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humeurs, bonnes ou mauvaises, mais à consommer sans modération!

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L'Autre monde, film de Gilles Marchand

L’autre monde … n’est pas meilleur que celui-ci.

 

Avec ce nouvel essai  de Gilles Marchand on est loin, très loin du Meilleur des mondes d’Aldous Huxley dont l’ouvrage était une anticipation des plus pessimistes sur les évolutions d’une société devenue aseptisée et organisée pour atteindre une productivité optimale  des individus au service de l’Etat Mondial.

Ca vous dit quelque chose ?

Gilles Marchand nous place ici, quoique prétende le titre de son dernier film, dans le monde bien réel d’aujourd’hui. Avec des gamins qui repeignent l’appartement des parents pendant les vacances ou qui font l’hôtesse en cabine au péage de l’autoroute. Mais ces gamins-là jouent avec le feu. Je devrais dire qu’ils jouent en ligne sur la Toile.

 

Et c’est sur ce prétexte que Gilles Marchand nous fait entrer dans le monde virtuel qui justifie le titre de son film. On espionne un peu, on se crée un personnage, une silhouette, on falsifie sa voix, on joue, on triche, on tue faussement ou on meure vraiment.

Mais au fait, dans ce jeu de l’amour et de la mort, est-on dans la réalité ou dans le virtuel ? Jusqu’où badine-t-on ?

Autant le dire tout de suite, l’interprétation des acteurs est irréprochable. Grégoire Leprince-Ringuet (Gaspard), notamment, a un plan-séquence de crise de larmes tout à fait étonnant. Pauline Etienne (Marion, déjà vue dans Le bel âge, avec Piccoli) confirme sa sensibilité et sa retenue. Louise Bourgoin (Audrey) n’est pas avare d’une plastique que la production affectionne au point d’en faire son affiche, et Melville Poupaud est … Melville Poupaud.

Un bon point en passant pour les copains de Gaspard , Pierre Niney et Ali Marhyar (Yann et Ludo).

 

Alors une bonne note pour ce polar ténébreux, ou une mauvaise note ?

On a envie de voter les encouragements, et d’écrire en marge « peut mieux faire ».

Car c’est un film patchwork qui, au bout du compte, manque un peu de personnalité.

On y retrouve en effet l’atmosphère lourde d’ Eyes wide shut pour ce balancement perpétuel entre réalité et fantasme. Mais n’est pas Stanley Kübrick qui veut.

Evidemment, on pense à Avatar pour les séquences de jeu vidéo. On éprouve donc un petit relent de déjà vu.

Quand on défie , de nuit, et par jeu, une voiture qui fonce sur vous pour s’en écarter au dernier moment, on ne peut s’empêcher de penser à la Fureur de vivre de Nicholas Ray.

Bref, il y avait plus d’originalité et de mystère dans Harry un ami qui vous veut du bien, de Dominik Moll , co-scénariste avec Gilles Marchand de cet Autre monde qu’on regarde sans déplaisir mais sans passion.

Cette promotion de l’IDHEC (Moll, Marchand, Cantet et les autres) nous a déjà démontré son talent, mais il ne faut pas qu’elle se laisse aller à la facilité.          

 

ML

 

NB: bande annonce du film en lien dans l'article                                                  

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