humeurs, bonnes ou mauvaises, mais à consommer sans modération!
Franchement, ce début juillet est vraiment pourri pour tous ceux qui sont restés au nord de la Loire. Ces 5 dernières années, quand le temps était maussade, on trouvait souvent matière à sourire en écoutant les saillies d’une Nadine Morano ou d’un Frédéric Lefebvre, en regardant les facéties de l’ex président… mais depuis mai 2012, plus grand chose à se mettre sous la dent ! « La hune » reste bien discrète, faute de trouver un peu de matière… Même les ténors de l’UMP qui cherchent à se tordre le cou ne nous font pas tordre de rire ! Patience, on sait quand même que ça reviendra, ne nous précipitons donc pas dans la morosité…
A propos de précipitations, on ne peut pas dire que leur cumul qui affecte la moitié nord du pays ait particulièrement touché les dirigeants de Peugeot ! Pas de précipitation en effet pour annoncer un plan social dont apparemment, tout le monde connaissait depuis des mois le projet mais qu’il fallait cacher jusqu’à l’élection Présidentielle pour donner une chance d’être réélu à l’ancien Président. Cette grossière manœuvre en dit long à la fois sur les accointances de certains dirigeants d’entreprises du CAC 40 avec la droite au pouvoir, mais aussi sur le sens de l’intérêt général de l’ancien locataire de l’Elysée et sa préoccupation des salariés de Peugeot. Le retard pris dans la résolution des problèmes d’emploi des salariés et des intérimaires de Peugeot, dans celui de l’avenir des sous-traitants et de leur personnel leur sera malheureusement préjudiciable. Et lorsque monsieur Frédéric Saint-Geours essaie de faire oublier la stratégie désastreuse de son entreprise en tentant d’en imputer la responsabilité aux pouvoirs publics en raison « du coût du travail », le moins que l’on puisse dire est qu’il fait montre d’un cynisme certain. L’actionnaire continue à percevoir des dividendes quand des armées de travailleurs et de petits sous-traitants se retrouvent sur le carreau. Peugeot ne se comporte pas autrement que les anciens maîtres de forges du XIXème siècle. Zola redevient d’une brûlante actualité.
Alors, nous direz vous, les choses devraient mieux se passer puisque nous avons maintenant un Ministre du développement productif ! Arnaud Montebourg s’était engagé dans la bataille des primaires socialistes en enfourchant avec précipitation le cheval de l’anti-mondialisation. Arnaud Montebourg a toujours le verbe aussi haut mais il a soin de rappeler que Peugeot est une entreprise privée dans laquelle, l’Etat n’a pas de pouvoir d’intervention. Certes, mais ce n’est pas nouveau. Il revient à ceux qui ont aujourd’hui le pouvoir de mettre en place les outils et le cadre juridique de nature à empêcher que des dirigeants d’entreprise du 21ème siècle adoptent les méthodes et les comportements de leurs prédécesseurs maître de forges. On attend notamment d’Arnaud Montebourg qu’il ait un rôle moteur dans l’élaboration de ces nouveaux cadres. A défaut, il faudrait considérer que le ténor anti-mondialisation des primaires ne serait en réalité qu’un don Quichotte de circonstances, sorte de moulin à paroles s’attaquant sur son bourrin à des moulins à vent… Arnaud Montebourrin, en quelque sorte ! Ne nous précipitons pas cependant et laissons lui encore un peu de temps.
Le gouvernement s’est précipité cette semaine pour annoncer qu’il allait faire en sorte de limiter les dépassements d’honoraires considérés comme abusifs de certains médecins. Cette précipitation sera d’autant mieux comprise que des résultats concrets seront obtenus avant la fin de l’année 2012. On n’aime pas trop, à « la hune », la législation par voie d’ordonnances mais s’il fallait en passer par-là, ma foi tant pis. Une cure d’amaigrissement des honoraires scandaleux s’impose rapidement et nos concitoyens ne verseront pas beaucoup de larmes sur le sort malheureux de certains cumulards de la santé qui s’enrichissent en pratiquant des tarifs à la tête du client ou de la mutuelle à laquelle il a souscrit. On devine que certains spécialistes vont soudainement se mettre à tousser mais que leurs patients ne s’inquiètent pas trop ; il ne s’agira que d’une allergie tout à fait passagère. La pilule sera amère pour certains mais la pilule des dépassements d’honoraires a tellement été dorée ces dernières années…
Pas trop de précipitation cependant chez les parlementaires du PS pour s’attaquer au cumul des mandats ! On pourra nous rétorquer qu’il n’y en a pas non plus chez les élus de l’UMP mais ce n’est pas le problème. François Hollande a été élu sur un certain nombre d’engagements dont celui de mettre un terme au cumul des mandats et ceux qui ont voté pour lui attendent des résultats tangibles sur ce genre de promesse. Et que l’on arrête de nous dire que nos parlementaires doivent avoir un ancrage local ! Il n’y a pas besoin d’exercer un mandat local pour s’intéresser aux problèmes qui se posent à l’échelon d’une ville ou d’un département. Il suffit d’y consacrer un peu de temps et de mettre en place les relais nécessaires. Cumuler un mandat parlementaire avec celui de maire d’une ville d’une certaine importance ou de conseiller général ou régional est un non-sens démocratique, sans parler du cumul des indemnités qui lui, heureusement, est déjà encadré.
Et si par malheur nos parlementaires du PS n’étaient pas d’humeur à revenir sur la question du cumul des mandats, les électeurs sauraient les rappeler à leurs devoirs dès la prochaine échéance électorale en s’abstenant de voter pour eux. Ils comprendraient ainsi qu’on peut se retrouver très rapidement sur le carreau et passer ainsi de la situation de cumul des mandats à celle de cul nu sans mandat.
dr.