humeurs, bonnes ou mauvaises, mais à consommer sans modération!
Oui, fiston, tais toi et nage dans les vagues obscènes des images de DSK menotté et des réactions indignes de quelques représentants du petit personnel politique français… quelques lignes d’humeur de « la hune » (http://lahune.over-blog.fr/).
C’est très loin de la France, l’Amérique, en matière de justice. La présomption d’innocence n’existe pas et le citoyen accusé d’un délit ou d’un crime doit prouver son innocence sans que l’accusateur soit au préalable mis en demeure de prouver l’existence du délit ou du crime. C’est impensable dans notre culture judiciaire. Autre élément qui nous rend cette Amérique aujourd’hui si lointaine, le taux impressionnant « d’affaires » qui se soldent par une transaction financière (90%)… ce qui fait la fortune des avocats, bien entendu, mais aussi l’infortune des prévenus qui ne peuvent assumer les frais d’une défense coûteuse… cela éclaire un peu les statistiques judiciaires des USA où l’on constate une inégalité certaine des populations condamnées, selon qu’elles sont pauvres ou non, de couleur ou blanches.
Ce fonctionnement de la justice américaine nous surprend, et nous révolte même, lorsque DSK, présumé innocent dans notre conception de la justice, apparaît menotté devant les caméras du monde entier, et donc, condamné par l’image. Lorsque l’on mesure à quel point les sociétés, les opinions, l’exercice du pouvoir sont devenus tributaires de l’image, on se dit que la justice n’est plus rendue dans le prétoire. En premier lieu, la justice est rendue en première instance par les médias, télévisions, Internet et journaux, et que le prétoire n’est plus que l’instance d’appel de cette justice de l’image.
Autre motif d’étonnement pour nous, que l’on soit riche ou pauvre, puissant ou paria, la justice américaine ne semble pas faire de différence au stade initial de la procédure tel que le connaît DSK. Il y a là motif à réflexion et notre justice serait fondée à s’en inspirer, n’est ce pas, Monsieur Courroye, Monsieur Chirac, Madame Bettencourt et d’autres…
S’il n’est évidemment pas question pour « La hune » de prendre un quelconque parti à ce stade sur le fond de l’affaire DSK, il est indispensable de condamner celles et ceux qui, avec empressement et délectation, ont dès dimanche 15 mai, condamné en termes odieux DSK, avant tout procès, avant toute preuve… Bernard Debré qui est un spécialiste incontesté des maladies de la prostate devrait limiter strictement ses interventions au domaine médical, sans se croire investi de la mission d’explorer les organes périphériques… Veut-il se faire un prénom alors qu’on connaît bien mieux son père et son frère ? Ce père la vertu nous avait déjà fait cadeau, sans succès à l’époque, d’un projet de loi visant à imposer la castration chimique aux personnes condamnées pour agression sexuelle…
En ce qui concerne, Marine Le Pen, cette dernière se déconsidère encore davantage. Juger et condamner sans preuve, sans le moindre recul, en dit long sur le comportement de celle qui aspire à gouverner le pays. On peut espérer que cela refroidira l’enthousiasme de ses électeurs potentiels… au moins, ils savent à quoi s’attendre. On aurait préféré qu’elle juge et condamne le comportement d’un de ses proches, tortionnaire à ses heures, condamnés à plusieurs reprises pour incitation à la haine raciale…Mais que ne ferait-elle pas pour apparaître sur l’image, pour capter les regards de l’électorat ?…
Images, regards, spectacle, écume des choses…on en vient à en oublier que le respect de l’autre impose de s’interdire de juger sans preuve. Etre dans l’œil de la caméra serait donc devenu la priorité des priorités ? Il faudrait donc faire travailler l’œil du spectateur davantage que les neurones du citoyen ? DSK inculpé, ce n’est que travail de l’œil pour les premiers, mais aussi sans doute, travail de deuil pour les seconds…
dr