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humeurs, bonnes ou mauvaises, mais à consommer sans modération!

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Lettre ouverte à Monsieur Bernard Kouchner

 

Monsieur,

 

 

Je n’irai pas par quatre chemins : il ne vous reste que quelques jours pour prendre la seule décision honorable qu’il reste avant d’être évincé sans gloire du gouvernement en octobre prochain, à savoir, la démission.

 

Pour beaucoup de citoyens de ma génération, vous avez incarné, au même titre que d’autres, l’esprit humanitaire français. Au nom du droit à l’existence de tout être humain, vous avez parlé, agi, combattu pour contribuer à faire en sorte que ce droit à la vie soit préservé, même dans des situations extrêmes, et en dépit des actions ou de l’inaction des gouvernements qui prospèrent sur les champs de ruines.

 

Vous n’avez pas toujours réussi à la hauteur de vos espérances mais qui aurait pu vous en tenir rigueur ? Avec vos amis de Médecins sans frontières, puis, de Médecins du monde, vous avez sensibilisé une opinion française qui ne s’est pas montré trop avare en matière de dons afin de vous permettre de poursuivre votre mission…

 

Tout cela et bien d’autres choses à porter au crédit des humanitaires français pour en arriver à ce que l’un des fondateurs les plus illustres ou les plus médiatisés du mouvement humanitaire se comporte comme un médiocre politicien de deuxième zone, intéressé seulement par son maintien au gouvernement, au prix de reniements intolérables.

 

Reniements intolérables parce que vous avez conquis votre notoriété et votre image en vous adressant au plus profond des valeurs que nous portons et qui sont l’essence  de la vie. Ce sont ces valeurs que vous trahissez aujourd’hui en cautionnant la politique d’exclusion de l’étranger que mettent en pratique le président de la république et quelques ministres. C’est au nom de ces valeurs trahies que notre révolte et notre dégoût sont à la mesure des espérances que vous aviez pu susciter dans le passé.

 

L’incendie du Reichstag avait servi de prétexte à la désignation de victimes émissaires par les nazis, puis à la mise en œuvre de politiques d’exclusion et d’extermination. Sans faire ici d’amalgame excessif et heureusement, toutes proportions gardées, c’est le même processus qui a été mis en œuvre dans l’affaire des Roms, à savoir, l’utilisation d’un tragique fait divers pour désigner une population spécifique et mener à son encontre une politique d’exclusion. Comment auriez vous réagi si naguère, d’aventure, le gouvernement d’un pays dans lequel vous travailliez dans le cadre d’une mission humanitaire avait agi comme le fait le gouvernement français ?

 

Bien loin d’exprimer une révolte salutaire semblable à celles dont vous étiez coutumier sur les écrans de télévision chaque fois que la guerre, la faim et l’injustice mettaient en péril la notion même d’humanité, et face à la réprobation planétaire qui s’exprime quant à la politique du  gouvernement auquel vous appartenez, vous traitez par le mépris ces messages  qui nous parviennent du monde entier. Vous êtes devenu méconnaissable, Monsieur, et je me demande ce que doivent penser de votre attitude, vos anciens camarades de MSF ou de MDM ou celles et ceux à qui votre action humanitaire d’hier a permis de survivre.

 

Vous avez été interrogé lundi 30 août sur RTL et vous avez déclaré que vous aviez failli démissionner du gouvernement à l’occasion de cette affaire des ROM mais que vous ne l’aviez pas fait par souci de ne pas « déserter ». Comment pourrait-on croire à un tel discours venant d’un homme qui a toujours eu soin de mettre en avant son sens de l’honneur ? Lorsque les valeurs de la république, de la démocratie, des droits de l’homme sont à ce point bafouées, démissionner n’est pas déserter mais c’est au contraire l’acte qui fixe la limite qu’un homme d’honneur ne peut franchir. C’est donner à ceux qui vous suivent, le repère intangible qui distingue les valeurs essentielles de ce qui est contingent. C’est exactement ce qu’a fait le général de Gaule en juin 1940. Il a assumé le statut de « déserteur » dont le qualifiait le gouvernement de Vichy, mais il a conservé son honneur en sachant donner les repères nécessaires à ceux qui le suivaient.

 

Il ne vous reste que quelques jours, Monsieur, pour démissionner de votre poste ministre. Si vous vous contentez de disparaître subrepticement en octobre prochain, sachez que nos mémoires qui, pour une part, font l’Histoire, ne garderont de vous que la dernière page, à savoir, votre rôle de petit ministre du premier gouvernement de la honte de la cinquième République.

 

En souhaitant cependant qu’il n’en sera pas ainsi…

 

 

Recevez, Monsieur, l’expression de mes sentiments distingués.

 

 

 

                                                                                    Pour La Hune,

 

                                                                                    Dominique Rossignol

 

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F
<br /> très drôle, vraiment: je me marre!! comme quoi on peux rire de tout, comme dit madame Lambda...<br /> <br /> <br />
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F
<br /> pour deezer: Quand tu as choisi ton morceau le lecteur s'affiche sur la droite et juste en dessous tu as une petite case à cocher avant d'inclure dans l'article. Attention parfois cette case se<br /> décoche juste quand tu clique sur publier. Bien valider que cette case reste cochée...<br /> <br /> <br />
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F
<br /> L'ambition, l'ambition...Le gout des responsabilité, de l'exposition médiatique. L'âge aidant on tombe vite dans le côté obscure de la force.<br /> <br /> <br />
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