humeurs, bonnes ou mauvaises, mais à consommer sans modération!
Pierre Gattaz a reçu Nicolas Sarkozy à déjeuner vendredi 12 décembre. Rien n’a filtré de ce que les deux convives ont échangé mais le suspense est loin d’être insoutenable car ce qui comptait pour le petit caporal (qui probablement était demandeur de cette rencontre), c’était de montrer que le MEDEF serait à ses côtés dans sa course à l’Elysée… Quel scoop !
Pierre Gattaz est-il un interlocuteur crédible ? C’est toute la question. Il est arrivé à ravir la présidence du MEDEF au terme d’une campagne très dure à l’égard de Laurence Parisot et surtout, en prônant une attitude très agressive vis-à-vis du monde syndical dans son ensemble. A la suite de l’élection de François Hollande, il a fait flèche de tout bois pour obtenir les cadeaux fiscaux qui, sans qu’il signe le moindre engagement en ce sens, pourraient permettre de créer 1 million d’emplois (cf le badge en ce sens qu’il arborait à la boutonnière).
Aujourd’hui, Pierre Gattaz multiplie les provocations de toutes natures en réclamant pêle-mêle la fin des 35 heures, une réforme des seuils sociaux, l’abrogation des dispositions sur le compte pénibilité etc… sans pour autant prendre le moindre engagement sur l’emploi.
Pierre Gattaz est-il la marionnette dont les fils seraient tirés par les pourvoyeurs de fonds que sont les grandes entreprises du CAC 40 ? On comprendrait mieux alors le déjeuner d’un vendredi entre une marionnette et le petit pantin de l’UMP, sorte de remake décalé du dîner de cons. Autre hypothèse, Pierre Gattaz serait comme ces femmes qui se font entretenir par leurs soupirants sans jamais leur accorder la moindre faveur. Cela à un nom, tout comme les hommes qui vivent aux crochets de vieilles dames en leur rendant visite de temps en temps pour repartir avec une enveloppe en papier kraft dans la poche. Le déjeuner du vendredi 12 décembre prendait alors une autre signification…
Toujours-est-il que Manuel Valls qui a fait les yeux doux à Pierre Gattaz la trouve quelque peu saumâtre ! Il serait temps de comprendre qu’il y a beaucoup mieux à faire qu’à courir après le MEDEF. Privilégier le dialogue avec les acteurs sociaux les plus sérieux et respectables devient un impératif et en ce sens, il vaut certainement mieux écouter la CGPME que le MEDEF, et la CFDT que F.O… D’un côté, des chefs d’entreprise, avec les difficultés inhérentes à dialoguer avec leur organisation et son cortège de corporatismes, mais aux prises avec l’économie réelle ; de l’autre côté, l’organisation syndicale la plus réfléchie, la plus réaliste et certainement la plus respectueuse de l’intérêt général.
On ne sait ce qu’ont mangé les deux compères du déjeuner du vendredi 12 décembre, mais on ne serait pas étonné d’apprendre un jour qu’il y avait au menu un dindon de la farce…
dr