humeurs, bonnes ou mauvaises, mais à consommer sans modération!
Belle occasion manquée par ce féru de foot qu’est le Président de la République. Il avait la possibilité de marquer un joli but mais il a raté la cible d’assez loin. Trop influencé par les encouragements partisans en provenance de la tribune du Medef, trop confiant dans ses capacités et sa certitude de plier le match, Emmanuel Macron a tiré trop mollement et trop loin du but initial.
Et pourtant !...
Tout n’est pas à jeter, loin de là, dans les ordonnances. Remettre sur le métier le Code du travail n’est pas un sacrilège et il n’y a guère que les supporters de Mélenchon, Filoche ou Martinez pour crier au blasphème, tels les radicaux de tous poils et de toutes religions qui ne supportent pas qu’on ait une lecture de la société différente de celle qui prévalait au 19ème siècle. On se réfèrera utilement à l’analyse très fine et argumentée que fait la CFDT de ces ordonnances en cliquant sur le lien :
https://www.cfdt.fr/upload/docs/application/pdf/2017-09/cfdt-ordonnance-n01-1907.pdf
Macron fait un pari risqué : Il mise sur le retour annoncé de la croissance pour que les entreprises moyennes et petites qui ont un réel besoin d’embaucher pour se développer soient ainsi moins frileuses. Que le chômage de masse diminue significativement dans les trois ans du fait de la conjonction du retour de la croissance en Europe et des aménagements du droit du travail, et le pari sera gagné. Mais les écueils ne vont pas manquer d’ici là. Les tensions internationales constituent un frein tant notre visibilité devient incertaine. L’attitude du Medef dont on vient d’entrevoir l’étroitesse d’esprit, voire la stupidité de certains de ses dirigeants au travers de la polémique qu’il a initiée sur l’école ne garantit pas, loin de là, le retour à une plus grande sérénité sociale et à un retour de la confiance dans les intentions et les capacités des ténors du CAC 40.
Macron a joué « perso » en pensant pouvoir, après la concertation avec les partenaires sociaux, minimiser le rôle que les syndicats ont pourtant à jouer au sein des entreprises de toutes tailles pour rendre les négociations plus efficaces. S’il est vrai que certains syndicats ont la fâcheuse tendance à se complaire dans une opposition stérile, d’autres n’ont pas cette démarche et tenter de leur fermer la porte des PME relève d’une vision bien obsolète des rapports sociaux, pour un homme qui voudrait incarner une certaine forme de modernisme !
Mais maintenant, les textes sont signés et il va falloir faire avec ces ordonnances et non contre elles. C’est dans le cadre de la loi, en démocratie, que l’on doit agir. Dans ce contexte, le défi lancé aux organisations syndicales peut aussi constituer une opportunité pour celles qui entendent agir dans les entreprises dans une logique de concertation et de négociation. Le défi est immense mais il repose sur la capacité militante des syndicats, la communication qu’ils doivent entretenir pour apparaître des partenaires crédibles, tant aux yeux des employeurs que des salariés, le souci permanent d‘avoir une politique d’implantation au sein de chaque entreprise. C’est beaucoup d’efforts, de militantisme de terrain, c’est moins confortable que de convoquer « les gens » à de grands messes de rues dont le seul résultat tangible est la confrontation des chiffres de participants entre les organisateurs et la police… Ce n’est pas un hasard si la CFDT a dépassé la CGT dans le secteur privé. Le sens de la responsabilité que cette organisation manifeste depuis de nombreuses années sur des sujets difficiles est devenu plus crédible que les discours d’opposition systématique et le refus apriori de toute négociation de fond qui ne sont que des postures.
Et pendant ce temps, Mélenchon continue à enfler, telle la grenouille qui se voulait aussi grosse que le bœuf. Belle manifestation que celle à laquelle il avait convoqué « les gens », ce samedi 23 septembre ! Le bouffi de vanité s’est transformé en bouffon d’une gauche qui n’en avait pas besoin. Clamer que c’est la rue qui avait chassé les nazis relève non seulement d’un révisionnisme historique douteux, mais tout autant d’un amalgame inadmissible entre le régime nazi et la situation de la démocratie en France. Dans ce décor qu’il crée de toutes pièces, Mélenchon s’attribuerait ainsi le rôle du plus grand résistant ! Je me demande vraiment ce que faisait Benoit Hamon dans cette galère, cette pantalonnade permanente que devient chaque jour de plus en plus le spectacle de Mélenchon. Marine Le Pen avait en son temps nommé Dupont Aignan premier ministre, en l’habillant d’une peau de l’ours qu’elle n’avait pas encore tué, Mélenchon a nommé Hamon premier ministre en ayant soin de lui donner le costume posthume qui allait avec puisqu’il avait perdu l’élection ! Le parachutiste de Marseille frise les records de la démagogie en invitant, depuis le départ de Florian Philippot du FN, les « fâchés pas fachos » à le rejoindre, avec pour seul programme, la fâcherie permanente ! On ne serait pas autrement étonné que la prochaine galéjade qu’il nous réserve soit le fait qu’il avait pensé confier un jour le poste de ministre de la culture audit Florian Philippot… Mélenchon nous promet pour les semaines à venir, des millions de « gens » dans les rues, des hordes de fâchés munis de casseroles qui viendront lui servir la soupe ! Le grandissime démocrate nous inciterait, nous qui avons la chance de vivre en démocratie, à faire ce qu’il refuse aux Vénézuéliens qui vivent sous la dictature…
Sans commentaires !
En attendant, les Mélenchonneries paraissent bien pitoyables ce jour, nous qui avons un peu l’impression que notre planète n’est qu’une boule de flipper avec laquelle s’amusent les dirigeants des Etats Unis et de la Corée du Nord. Et là, l’insécurité n’est pas que sociale…
dr