humeurs, bonnes ou mauvaises, mais à consommer sans modération!
Bon, la Hune sort de sa torpeur au 100ème jour de la Présidence Macron. Disons tout de suite qu’on ne va pas regretter d’avoir, avec beaucoup d’autres, contribué à placer à la tête de la France un Président qui pour l’instant et n’en déplaise à certains, tient mieux la route que d’aucuns le pronostiquaient, mieux semble-t-il, que ses prédécesseurs.
On ne va pas regretter non plus les éliminations de Le Pen, Mélenchon, Fillon et consorts. L’élection d’Emmanuel Macron a permis de ringardiser les conceptions anti-européennes des deux premiers et de renvoyer le troisième à ses préoccupations de notaire de province. Grand bien nous fasse !
Pour autant, on ne croit pas une seconde à Macron en tant qu’homme providentiel. Sa formidable intuition a été renforcée par un formidable facteur chance constitué aussi bien des affaires Fillon, de la campagne désastreuse de Benoit Hamon, que de l’effet repoussoir qu’entretiennent Le Pen et Mélenchon sur une majorité d’électeurs. Et qui sait ce qui serait arrivé si par malheur, Fillon ou Mélenchon s’étaient retrouvés au 2ème tour face à Le Pen ?
On pourrait objecter que les élections législatives ont donné une majorité présidentielle écrasante et sans équivoque mais ce serait une erreur profonde d’imaginer que la France a donné un blanc-seing à cette majorité sur la base d’un programme qui avait été finalement sans grande exposition médiatique du fait des affaires et des candidatures-repoussoirs citées plus haut.
Alors, ces 100 jours sont assez positifs sur le plan de la stature internationale du Président, positifs aussi au regard de la relance de la construction européenne, positifs en ce qui concerne la manière dont Emmanuel Macron s’est glissé dans le costume présidentiel, mais il y a cependant quelques jours « sans » !
Quelques balbutiements parlementaires mal venus, dus à une phase d’apprentissage un peu légère sans doute (laissons cependant aux nouveaux élus un peu de temps pour apprendre quelques bonnes manières). Des décisions assez nulles sur l’APL ; Des nominations de ministres peu convaincantes comme celle de Gérard Collomb, dont la fibre humaniste ne transparait pas de façon éclatante face au problème des réfugiés, ou comme la désignation de Richard Ferrand à la tête du groupe parlementaire LREM. Ce dernier qui n’a pas joué avec l’argent public, lui, contrairement à d’autres, n’est pas le mieux placé pour défendre la loi de moralisation de la vie publique. Il n’est pas douteux qu’en qualité de Directeur Général des Mutuelles de Bretagne, il a respecté la loi et les statuts de la Mutuelle en faisant avaliser la location du siège social dans un immeuble de sa compagne, mais quand on sait que dans le monde des entreprises mutualistes, les administrateurs sont désignés sur proposition du DG, on mesure l’ambiguïté de la situation… Toujours est-il que les nominations de Collomb et Ferrand doivent être considérées comme des renvois d’ascenseurs, voire de monte-charges si les deux s’avèrent devenir de vrais boulets pour l’exécutif.
Que dire de la députée Claire O’Petit qui fait la leçon aux jeunes qui pleurent pour 5 euros de moins sur leur APL. On voit que LREM a aussi sa Nadine Morano et c’est bien triste.
Les jours « sans » ne sont évidemment pas le monopole de la majorité présidentielle. Le FN tente de repeindre sa façade mais les peintres ne sont pas d’accord sur la couleur ! Difficulté supplémentaire, le FN est un parti qui s’incarne dans son chef et non dans ses militants ni même ses ténors. Les insuffisances criantes de Madame Le Pen sautent aux yeux de tous et cela rejaillit sur l’image du parti de manière amplifiée…Comment dans ces conditions changer de chef sans faire de grosses bavures ? Mélenchon ne met pas d’eau dans son vin ni dans son Corbières d’ailleurs. Il multiplie les propos haineux à l’égard de tous ceux qui seraient susceptibles de s’opposer à lui et va jusqu’à soutenir le général de Villiers (frère de l’autre) qui a oublié que l’armée est soumise, elle, au pouvoir politique ; les positions des soi-disant insoumis sur le Venezuela sont l’illustration parfaite du parti-pris de cette formation politique qui soutient inconditionnellement Maduro. L’armée soutient encore ce quasi-dictateur aux abois mais il est possible que cela ne dure pas. Verrait-on Mélenchon comparer Maduro à Allende ? tout est possible avec lui.
La droite classique est elle aussi en plein chamboulement. Sarko doit encore tirer quelques ficelles sur ses pantins favoris, comme Wauquiez mais on aura l’occasion d’en reparler. Le ménage d’automne viendra en son temps.
dr