humeurs, bonnes ou mauvaises, mais à consommer sans modération!
« La Hune » ne renâcle pas à tacler Mélenronchon, ses excès en tous genres et sa malhonnêteté intellectuelle, Copé ou Sarkozy pour leurs tripatouillages de campagne et leur malhonnêteté tout court, Poisson, l’agité du bocal, pour son insupportable moralisme, sans parler de Madame Le Pen pour la haine qu’elle véhicule pour faire grossir un fonds de commerce nauséabond. On ne va pour autant passer sous silence les propos stupides de Monsieur Filoche, membre du Bureau National du PS, et qui s’autorise à qualifier Christophe de Margerie de « suceur de sang » quelques heures seulement après son décès.
Monsieur Filoche a parfaitement le droit de critiquer, voire de condamner la stratégie de Total ; elle l’est certainement, d’ailleurs, comme celle de tous les pétroliers dans leurs relations avec les pays producteurs. Cependant, Monsieur Filoche n’ayant aucun mandat de représentation politique ou sociale, il pouvait, au mieux, faire silence, au pire, attendre quelques jours pour critiquer l’entreprise Total et sa stratégie. En aucun cas, il ne pouvait réagir comme il l’a fait, employer les qualificatifs utilisés, bref, agresser la famille et les proches du PDG de Total avec une telle indécence.
Monsieur Filoche, me dira-t-on, réagit avec ses tripes de gauche… C’est bien là le problème car on attend d’un responsable politique qu’il agisse plus avec la raison qu’il ne réagisse avec des tripes que, pour ma part, j’ai maintenant un peu de mal à situer à gauche.
Je n’éprouvais pas spécialement d’admiration pour Christophe de Margerie mais le qualifier de « suceur de sang » c’est lui dénier toute part d’humanité. La cohorte de gens qui, sur les réseaux sociaux, ont emboité le pas de Monsieur Filoche avec le même type de condamnation sans procès interroge sur leur propre degré d’humanité. On a le droit d’être en désaccord avec d’autres hommes, on a même le droit et le devoir de les combattre si on considère qu’il y va de l’intérêt général, mais jamais en leur déniant leur part d’humanité. Monsieur Filoche se défend aujourd’hui bien mal en prétextant n’avoir fait que s’exprimer en termes politiques et en se prétendant « victime » (décidément, l’inversion des rôles devient une manie chez les politiques) de règlements de comptes au sein du PS.
Et quand on lit que Mélenronchon, ce grand admirateur de certains dictateurs dits de gauche est prêt à lui offrir « l’asile politique » au cas où le PS l’exclurait, on reste rêveur… Je ne sais pas ce que les dirigeants du PS décideront de faire mais moi, si j’étais à leur place, je me garderais bien de couper la tête de Filoche. Je pense qu’il n’en a plus.
dr