humeurs, bonnes ou mauvaises, mais à consommer sans modération!
On a beaucoup parlé et écrit sur le jeune Sarkozy et sa fulgurante ascension… Cette affaire est évidemment scandaleuse à bien des titres et ne fait honneur, ni à ses protagonistes ni aux simples citoyens que nous sommes et qui, par presse internationale interposée, sont à nouveau la risée des nations démocratiques…
Le scandale, c’est d’abord la responsabilité d’un parti politique, l’UMP, qui investit comme candidat au Conseil Général du département le plus riche de France, un gamin qui n’a alors pas d’autres talent politique connu que d’avoir participé à la campagne de l’élection municipale de Neuilly en n’hésitant d’ailleurs pas au besoin à trahir certains de ses supposés amis politiques… David Martinon doit encore s’en souvenir ! Nous dirons très sobrement que le gamin ne faisait que renouveler un genre dans lequel s’était particulièrement illustré le précédent maire de Neuilly…
Au nom du père…
Il y a là un double scandale :
D’une part, en faisant élire le gamin au Conseil Général puis en soutenant sa candidature à la présidence de l’EPAD, les responsables UMP ont ostensiblement voulu témoigner de leur entier dévouement au chef de leur parti. En propulsant son fils dans des sphères politiques qu’un énarque moyen, doté d’une expérience d’une dizaine d’années aurait bien des difficultés à atteindre, ils se sont comportés de manière indigne. Que ce soit en utilisant la marque « Sarkozy » pour mieux fourguer le produit « liste UMP » à l’élection du Conseil Général ou tout simplement pour plaire (ou pire, ne pas risquer de déplaire) au Guide suprême du parti, on est là dans un cynisme inacceptable dans une République démocratique. Un parti politique digne de ce nom, quelle que soit sa couleur, a le devoir de proposer au vote des citoyens, des candidats capables d’exercer le mandat susceptible de leur être confié. Dans nos démocraties, le citoyen est obligé de faire confiance aux partis politiques pour faire la sélection du candidat présenté parmi tous les postulants. Un parti qui n’opère pas cette sélection sur des critères de compétences techniques, politiques, psychologiques et personnelles se comporte d’une façon indigne sur le plan démocratique. Que dirait on d’un recruteur en entreprise qui présenterait à son responsable un profil sélectionné sur le seul critère de son patronyme ou de la place de son papa?
L’autre scandale, c’est d’avoir permis qu’existe une situation insupportable pour le gamin en question. Bien entendu, il en est lui aussi responsable et s’il avait eu un tant soit peu de plomb dans la tête, il ne se serait jamais lancé dans l’aventure politique en commençant par briguer à 22 ans et sans avoir terminé ses études, un mandat électif de conseiller général. Il s’agit d’un comportement réellement immature que désavoueraient tous les parents soucieux que leurs enfants terminent en priorité leurs études pour pouvoir exercer de façon autonome une activité professionnelle et ainsi, devenir adultes. Le chœur des responsables de l’UMP et de certains commentateurs, louant la maturité dont aurait fait preuve le gamin en renonçant à se présenter à la présidence de l’EPAD, ne fait pas illusion : ce n’et qu’une ènième opération de communication visant à créer - par le discours - une image qu’il s’agit d’imposer à l’opinion. En bref, pour l’UMP, le gamin n’est pas mûr, on a été trop loin en le présentant à l’EPAD, l’opinion ne nous suit pas, donc il se retire du jeu et on tient un discours très positif sur sa maturité tout en l’érigeant en victime des médias… qui ne nous ont pas beaucoup aidés dans cette affaire !
A 23 ans, on reste encore quand même, et heureusement, un peu enfant, avec des rêves, de illusions, des faiblesses, de la naïveté, et bien entendu, de vastes plans de fragilité… Comment peut on avoir le cynisme de placer un gamin dans une situation telle qu’il se retrouve exposé devant l’opinion avec une image de fils à papa, de pistonné, de « glandeur » dans ses études … Sauf à être lui aussi un orfèvre en matière de cynisme, le gamin a été une marionnette utilisée à des fins totalement politiques par un parti qui a pensé, à tort heureusement, que tous les moyens, y compris l’utilisation des enfants, étaient bons. Il s’agit là encore d’un comportement indigne dans une démocratie…
Alors, bien entendu, on fait en sorte de ne pas lâcher toutes ensembles les ficelles de la marionnette : le retrait de candidature se fera dans les règles édictées par le Guide et ses communicants : en direct au 20 heures, quelques phrases bien senties comme « si votre question est de savoir si j’en ai parlé au Président, la réponse est non, si elle est de savoir si j’en ai parlé avec mon père… », une attitude de victime des médias qui sera soigneusement orchestrée et accompagnée par le parti, une posture de bouc-émissaire volontaire pour protéger le Président… les ingrédients sont là pour tenter de transformer un fiasco en une tentative de déstabilisation du Président. Le savoir-faire et le cynisme des communicants a consisté à substituer une image de père (registre affectif utilisé par le gamin) à celle du Président qui a commis une faute grave sur un plan politique.
Dans quelques mois, si l’opération de création d’un grand établissement public d’aménagement de tout l’ouest parisien et intégrant l’actuel EPAD voit le jour, nous verrons si le jeune et fraîchement émoulu administrateur de l’EPAD brigue la Présidence du nouvel ensemble. Nous verrons si les curseurs de l’immaturité et du cynisme conservent leur place…
Au nom du père, au nom du fils, qu’on nous délivre des malsains d’esprit…