humeurs, bonnes ou mauvaises, mais à consommer sans modération!
Pas question de prétexter une partie de pêche à la ligne dimanche prochain pour s’abstenir de voter, pour tous ceux qui comme moi, croient à la nécessité d’une force démocrate sociale en France. Voter à la primaire de gauche est un devoir de salubrité publique pour plusieurs raisons :
Un minimum de participation est indispensable, non pas tant pour donner un soupçon de légitimité au vainqueur, mais avant tout, pour donner de la crédibilité à l’idée de la social démocratie, qui dépasse de loin la stature de ceux qui prétendent l’incarner. C’est par la social démocratie que l’on pourra progresser dans la construction européenne, que l’on pourra promouvoir les droits de l’homme, lutter contre l’exclusion, même si le chemin est long et difficile. C’est l’idée de la social démocratie qui est porteuse de paix entre les hommes et les nations.
Une participation insuffisante laisserait beaucoup trop le champ libre à Mélenchon, le nombriliste dont l’ambition suprême n’est pas de gouverner le pays (il peut d’autant plus promettre n’importe quoi qu’il sait qu’il n’exercera pas la responsabilité présidentielle), mais de devenir « MOI », chef incontesté de la future opposition au futur gouvernement de droite. Le leader minimo ne doit pas sortir vainqueur d’une primaire à laquelle il s’est dérobé, ce serait totalement immoral.
Une participation trop faible accélérera l’éclatement du PS. Bien entendu, le PS va sortir grand perdant de la séquence présidentielle mais pour les raisons citées plus haut, il faudra bien qu’une force se constitue ou se reconstitue pour structurer dans l’avenir, l’alternative nécessaire à un gouvernement de droite qui semble probable, pour assurer le moment venu une alternance crédible pour gouverner.
S’abstenir, c’est au fond donner raison à la démagogie, quelle qu’en soit la forme ; c’est renforcer la crédibilité des 3 amis de Poutine que sont Fillon, Le Pen et Mélenchon en leur permettant d’occuper le haut du pavé de la scène médiatique. Entre la naphtaline d’un Fillon et son conservatisme pseudo-chrétien, les incantations d’un Mélenchon hurlant et les perspectives de Franceexit d’une Le Pen qui se vautre dans la couche des exclus comme Trump l’a fait avec les petits blancs américains, où se trouvera l’idée européenne, demain ? qui la défendra, voudra la promouvoir ? qui plaidera pour une Europe qui doit impérativement demeurer une force économique et politique, sous peine de n’être plus dans le futur, que l’enjeu des appétits russes et américains ?
Alors, voter, oui mais pour qui ? Tous les candidats à la primaire ne se valent pas et il est difficile pour un social démocrate, d’en désigner facilement un plutôt qu’un autre. Mais l’important n’est sans doute pas là. Demain, j’irai voter pour la social démocratie et non pour un éventuel futur président. A chaque jour suffit sa peine.
Mais ce qui est sûr, c’est que je n’irai pas à la pêche à la ligne et que les Fillon, Mélenchon et Le Pen ne pourront, dans leur pêche aux voix, espérer y trouver la mienne.
dr