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humeurs, bonnes ou mauvaises, mais à consommer sans modération!

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« AAA » …Ah, Ah, Ah !… Aïe, Aïe, Aïe!

 

  

A l’heure où les agences de notation font des scrabbles avec des « A » qui valent triple, d’autres qui semblent ignorer le B-A BA de la réalité politique commettent de dangereux écarts de conduite qui pourraient bien leur valoir quelques désillusions…

 

Zéro de conduite pour François Baboin et son triple « AAA » : Notre sémillant simiesque Ministre de l’économie nous avait gratifié d’une belle sortie il y a quelques semaines en affirmant que la gauche était arrivée « par effraction » au pouvoir en 1997. Belle sortie de route en effet qui avait valu à l’intéressé, de la part de ses propres amis politiques, des remontrances assimilables à un retrait de points de son permis de conduire un ministère. On se souvient aussi que cet intarissable Ministre avait affirmé qu’au grand jamais, la France ne perdrait son triple « AAA »… On sait aujourd’hui ce qu’il en est : Les taux consentis par les marchés à la France ne sont plus ceux d’un Etat bénéficiant du « AAA » et la dégradation de la note n’est plus qu’une question de semaines. On pressentait déjà que François Baboin se comportait plus en opportuniste qu’en visionnaire, mais on sait maintenant que lui, en tous cas, n’est pas entré par effraction dans le domaine de l’incompétence ! La France va perdre son triple « AAA » mais le gouvernement conserve sa triple buse !

 

Ecart de conduite pour Jean Luc Mélenronchon et son pédalo « Ah ! Ah ! Ah! » : Ah qu’il nous a fait rire, le Jean Luc, en qualifiant François Hollande de capitaine de pédalo ! Que ne ferait-il pas pour faire rire la droite aux dépens de son concurrent de gauche ? Ça ne lui apporte pas une voix de plus mais ça met un peu plus de discorde au sein de la gauche et on imagine sans peine à qui cela peut rapporter ; sans doute pas à l’UMP qui rigole grassement mais au parti des abstentionnistes, premier parti de France. Il y a des limites à ne pas franchir, cela s’appelle la ligne jaune. Quand le Jean Luc appellera timidement ses électeurs à voter pour François Hollande au deuxième tour de la Présidentielle prochaine, ces derniers se demanderont sans doute si Mélenronchon, à force de dérapages plus ou moins contrôlés n’a pas effectué un véritable tête à queue ! Il y a des triples « Ah ! Ah ! Ah ! » dont il serait sage de faire l’économie.

 

Erreur de conduite d’Eva Joly « Aïe, Aïe, Aïe! : Daniel Cohn Bendit a trouvé les mots justes pour qualifier l’attitude d’Eva Joly en disant que cette dernière fait « de mauvais choix politiques ». Eva Joly est ce qu’elle est et il ne viendrait à l’idée de personne d’imaginer qu’elle agit par calcul, opportunisme ou guidée par un quelconque machiavélisme. Droite dans ses bottes quand elle est dans son rôle de juge, résistant à toutes les pressions imaginables, comment lui demander d’être différente quand elle entre en politique, avec le dessein, louable, de changer les règles du jeu politique ? Le problème réside dans le fait qu’elle est désignée par un parti, Europe Ecologie les Verts qui, lui, entre dans le jeu politique, espérant pouvoir peser sur les choix du futur gouvernement, quel qu’il soit, grâce à un certain nombre de députés. Ce certain nombre de députés ne peut exister qu’en concluant une alliance électorale avec le PS. Eva Joly doit prendre conscience que l’élection présidentielle n’est pas comparable à la descente d’une piste verte sur laquelle on peut se permettre de descendre en ligne droite. C’est une piste noire qui nécessite de composer avec le terrain, en prenant quelques virages pour être certain d’arriver en bas … en entier ! En tant que candidate désignée par son parti, Eva Joly ne peut faire d’autres choix politiques que dire clairement qu’elle votera pour François Hollande au deuxième tour, si celui-ci est le candidat de gauche le mieux placé pour battre la droite. Une autre attitude serait un véritable coup de poignard dans le dos de sa formation.

 

 

Il reste à espérer que toutes ces difficultés rencontrées par la gauche pour aborder avec sérénité la campagne seront surmontées de telle sorte qu’elles constituent le ferment d’une unité construite, source de progrès. C’est à ce prix et seulement à celui-là que cette unité pourra faire obstacle à l’unité de façade que l’UMP tente d’afficher avec les supposées préoccupations de l’électorat de la droite extrême. A ce titre, Nicolas Sarkozy, qui trouve aujourd’hui « hasardeux » de faire voter les étrangers hors Union Européenne aux élections locales, a évidemment oublié qu’en 2008, selon « le Monde », il s'était au contraire dit favorable "à titre intellectuel" au vote des étrangers non européens aux élections locales "sur la base de la réciprocité", mais il avait ajouté n’avoir "pas de majorité pour faire passer cette mesure. On se souvient qu’en 1981, François Mitterrand se trouvait devant le même dilemme avec la question de la peine de mort… La différence s’appelle sans doute le courage politique.

 

 

 dr

 

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