humeurs, bonnes ou mauvaises, mais à consommer sans modération!
Il y a eu, bien sûr, la chute de Félix Baumgarter, chute totalement libre de 36 kilomètres, amortie à la fin par le parachute se déployant triomphalement pour permettre un atterrissage en souplesse. Exploit sans aucun doute, applaudi dans le monde entier par des médias qui de plus en plus, se plaisent à susciter à l’unisson les applaudissements de leurs clients-lecteurs-voyeurs.
Il y a aussi, la chute (un peu moins libre) de François Hollande dans les sondages, dont certains suggèrent que le parachute Ayrault se déploiera le moment venu pour permettre que le choc dans l’opinion sera moins rude. Sondages relayés dans toute la France par des médias qui, de plus en plus, se plaisent à susciter à l’unisson les critiques de leurs clients-lecteurs-voyeurs.
Et quand un autre sondage (publié par le Figaro) vient dire que seulement 19% des Français souhaiteraient que l’on change maintenant de Premier Ministre, c’est le quasi-silence radio.
Ce que l’on souhaiterait surtout, c’est que nos médias soient un peu moins racoleurs et un peu plus mesurés dans leur rôle qui doit demeurer d’informer l’opinion sans essayer de la formater. On se souvient de quelques couvertures d’hebdomadaires, dont certains se disent « de gauche » et qualifiant les ministres du gouvernement de « nuls ». On a juste envie de leur dire « chut » !
« Chut » ! C’est aussi ce qu’il faudrait dire tout autant à certaines grandes gueules ministérielles qui, encore trop souvent, confondent les plateaux télé ou radios avec les coulisses de congrès du PS où tout et son contraire peuvent être défendus. On aurait aimé que Vincent Peillon se contente de défendre la politique de son ministère (qui, soit dit en passant, semble aller nettement dans le bon sens) plutôt que de susciter à titre personnel un débat qui pour l’heure, doit être mené au sein de la société civile. La faute politique de Vincent Peillon méritait d’être relevée par le chef du gouvernement, ce qui a été fait. Cela étant, le débat sur la dépénalisation du cannabis ne doit pas être étouffé. On aimerait seulement que ce soient les magistrats, les médecins, les policiers, les sociologues et des personnes qualifiées qui l’enrichissent. Le trafic est-il nourri par la prohibition comme a semblé le dire le ministre? Ce n’est certainement pas aussi simple et les enjeux sont lourds en termes de santé publique. Quoi qu’il en soit, le débat n’est pas suffisamment avancé pour qu’il soit inscrit à l’agenda politique. Jean Marc Ayrault a eu raison de dire publiquement « fermez le ban » tout en intimant fermement à son ministre dissipé de retourner s’asseoir sur son banc de classe.
« Chut » ! C’est évidemment ce qu’il faudrait dire à Jean François Copé réclamant la démission immédiate de Vincent Peillon à la suite de cette bourde. Il ne manque pas d’air, le Copé ! Avons nous souvenir de l’avoir entendu demander la tête d’Eric Woerth quand ce dernier bradait l’hippodrome de Chantilly au bénéfice d’une relation personnelle ou quand les juges s’intéressaient à sa relation avec Liliane Bettencourt ? Avons nous entendu Copé s’offusquer qu’en pleine affaire Bettencourt, le procureur Courroye soit reçu huit fois à l’Elysée par Nicolas Sarkozy ? A votre avis, cher Jean François, les deux hommes prenaient seulement une tasse de thé ou bien essayaient-ils de confectionner quelques parachutes au cas où l’affaire Bettencourt ou celle de Karachi risquaient de faire tomber en vrille l’honneur du Président d’alors ? On peut quand même se poser la question, non ?
« Chut » ! également, Monsieur Christian Jacob qui se comporte à sa façon en négationniste lorsqu’il refuse que la France, par la voix de son Président, reconnaisse que le17 octobre 1961, en pleine guerre d’Algérie, une manifestation pacifique d’Algériens (qui, à cette époque, possédaient évidemment la nationalité française) soit sauvagement réprimée par la police parisienne. Bilan : deux morts selon la police, entre 50 et 200 selon les études menées par différents historiens. Monsieur Jacob pense qu’ « il est intolérable de mettre en cause la police républicaine et avec elle la République toute entière ». Autrement dit, il vaut mieux le silence plutôt qu’une vérité historique dérangeante. Monsieur Jacob se trompe de métier et d’époque, il aurait fait un excellent procureur en Union soviétique.
Que faut-il dire à Monsieur Devedjian, ex député UMP du département des Hauts de Seine (ex puisque son élection vient d’être invalidée par le Conseil Constitutionnel) qui, sur les antennes de France Culture déclarait en substance ce samedi 20 octobre qu’il n’était pas concevable que le riche département des Hauts de Seine puisse faire preuve de solidarité avec le voisin pauvre de la Seine Saint Denis. Pourquoi donc lui demande le journaliste ? et bien parce que les deux départements disposeraient (selon Devedjian) des mêmes ressources financières, que si la Seine Saint Denis était pauvre, c’est parce qu’« on » (les communistes) y avait construit beaucoup de logement sociaux qui non seulement avaient contribué à endetter le département, mais avaient en quelque sorte, attiré de plus en plus de pauvres. C’est donc de leur faute. Cela revient exactement à dire que les Hauts de Seine et ses communes riches comme Neuilly ont eu raison de ne pas appliquer la loi sur les quotas de logements sociaux. On y est resté entre « riches » et ainsi, on ne s’est pas endetté ! Ce faisant, monsieur Devedjian insulte littéralement la misère et les pauvres. On ne dit pas « chut » ! à celui qui insulte l’autre. Il est des moments où on a le droit de lui dire simplement, « ta gueule » !
dr