humeurs, bonnes ou mauvaises, mais à consommer sans modération!
Il y a vraiment de quoi être inquiet, à la veille de l’investiture du Donald Trump à la présidence des Etats Unis. Sa charge violente contre l’Europe ne cache pas qu’il fera tout ce que lui permettra sa puissance économique et son goût du rapport de forces pour diviser, puis démanteler l’Europe. L’avenir de la planète, le réchauffement climatique qui entraînera dans les prochaines décennies une immigration de la population menacée puis victime de catastrophes naturelles de plus en plus fréquentes et de plus en plus graves, Trump et ses électeurs s’en moquent éperdument. Jeter de l’huile sur le feu sur le brasier du Moyen-Orient en soutenant ouvertement l’implantation de colonies sur les territoires Palestiniens, le pyromane n’en a cure, s’avérant chaque jour un peu plus un apprenti sorcier inconséquent. Et si demain Poutine décide d’envahir l’Ukraine et de mettre à la raison les anciens pays satellite de l’ex URSS, ne comptez pas sur ce Donald de piètre dessin animé (de mauvaises intentions) pour s’opposer aux noirs desseins de son nouvel ami.
Poutine est en effet le premier fan de Trump, d’autant plus zélé qu’à coup sûr, cet ancien bon élève du KGB possède quelques atouts dans ses manches pour déstabiliser puis neutraliser le jour venu le matamore qui va tenir lieu pendant quatre ans de Président des Etats Unis. Mais Trump a aussi quelques zélés fans en France, à commencer par Marine Le Pen qui va se faire filmer complaisamment en train de boire un café à la Trump Tower, en passant par Fillon qui, sans doute pour ne pas fâcher son ami Poutine, minimise la portée de l’arrivée de Trump en déclarant que « Il faut le juger sur ses actes, ce n’est pas la première fois qu’il y a un président américain élu un peu original. » , sans oublier Dupont Aignan, se réjouissant de l’élection du clown ni le déliquescent de Villiers qui jubile devant le réveil identitaire de l’Amérique profonde…
Il est curieux de constater que ces mêmes fans de Trump sont aussi de fervents admirateurs de Poutine, le bourreau d’Alep, tout comme Mélenchon, d’ailleurs. Comme leurs mentors, ils n’ont de cesse pour certains de vouloir réduire à un strict minimum la construction européenne, pour d’autres de la démanteler, voire même enfin d’aller jusqu’à sortir de l’Union. La frilosité de Fillon, le populisme de Mélenchon et Le Pen trouvent à l’évidence le même fond électoral ignare que celui d’un Trump. C’est bien la raison pour laquelle, en mai prochain, la France a tout à redouter des deux candidats extrémistes dont le but n’est pas tant d’être élu(e) Président que de devenir le premier opposant du futur Président. C’est dans ce cadre général qu’après la primaire de droite qui a vu le triomphe de Fillon, suivi de son dégonflage (à tous les sens du terme), la primaire de gauche offre le spectacle quelque peu terne d’un bal d’ego parfois hors de propos avec les menaces réelles et les vrais enjeux qui devraient mobiliser les énergies. L’Europe, sa sécurité et sa défense, son unité, l’intégration d’une règlementation commune sur le plan fiscal et social, une politique économique et monétaire conciliant les spécificités de chacun mais allant dans le sens de l’intérêt général, l’affirmation de valeurs démocratiques, républicaines, écologiques et antinationalistes, voilà les thèmes et les positionnements qu’on préfèrerait voir aborder plutôt que l’incantation du « made in France », du bien-fondé du 49-3 ou de la logorrhée frondeuse de l’opposition à la loi travail. Madame et messieurs les postulants à cette primaire, il serait largement temps d’élever le débat à la hauteur des véritables préoccupations que le pays devrait avoir.
A défaut de le comprendre, l’avenir de la gauche de gouvernement en France sera celui d’un magasin de porcelaine au sein duquel, vous, les nouveaux éléphants d’un PS en ruines, vous vous ébattrez avec le même plaisir que celui que vous preniez à chasser jadis les vieux éléphants.
Et Trump pourra dormir tranquillement sur ses grandes oreilles et sur celles de la NSA.
dr