humeurs, bonnes ou mauvaises, mais à consommer sans modération!
« Si les cons volaient, tu serais chef d’escadrille ! » (Michel Audiard)
Ainsi, en déboutant Nadine Morano de son procès contre Guy Bedos (lequel l’avait traitée de « conne »), les juges ont décerné de fait à la plaignante son brevet de pilote. Comme le soulignait un dessin du « Monde », après avoir perdu son procès, elle passe pour quoi, maintenant ?
Cela étant, l’argumentation des juges est pertinente : Bedos est relaxé parce que ce qu’il a dit n’a pas dépassé le cadre de ses outrances habituelles. Et c’est ainsi que la Justice aurait sans doute également tranché si d’aventure, l’exploitant agricole qui s’était fait traiter de « connard » par Sarkozy avait eu la fâcheuse idée d’aller au tribunal pour demander réparations. En l’espèce, Sarkozy n’avait pas non plus dépassé le cadre des outrances dont il est coutumier tant il est de notoriété publique qu’il qualifie ainsi ses collaborateurs, ses ex ministres, ses rivaux politiques jusqu’aux électeurs eux-mêmes qu’il continue à flatter en les prenant pour des imbéciles.
Les juges ont estimé que Bedos n’avait pas fait pire que vous et moi en voiture, lorsque nous apostrophons l’autre conducteur, devant ou derrière nous, l’autre qui évidemment ne conduit pas aussi bien que nous…
Et puisque nous parlons bagnole, Sarkozy (encore lui !) a fustigé une fois de plus la politique migratoire du gouvernement avec les postures qu’il a pris maintenant l’habitude de copier chez Bigard ou d’autres fins humoristes : « un jour, y’a des quotas, le lendemain y’en a plus, un jour on ouvre les frontières, le lendemain on les ferme… Y’a plus de pilote, mais c’est nous qui sommes dans la voiture ! »
Sarkozy rêve de reprendre le volant et de revenir aux manettes… il est possible que d’ici là, les juges lui retirent le permis mais quoi qu’il en soit, si par malheur son rêve se concrétisait, il nous resterait la maigre consolation de pouvoir le qualifier de la même façon que lui et nous qualifions les autres conducteurs, en toute impunité, et ce, grâce à la jurisprudence Morano…
Parce que quand même, si Morano a bien obtenu maintenant son brevet de pilote, on ne peut pas oublier que celui qui lui a appris à voler mérite bien à son tour le titre de chef d’escadrille !
dr