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Sarko va-t-il baisser Lagarde sans aller au Tapie ?

Un match chasse l’autre. Après le combat perdu des cantonales, un match de boxe s’est engagé entre le gouvernement et l’opposition : à ma gauche, les députés PS , à ma droite, Christine Lagarde. Les premiers veulent traduire la ministre de l’économie devant la Cour de Justice pour avoir favorisé des intérêts particuliers au détriment de l’intérêt général dans le cadre du règlement ( !) de l’affaire Tapie, la seconde examine les actions judiciaires susceptibles d'être engagées à l'encontre des premiers pour la mettre ainsi en cause… en d’autres termes, un crochet du droit contre un uppercut du gauche !

 

Ding… premier round :

Rappel bref des faits : D’après l’AFP, les députés PS visent le choix de Mme Lagarde d'avoir recouru à un tribunal arbitral en 2008 plutôt que de s'en remettre à une cour d'appel pour régler l'affaire. C'est ce tribunal qui, après plus de 15 ans de bataille judiciaire, a condamné en 2008 le Consortium de réalisation (CDR, gérant le passif du Crédit Lyonnais) à verser 285 millions d'euros de réparations à M. Tapie, dont 45 millions pour le seul préjudice moral.


Ding… deuxième round :

Les députés, qui dénoncent "la complaisance et la connivence du pouvoir" dans ce qu'ils jugent être "une affaire d'Etat", demandent une saisine de la Cour de justice de la République, seule habilitée à juger des ministres dans l'exercice de leur fonction. Rien de bien neuf dans l’argumentation des députés PS si ce n’est qu’ils avancent également un "faux et usage de faux", après le rapport d'information rendu public jeudi. Dans l'avant-propos de ce rapport, le président PS de la commission des Finances de l'Assemblée, Jérôme Cahuzac, indique que l'ex-homme d'affaires Bernard Tapie aurait bénéficié d'un ajout de la mention "préjudice moral" dans le compromis d'arbitrage entre lui et le Crédit Lyonnais.

Le fait nouveau, c’est que la Cour des comptes entend traduire devant la Cour de discipline budgétaire les décideurs ayant encouragé l’arbitrage qui a renfloué l’homme d’affaires.  Les extraits de l’acte d’accusation sont accablants pour l’ex-président du CDR (organisme public, héritier des casseroles du Crédit lyonnais, condamné à défrayer Tapie), Jean-François Rocchi. On se souvient qu’en septembre 2010, la polémique avait rebondi lorsque Le Canard enchaîné avait affirmé que M. Tapie empocherait 210 millions d'euros de l'Etat et non entre 20 et 50 millions, comme l'avait dit Mme Lagarde !

 

Ding… troisième round sans danger pour Tapie :

Quoi qu’il arrive, Tapie devrait conserver son pactole. Les seules procédures en cours visent les décideurs publics ayant participé à l’arrangement. Et c’est bien là que l’exécutif court un risque puisque personne ne peut imaginer sérieusement que l’arrangement ait pu s’opérer sans l’accord total de l’Elysée et du gouvernement… non seulement parce que le Président du fait divers si prompt à taper sur les juges n’aurait pas admis être tenu à l’écart, mais surtout parce que Bernard Tapie était un pion de la stratégie Sarkozyste à l’égard du Front National…

 

Les dessous du combat… :

A l’époque de l’arrangement, Nicolas Sarkozy s’imaginait encore qu’il n’aurait aucune difficulté à siphonner à nouveau les voix des électeurs du FN. Bernard Tapie qui s’est toujours affirmé comme un adversaire de Jean Marie Le Pen et dont il faut admettre qu’il ne faisait pas mauvaise figure dans les joutes verbales qui avaient pu l’opposer au patron de l’époque du FN pouvait à nouveau jouer les utilités en vue de la future élection Présidentielle de 2012… sans compter que le ralliement de Tapie en 2007 n’avait pas du être totalement désintéressé pour peu qu’on connaisse l’ex ministre de François Mitterrand…
Tout ce petit monde a donc cru qu’il suffisait de dessaisir la justice de droit commun qui risquait de ne pas comprendre toutes ces finesses politiques et de confier la résolution de l’affaire à une instance plus compréhensive. La technique n’est pas illégale mais si elle s’avère souvent intéressante pour régler les litiges entre acteurs privés, particuliers ou entreprises, ce n’est pas la même chose dès lors que l’argent public et donc l’intérêt public est concerné. De par son passé d’avocate d’affaires aux USA, Christine Lagarde était particulièrement qualifiée pour gérer le processus…mais c’était sans compter avec un changement des circonstances politiques…

 

 

L’UMP ne fait plus le poids :

Nicolas Sarkozy pensait qu’il resterait le poids lourd sur le ring, le FN restant un poids d’autant plus léger que son Président devrait raccrocher les gants compte tenu de son age… On mesure aujourd’hui à quel point les stratèges de l’Elysée se sont eux-mêmes mis le doigt dans l’œil : le siphonnage du FN est en passe d’échouer et rien ne dit que Bernard Tapie puisse être efficace pour contrer Marine Le Pen. L’arrangement voulu par le pouvoir va profiter au seul Tapie et risque de revenir en boomerang sur un plan politique. Qui va rester KO sur le ring ? le fonctionnaire qui a outrepassé les limites qui lui étaient assignées, son ministre de tutelle aujourd’hui mis en cause, le petit président qui était informé ?… Sera-t-il sauvé par le gong, aura-t-on réussi à museler la Cour des Comptes ?

 

 

…Pour l’heure, contentons-nous donc de compter avec la Cour des Comptes… 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9…Knock out !

 

 

dr

 

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M
<br /> Il y a vraiment deux S à "baisser" ?<br /> ML<br /> <br /> <br />
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