humeurs, bonnes ou mauvaises, mais à consommer sans modération!
Je te tiens par la barbichette a murmuré Marine à Nicolas… Effectivement, Dupont la joie ne sera que partiellement remboursé de ses frais de campagne puisqu’il n’a pas atteint le seuil des 5% de voix requis. Celui des candidats en lice qui avait, soit dit en passant, l’un des plus gros patrimoines personnels allait devoir mettre la main à la poche et puiser dans son confortable bas de laine. Il a préféré enfiler des bas de contention, ou plutôt, de contorsion, et se marier avec Le Pen, vendre son âme au diable pour ne pas avoir à tirer le diable par la queue. Le bonus : la promesse d’un poste de premier ministre si elle devient présidente de la République.
Si par malheur, les abstentionnistes de dimanche prochain nous conduisaient à cette catastrophe, nous aurions Dupont la joie comme premier Sinistre, triste épilogue du mariage le plus triste de l’année.
Faisons donc en sorte que cela n’arrive pas, que la liberté de penser, d’aller et venir, de chanter ne nous soit pas enlevée. Manifestons contre le mariage triste en votant massivement contre Le Pen dimanche prochain.
Et puisque les chansons de Brassens ne sont pas encore interdites, faisons en sorte qu’elles ne le soient jamais, au grand jamais. Et remettons nous à fredonner librement sa marche nuptiale à lui, tellement plus belle que l’union de ces deux Thénardier de la basse politique que sont Le Pen et Dupont la joie.
dr
Mariage d'amour, mariage d'argent,
J'ai vu se marier toutes sortes de gens :
Des gens de basse source et des grands de la terre,
Des prétendus coiffeurs, des soi-disant notaires...
Quand même je vivrai jusqu'à la fin des temps,
Je garderais toujours le souvenir content
Du jour de pauvre noce où mon père et ma mère
S'allèrent épouser devant Monsieur le Maire.
C'est dans un char à bœufs, s'il faut parler bien franc,
Tiré par les amis, poussé par les parents,
Que les vieux amoureux firent leurs épousailles
Après long temps d'amour, long temps de fiançailles.
Cortège nuptial hors de l'ordre courant,
La foule nous couvait d'un oeil protubérant :
Nous étions contemplés par le monde futile
Qui n'avait jamais vu de noces de ce style.
Voici le vent qui souffle emportant, crève-cœur !
Le chapeau de mon père et les enfants de chœur...
Voilà la plui' qui tombe en pesant bien ses gouttes,
Comme pour empêcher la noc', coûte que coûte.
Je n'oublierai jamais la mariée en pleurs
Berçant comme un' poupé' son gros bouquet de fleurs...
Moi, pour la consoler, moi, de toute ma morgue,
Sur mon harmonica jouant les grandes orgues.
Tous les garçons d'honneur, montrant le poing aux nues,
Criaient : "Par Jupiter, la noce continue !"
Par les homm's décrié', par les dieux contrariés,
La noce continue et Viv' la mariée !
GB