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humeurs, bonnes ou mauvaises, mais à consommer sans modération!

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Postures, impostures…

 

 

L’actualité internationale, avec son trop plein de catastrophes et son cortège de dictateurs prêts aux pires massacres pour conserver leur pouvoir, pourrait nous conduire à réagir de manière quasi instinctive, plus avec les tripes qu’avec les neurones. L’action est pourtant toujours préférable à la réaction et les drames japonais et libyen d’aujourd’hui en sont à nouveau l’illustration.

 

 

La Libye de Kadhafi, l’alibi de Sarkozy ?

 

Il n’est pas question ici de critiquer les efforts et les résultats obtenus par les diplomaties françaises et anglaises pour faire adopter par le Conseil de sécurité de l’ONU la résolution permettant en principe et s’il n’est pas trop tard pour l’appliquer, de protéger la population civile Libyenne. On ne peut en vouloir à ces deux pays et à leurs dirigeants du retard pris pour agir. L’Europe a montré à nouveau à quelles difficultés se heurtait l’élaboration d’une politique extérieure commune. Faut-il pour autant montrer du doigt l’Allemagne et sa frilosité quant à l’intervention militaire en Libye ? Ce serait un peu vite oublier que le pacifisme allemand peut avoir quelques raisons de se manifester… la mémoire collective de cette nation porte encore les séquelles du désastre qu’avait entraîné pour le pays la guerre que ses dirigeants avaient menée. Quoi qu’il en soit, s’il y a matière à réflexion pour les citoyens européens, on se gardera ici de critiquer le rôle des dirigeants français dans la crise libyenne.

 

Ce n’est pas pour autant qu’on fera l’économie d’une réflexion plus globale sur les incohérences de la diplomatie française et plus particulièrement de ce celui qui l’a principalement en charge, à savoir le Président de la République. Si l’on y regarde de près, on se rend compte qu’en réalité, Nicolas Sarkozy n’avait pas d’autre choix que de monter en première ligne pour dénoncer le régime de Kadhafi : après les amitiés complaisantes de madame Alliot-Marie pour la dictature tunisienne, après la mollesse du soutien apporté au peuple égyptien pour se libérer d’un régime antidémocratique, après le cirque médiatique de la libération des infirmières bulgares dans lequel le Président s’était mis en scène par l’intermédiaire de son épouse d’alors, après les « mamours » adressés à Kadhafi pour qu’il vienne passer quelques jours de vacances sur le terrain de camping de l’Elysée, il était indispensable pour Nicolas Sarkozy de faire totalement machine arrière, en essayant comme à son habitude de se saisir de l’occasion que lui offrait l’actualité pour se redonner une virginité et tenter de redorer un blason qui n’en finissait pas de ternir. Faire oublier l’imposture d’hier en se donnant une nouvelle posture. C’est bien d’ailleurs ce qui explique qu’il ait pris seul,  toutes ces dernières initiatives, sans se concerter avec les autres pays européens, sans informer toujours son ministre des affaires étrangères Alain Juppé qui n’a joué un rôle que dans la scène finale du débat à l’ONU.

Mais pendant que ce dernier tenait son rôle droit dans ses bottes, en défendant les valeurs démocratiques et de liberté qui sont celles de notre république, un autre ministre, de l’intérieur, celui-là, tentait de brader ces mêmes valeurs républicaines au fond de son arrière boutique. "Les Français, à force d'immigration incontrôlée, ont parfois le sentiment de ne plus être chez eux, ou bien ils ont le sentiment de voir des pratiques qui s'imposent à eux et qui ne correspondent pas aux règles de notre vie sociale" a-t-il affirmé sans la moindre gêne. On ne peut que se réjouir que SOS soutien ô sans-papiers ait porté plainte contre ce ministre pour provocation à la haine raciale : en effet, si comme le dit Claude Guéant, certains Français éprouvent le sentiment qu’il décrit, ce ne sont évidemment pas les pratiques des immigrés clandestins qu’ils réprouvent (les sans papiers ont en effet plutôt le profil bas pour tenter d’éviter les expulsions) mais  celles d’un entourage qui peut être constitué d’immigrés réguliers, de Français issus de l’immigration ou de Français d’outre-mer. Et c’est là que Claude Guéant commet un dérapage inacceptable :  sous couvert de dénoncer l’immigration clandestine, il montre du doigt le « différent », celui qui « n’est pas comme nous ». Propos écœurants dont la Justice est saisie,, propos indignes de la part d’un ministre de la République. Manifestement, les valeurs défendues à l’ONU et celles exprimées Place Beauvau ne sont pas les mêmes. Le grand inspirateur est pourtant le même… Quand le ministre de l’extérieur dit blanc, celui de l’intérieur pense noir… alors où se trouve la posture, où est l’imposture ?

 

Catastrophes en séries au Japon, réactions en chaînes en France :

 

La catastrophe nucléaire consécutive au séisme qui a ravagé le nord du Japon suscite plus de réactions en France qu’elle ne nourrit un débat dont la nécessité devient encore plus aujourd’hui, criante. Les demandes de pastilles d’iode qu’ont reçues certaines pharmacies sont tout aussi consternantes qu’elle pourrait prêter à sourire si la situation de Japonais n’était pas aussi dramatique. Elle illustre cependant bien le faible niveau d’information dans lequel les gouvernants de tous bords ont entretenu les citoyens sur la question. On se contentera ici de faire deux remarques :

 

1 : Réclamer ici et maintenant un référendum sur la question du nucléaire en France relève de la posture partisane et de l’imposture démocratique : la question nécessite en effet pour pouvoir être tranchée par un vote que les citoyens soient réellement informés, ce qui est loin d’être le cas. Le débat préalable est donc indispensable, encore faut-il qu’il ne soit pas le fait des seuls scientifiques ni uniquement du personnel politique. Une question d’une telle ampleur suppose que ce débat concerne aussi les économistes, les sociologues, les philosophes et beaucoup d’autres, tant les conséquences sont d’une importance vitale sur tous les aspects de notre vie quotidienne, sur la santé et le mode de vie des générations futures, sur l’ensemble des pays de la planète.

 

2 : Les nuages, les vents et l’eau des océans se moquent des frontières. A quoi sert le moratoire nucléaire allemand si la France construit des réacteurs à tout va ? Les choix sur l’avenir du nucléaire ne peuvent être nationaux, ni même à l’échelon de l’Europe ou d’un autre continent. Le risque est mondial et les décisions doivent être planétaires. Le drame japonais doit être l’occasion pour tous de réfléchir à des perspectives de mutualisation des deux ressources qui dicteront l’avenir de la planète, à savoir, l’eau et l’énergie. Perspectives utopiques si l’on s’en tient au concept de souveraineté nationale des Etats, mais probablement futur indispensable pour la sauvegarde des générations à venir.

 

Et dans ce débat, les postures nationalistes sont des impostures au regard de l’humanité entière

 

 

dr

 

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P
<br /> A propos du paragraphe consacré à la catastrophe nucléaire au Japon : la chronique de François Morel (ce matin 25/03 sur France Inter).<br /> Pierre<br /> <br /> <br />
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A
<br /> Bravo tonton! Ta prose est un vrai plaisir de lecture, tant pour sa finesse d'analyse que pour sa qualité littéraire.<br /> <br /> <br />
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