humeurs, bonnes ou mauvaises, mais à consommer sans modération!
Le rock n' roll ne fait plus recette : Johnny Hallyday fête ses 69 printemps en se produisant dans un Stade de France qu’il ne parvient pas à remplir. Il faut reconnaître qu’il aura bien du mal à faire plus de bruit que la maîtresse du Palais de l’Elysée qui nous a gratifiés d’un tweet endiablé qui a du faire claquer les portes du palais présidentiel et faire trembler les murs des chaumières les plus reculées ! Que l’on soit de la ville ou de la campagne, la gauche est consternée de ce vaudeville de campagne électorale dont la droite se gausse et rit à gorge déployée… et elle a bien raison ! On s’est souvent copieusement moqué dans les colonnes de « la hune » des clowneries du précédent Président et il serait indécent de passer sous silence les erreurs du nouveau et les comportements stupides qui en sont la conséquence.
François Hollande a fait une faute monumentale en acceptant de glisser un mot de recommandation dans la profession de foi de Ségolène Royal. Erreur parce qu’on ne demande pas à un Président de la République d’arbitrer un conflit d’ambitions au sein du parti dont il est issu, sauf à estimer qu’il est encore plus omni président que son prédécesseur, celui qui était devenu le honni président ; on est alors bien loin du Président normal qu’il souhaite incarner ! Erreur parce qu’en réalité, nous savons tous qu’il ne se serait jamais aventuré dans une telle histoire s’il s’était agi d’un conflit entre deux candidats socialistes « normaux ». L’homme privé a pris le dessus sur le chef d’Etat et ce n’est pas admissible. Il fallait laisser les instances du Parti jouer leur rôle et les électeurs de La Rochelle trancher sereinement. Raté !
Valérie Trierweiler, a elle aussi, commis une faute politique. Passons sur les motivations de son tweet qui fleurent bon la petite vengeance et que les citoyens « normaux », qu’ils soient de droite ou de gauche, apprécient à leur juste valeur. En revanche, on ne peut passer sur le fait que la compagne du Président a manqué au devoir de réserve qui s’impose dès lors qu’on est l’époux, l’épouse, le compagnon ou la compagne d’un responsable politique élu. Il n’y a pas de statut juridique pour celui ou celle qui se retrouve à la faveur de l’élection de son compagnon, sur le devant de la scène politique mais est-ce vraiment le problème ? Les Français élisent un homme (une femme, un jour ?) et celui ou celle qui l’accompagne dans la vie ne peut évidemment plus rester anonyme. On ne demande pas à Valérie Trierweiler de seriner à la presse pipole des « chouchou » par-ci, « chouchou » par-là, des « mon mari est merveilleux » ou autres déclarations passionnées et passionnantes pour le corps électoral ! Valérie Trierweiler est une femme intelligente qui a le droit, nonobstant l’élection de son compagnon et ses responsabilités, à l’expression intelligente ; Son rôle auprès de François Hollande ne doit lui interdire ni activité, ni expression autonomes. En cela, elle a parfaitement raison de ne pas vouloir être une « potiche ». En revanche, le devoir de réserve s’impose tant sur le plan de l’expression purement politique que sur celui de sa vie privée. Et cela pour la raison toute simple que du fait de son exposition médiatique, tout ce qu’elle exprime trouve un écho et un retentissement sans commune mesure avec ce que peut exprimer un citoyen ordinaire. Un responsable politique élu a toute liberté pour s’exprimer dans le registre politique, c’est même sa raison d’exister et ce faisant, il prend le risque d’être désavoué par ses pairs ou ses électeurs. Valérie Trierweiler n’est pas élue par les Français et son expression publique sur le plan politique est, soit dénuée d’intérêt si elle est copie conforme de celle de François Hollande, soit relève d’une certaine forme d’imposture médiatique si elle est de nature à troubler l’expression et l’action du Président qui lui, est élu.
Bon, on a maintenant tous compris que Valérie Trierweiler ne veut pas être une potiche mais en attendant, il va falloir que la gauche paye les pots cassés ! Le dimanche 17 juin risque d’être mouvementé à La Rochelle et on va peut-être assister à une « première » : la descente du perchoir de l’Assemblée Nationale avec parachute électoral en torche… S’il en était ainsi, Ségolène pourrait estimer que dans ces circonstances, elle a manqué de pot, alors que François se dirait, lui, qu’il a plutôt manqué de potiche…
dr