humeurs, bonnes ou mauvaises, mais à consommer sans modération!
Passons sur les inepties proférées par le ministre du Budget François Baroin qui affirme sans rire que raboter les niches fiscales, ce n’est pas augmenter les impôts mais seulement les ressources de l’Etat ! Une telle langue de bois mériterait à coup sûr un sérieux coup de rabot, tout autant que la niche de Xavier Bertrantanplan qui affirmait sans rire au JT de France 3 : " je suis contre toutes les augmentations d'impôts. Je suis farouchement contre ! (...) par contre quand vous touchez aux niches fiscales (...) ceux là auront moins de réductions d'impôts. C'est pas la même chose !" La communication Elyséenne frôle le ridicule absolu puisqu’elle revient à interdire aux membres de la majorité et du gouvernement de prononcer les mots blasphématoires comme « augmenter les impôts », « rigueur », « remise en cause du bouclier fiscal » etc… Si l’on suit François Baroin ou Christine Lagarde, le menuisier qui donne un coup de rabot à sa planche ne prélève pas de bois mais se contente d’augmenter le volume des copeaux dans sa poubelle ! C’est ce qui s’appelle prendre les citoyens pour des imbéciles.
1 - Côté pile : les classes moyennes vont devoir payer davantage
Les ménages vont être directement touchés par plusieurs mesures d'économies. Citons :
La fin du crédit d'impôt sur les intérêts d'emprunt remplacé par un prêt à taux zéro élargi, réservé exclusivement aux primo-accédants, la fin de l'avantage fiscal lors des déclarations de revenus l'année du mariage, du pacs ou du divorce, le coup de rabot sur 22 niches fiscales comme le crédit d'impôt sur les équipements en faveur du développement durable, la réduction d'impôt pour certains investissements outre-mer, l'investissement immobilier locatif dans le neuf via le dispositif Scellier, la réduction immédiate de moitié du crédit d'impôt sur les panneaux solaires, le remboursement ramené de 35% à 30% sur certains médicaments, le recul de cinq points du taux de prise en charge des dispositifs médicaux (passage de 91 à 120 euros pour le seuil de prise en charge totale à l'hôpital et non financé à 20% par le patient, le durcissement de la prise en charge pour les patients en affection de longue durée, remboursés à 100%…
En période de crise, après tout, il n’est pas choquant de demander à tous de contribuer au redressement des comptes de l’Etat ; mais cela suppose au moins 3 conditions : en premier lieu, de dire la vérité et appeler un chat, un chat et une hausse d’impôts ce qui en est une ; en second lieu, que l’argent public soit utilisé pour l’intérêt général et avec efficacité, ce qui n’est pas le cas si l’on examine les résultats désastreux de la politique de l’actuel gouvernement ; et enfin, que les sacrifices soient consentis par tous, en fonction de la capacité contributive de chacun. Or, dans ce domaine, on est loin du compte !
2 – Côté face : les contribuables les plus riches s’en sortent mieux
Comme chacun peut s’en rendre compte, il n’est pas question dans le budget 2011 de revenir sur le bouclier fiscal ou sur les cadeaux fiscaux aux professionnels de la restauration, en dépit de l’absence totale de résultats tangibles de la politique suivie et de l’inconsistance des arguments avancés pour justifier ces mesures. Les émigrés fiscaux, les fraudeurs, les grands donateurs du parti présidentiel n’ont pas motif de s’inquiéter puisque pour eux, rien ne changent réellement
On nous dit que les entreprises aussi sont mises à contribution mais en réalité, la répercussion des charges supplémentaires éventuelles s’opérera comme d’habitude sur leurs prix, donc, leurs clients, donc, chacun d’entre nous, et accessoirement, sur « l’ajustement » des effectifs et des salaires (mais pas ceux des cadres dirigeants, n’exagérons pas !). Trois exemples cités par « La Tribune » :
« - TVA portée de 5,5% à 19,6% sur la totalité des factures pour les offres "Triple Play" alliant télévision, téléphone, internet, comme les "box" ou certains forfaits mobiles. France Télécom Orange et Free ont déjà annoncé qu'ils allaient répercuter cette hausse sur leurs factures ce qui revient à faire payer cette mesure par les ménages.
Taxe sociale sur l'intéressement et la participation portée de 4% à 6% (elle avait déjà augmenté de 2% à 4% en 2010) ce qui, là encore, touche surtout les salariés.
- Taxe sur les activités risquées des banques. »
…Vous connaissez des Banques qui vont arrêter leurs activités à risques alors qu’elles savent qu’in fine, c’est l’Etat et donc le contribuable qui paiera si les choses tournent mal… ?
A l’évidence, le budget 2011 relève d’une politique sciemment discriminatoire dont la finalité est de préserver la fraction la plus aisée et la plus militante de l’électorat, au détriment de la masse des citoyens. On a du mal à comprendre comment l’électorat de l’UMP, celui des classes moyennes ou même modestes peut accepter une telle politique ! Le syndrome de Stockholm peut être, comme l’écrit notre camarade François Lambda…
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En tout cas, il y en a au moins, au gouvernement, qui libère (!) sa parole et les promesses ! François Fillon n’a pas Nicolas Sarkozy comme mentor ! Mieux encore, devant les caméras de M6 le dimanche 3 octobre, il promet une réforme fiscale… avant 2012 ! Manifestement, la perspective des vacances prochaines a un côté euphorisant pour ce Premier ministre qui a construit sa cote de popularité sur le nombre de couleuvres qu’il a avalées ! Va-t-il retourner dans son fief, en Mayenne ce qui pourrait également expliquer son euphorie actuelle ? Il est vrai que depuis que l’inconscient de Rachida Dati nous a appris que celle-ci goûtait infiniment mieux les saucisses de Strasbourg que son mandat de parlementaire européen, notre avaleur de couleuvre pourrait être lui-même séduit à la pensée qu’un jour, Rachida habite Laval…
dr