre la réflexion à d’autres étrangers qui ne sont pas des concombres mais des femmes et des hommes…et dont la présence au sein de nos frontières serait la cause du chômage et de l’insécurité, n’est ce pas, Madame Le Pen, n’est ce pas, Monsieur Guéant …Il faut cependant reconnaître qu’au cours de ces dernières heures, l’Allemagne a nettement nuancé ses accusations, ce qui n’est pas le cas de nos deux concombres FN et UMP…

 

2 - D’une porosité à l’autre :

 

On le voit, les bactéries se moquent bien de nos frontières poreuses ; et il en est de même pour les idées nauséabondes qui circulent allègrement du FN à l’UMP, nous en avons des exemples quasi quotidiens. Mais peut-on encore parler de frontières lorsqu’il s’agit de prendre des décisions à long terme qui engagent l’avenir de la planète ? Bien entendu, chaque pays se drape dans sa souveraineté pour décider de son autonomie énergétique tout en sachant que les conséquences dramatiques qui peuvent survenir à l’occasion d’une catastrophe affecteront non seulement ses propres ressortissants mais aussi ceux des pays voisins. Que faut-il alors penser de la décision de l’Allemagne de renoncer au nucléaire d’ici 2022 ? Angela Merkel qui n’aime pas les concombres déteste aussi les champignons, quand ils risquent d’être atomiques ! Elle se conduit en petite marchande des quatre saisons qui change son étal en fonction de l’appétit électoral… C’est vrai qu’il y avait urgence si elle voulait passer l’hiver ! Toujours est-il qu’on peut se demander si la population allemande qui est majoritairement favorable à cette décision pourra s’accommoder de voisins d’outre Rhin qui continuent à miser sur ce type d’énergie ? Les écologistes de tous poils peuvent-ils s’accommoder eux aussi d’un mode de production de l’énergie issu de la transformation du charbon, du pétrole ou du gaz qui présente d’autres risques pour la couche d’ozone ? On voit bien à travers ces questions que les politiques énergétiques ne peuvent plus être décidées au niveau des pays souverains mais dans un cadre politique plus large. Bien plus, l’énergie, comme l’eau, devraient être en quelque sorte mutualisées afin de permettre un accès plus juste et moins risqué à ces sources indispensables au développement de la vie. Utopique, certainement mais le pire serait de laisser les nationalistes et les souverainistes de tous bords et de tous pays continuer à vouloir décider de notre avenir sans tenir compte de leurs voisins. A ce titre, on espère que les slogans franchouillards et démagogiques du FN regagneront rapidement le sarcophage de la bêtise humaine et que les parois de celui-ci seront réellement étanches.

 

 

« Casses toi pauv’ concombre ! … » C’est ce que doit ruminer le futur petit père du peuple de Carla en pensant à Jean Louis Borloo qui esquisse ses petits pas de danse Elyséenne « rien que pour m’embêter »… C’est vrai que la chute de DSK alors qu’il était en tête du peloton ouvre des perspectives au centre… mais pour l’instant, les sondages ne frémissent pas encore et on est en droit de se demander si la danse du prétendant sans prétentions n’a pas pour seul objet de monnayer très cher son éventuel ralliement au futur allocataire de la Caisse d’allocations familiales d’Ile de France…Quand on vous dit que les fruits et les légumes deviennent hors de prix…

 

 

 

dr

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