humeurs, bonnes ou mauvaises, mais à consommer sans modération!
Quelle confusion ! Michèle Alliot Marie se retrouve prise dans la tourmente Tunisienne… D’un coup d’un seul, elle se remet en scène sur un nouveau théâtre en endossant son rôle d’ancien ministre de la justice et en « taclant » la Justice mexicaine… Saisissant l’occasion, le Ministre des armées Alain Juppé remet son costume d’ancien Ministre des Affaires étrangères et de Washington, justifie les vacances de MAM et Fillon aux pays des dictatures. Là dessus, le Président qui se prenait il y a 15 jours pour un grand Président du G20, reprend son habit favori de Président du fait divers, saute sur ses grands étalons et adresse un redoutable coup de menton à l’Etat Mexicain : On va maintenir « l’année du Mexique » en France, mais elle sera dédiée à Florence Cassez ! réaction immédiate du gouvernement mexicain qui annonce son retrait de la manifestation… qui perd ainsi toute signification.
C’est du grand n’importe quoi, mais comme toujours, en Sarkozie, le transformisme et les contorsions constituent la méthode de gouvernement à vue ciblée sur l’obsession unique, la victoire de Nicolas Sarkozy en 2012.
Acte 1 : les déboires de MAM qui, une fois de plus, se prend les pieds dans le tapis !
Petit rappel cruel des épisodes précédents : « je propose à Ben Ali de l’aider à rétablir l’ordre en prêtant main forte à sa police… je prends mes vacances de Noël en Tunisie… je rencontre fortuitement un ami qui me propose un tour en avion… ah non, en fait, c’était deux tours en avion… un ami, oui ! un ami de Ben Ali ? Ah non! Il était en disgrâce…et puis, quand je suis en vacances, je ne suis plus ministre… au fait, j’avais oublié que mes parents étaient aussi du voyage… touristique et privé, bien entendu… oui, aussi pour faire quelques emplettes… seulement 360 000 €uros pour des parts de SCI… achetées à qui ? au patron du pilote de l’avion, vraiment, quelle coïncidence !… conflit d’intérêts ? qu’est ce que vous allez imaginer là ? »… Elle devrait arrêter quand même de nous prendre pour des imbéciles en confondant Tunisie et « tunes, easy » !
C’est tellement stupide comme défense qu’on a du mal à la croire malhonnête, MAM, tout simplement irresponsable c’est à dire, sans la moindre conscience de la portée de ses actes et sans conscience de ce qu’elle est censée représenter. Alors, pour se tirer de ce très mauvais pas, il faut d’urgence changer le décor ! Direction, le Mexique où la pauvre Florence Cassez risque de finir ses jours en prison. Usant de toute la diplomatie dont est empreinte sa fonction, elle se met à crier au déni de justice à menacer de ne pas participer aux cérémonies de « l’année du Mexique » !
Petite parenthèse : On ne jugera pas ici de l’innocence ou de la culpabilité de Florence Cassez ; on sait que la police mexicaine peut avoir parfois des méthodes douteuses mais s’il y a vraiment déni de justice et mise en cause des droits de l’homme au Mexique, il existe d’autres façons de s’attaquer au problème en faisant intervenir les organisations qui luttent avec efficacité sur ce terrain et non un ministre de la République Française, au demeurant peu qualifié pour donner des leçons à quiconque dans ce domaine depuis sa proposition d’aide à la police tunisienne.
… Ceci dit, on a du mal à croire que le « haro sur le Mexique » soit sorti de la seule imagination de MAM…
Acte 2 : L’entrée en scène du Président lui même :
… En effet, la diversion opérée par MAM pour tenter d’échapper à la pataugeoire tunisienne a eu un précédent l’été 2010 avec la chasse aux ROMS judicieusement ouverte à l’occasion de la mise en lumière de la ténébreuse affaire Woerth-Bettencourt. On peut faire crédit à Nicolas Sarkozy de ne pas enfourcher n’importe quel canasson : si le Président de la République se saisit de ce qui doit jusqu’à nouvel ordre, demeurer un fait divers, c’est qu’il a un intérêt à le faire. Apparaître comme le Zola du XXIème siècle accourant au secours de la victime de la soi-disant justice d’un pays étranger, voilà un rôle qu’il aimerait jouer. Jouer sa partition sur fond de guerre des Malouines comme l’avait si bien réussi Margaret Thatcher, ne serait pas pour lui déplaire alors que son image de Président est au plus bas. Les vieilles recettes ont du bon : créer la menace ou l’hostilité de l’étranger permet en principe, de resserrer les rangs en interne. Quand même, il ne manque pas d’air le petit bonhomme ! Il accuse de fautes et promet des sanctions aux magistrats français ; il se prend deux claques en retour, la première de la part de tous les acteurs de la vie judiciaire qui se mobilisent contre lui comme jamais cela ne s’est fait ; la seconde par le Ministre de la justice lui-même qui se voit dans l’obligation de nier toute faute de la part de nos magistrats. Il remet le couvert en fustigeant la justice mexicaine et s’en prend à l’Etat Mexicain lui-même, bel exemple de l’ingérence qu’il se défend d’avoir dans les affaires intérieures de la Tunisie ou de l’Egypte (cf. dernière sortie sur TF1 avec Jean Pierre Pernaut) !
Tout cela est une énième démonstration que pour Nicolas Sarkozy, tout est bon à prendre et peu importe la cohérence et la dignité. Seule compte la chasse à l’électeur.
Acte 3 (début et on espère, fin rapide) Ouverture d’un nouveau front par Christian Jacob :
Dans la série « vite, faisons diversion ! », Christian Jacob s’en prend à Dominique Strauss Kahn en l’accusant de ne pas être représentatif de « cette France du terroir et des territoires » qu’il affectionne. Nauséabond est le seul terme qui convienne. On peut se dire dans un premier temps que cette phrase est une mise en cause de toute candidature qui serait issue de ce que l’on appelle, « la diversité »… il y a des relents qui ne sentent pas bon ! et puis, dans un deuxième temps, comme Dominique Strauss Kahn n’est pas issu de la diversité, on se demande ce qui pourrait faire la différence, sur ce terrain de la France du terroir et des territoires, entre l’intéressé et Nicolas Sarkozy… Ce dernier serait plus représentatif que DSK ? tous deux sont Français depuis plusieurs générations, élus de départements très urbanisés de la couronne parisienne, sans terroir identifié, l’un aime les femmes mais pas le vin, l’autre aime sans doute les deux,… mais en fait, tout ça ne constitue pas une justification de la différence suggérée par Christian Jacob ? Alors, Monsieur Jacob, quelle idée aviez vous donc en tête en prononçant cette petite phrase ? seriez vous trop lâche pour l’assumer ou auriez vous peur que la justice en recherche le sens mal caché ?
Pour finir, puisqu’il n’existe plus vraiment de ministre des affaires étrangères, pourquoi ne pas créer le ministère des affaires étranges, qui gérerait en toute transparence les affaires Boulin, Woerth et compagnie… ? On pourrait l’appeler le Ministère de la Justice, peut être, c’est un joli nom quand il est bien porté… et surtout, supporté.
dr