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humeurs, bonnes ou mauvaises, mais à consommer sans modération!

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En route pour la grande boucle…

 

 

Bientôt, le départ du Tour de France. Les équipes se préparent et l’on sent la pression monter, pas seulement dans les pneus des vélos. Les suiveurs s’apprêtent à suivre, comme d’habitude ; les commentateurs s’évertuent à commenter en prenant soin de mettre leur vocabulaire technique au goût du jour ; les coachs, les entraîneurs et les médecins prennent la température des coureurs à l’aide des instruments sophistiqués mis à leur disposition par les instituts de sondage, en jurant une fois de plus de renoncer au dopage des statistiques et chiffres de tous ordres…

 

Bien entendu, il y a eu des surprises de dernière minute et la composition des équipes a subi des modifications juste avant le prologue. C’est ainsi qu’au sein de l’équipe rose, le petit gros du « pelotons »1 a été disqualifié alors qu’il figurait parmi les favoris de l’épreuve, étant impliqué dans une ténébreuse affaire de sport en chambre à laquelle il se proclame étranger. Idem pour un équipier de l’équipe bleue que ses quelques années d’études en droit ne prédisposaient pas particulièrement à une activité paramédicale mais qui a été exclu pour pratique de médecine parallèle ou plus exactement horizontale…

 

L’équipe rose comporte de nombreux prétendants qui veulent se départager au cours du prologue ; l’équipe bleue, elle, serre les rangs autour de son leader, l’homme qui avait remporté le maillot jaune lors de la dernière épreuve et qu’on appelle d’ailleurs depuis cette époque, « le nain jaune », avec sa façon particulière de brouiller les cartes. Cette équipe prétend rouler sur toute la partie droite de la route, au grand dam de la dame de l’équipe bleu marine. Cette dernière qui a changé la couleur de son maillot continue cependant à porter les dessous de couleur brune qu’arborait déjà son père lors des courses précédentes. L’équipe verte possède deux leaders qui, eux aussi, vont s’affronter au cours d’un prologue qui risque d’être meurtrier…

 

Et puis, il y a les petites équipes qui rêvent, non pas du podium, mais de gagner une ou deux étapes dans l’opinion, histoire de monnayer un soutien au futur vainqueur de l’épreuve ; l’équipe rouge avec son grimpeur râleur qui se pousse du col à n’en plus finir, l’équipe bleue verdâtre qui prétend occuper le centre de la route, tout comme l’équipe « moderne » qui n’a pas changé de champion depuis cinq ans et qui continue sa course solitaire…n’oublions pas la dernière équipe inscrite depuis hier et dont ses concurrente goguenards ont salué l’arrivée en chantant « Tiens, voilà du Boutin »…

 

On ne va donc pas s’ennuyer à partir de cet été en assistant aux péripéties de cette nouvelle grande boucle, sauf que…

 

-         Contrairement à ce qu’affirment en chœur messieurs Guéant ou Copé, les primaires du PS ou d’Europe Ecologie  ne sont pas anti démocratiques ; elles n’ont tout simplement aucun sens démocratique dans le contexte de l’élection du Président de la Vème République, telle qu’elle existe. La préoccupation de l’électeur de la primaire est sans doute en effet moins de faire triompher les idées de son favori que de désigner celle ou celui qui a les meilleures chances de l’emporter au second tour.

-         Il est urgent de changer ce mode d’élection du Président de la République qui ne confère aucune légitimité à l’élu. Quelle était la légitimité de Jacques Chirac après sa victoire sur Jean Marie Le Pen en 2002 ? Mis à part le consensus sur le rejet de l’extrémisme, aucune légitimité d’idées ou de projets.

-         La médiatisation extrême de la vie politique fait que l’élection Présidentielle devient un spectacle, tout comme le Tour de France, avec son lot de scoops, de scandales, d’ascensions dans les montagnes russes de l’opinion, de descentes aux enfers, mais quels projets réels, quels débats de fonds ?

 

 

On voudrait bien que ce type d’épreuve qui se terminera en mai 2012 soit la dernière organisée de cette façon. Pour l’heure, on va se contenter d’imaginer le sprint final qui aura lieu sur les Champs Elysées et la mine déconfite qu’auront alors les sponsors du nain jaune, attablés à la terrasse du « Fouquet’s » en constatant la lourde défaite de leur champion…

 

Poulidor, nain jaune, même destin ? Pas vraiment. Notre petit Raymond est resté simple, modeste et 30 ans après, il est toujours dans l’Histoire du Tour, avec les honneurs. Vous croyez qu’en 2042 on saura qui était le nain jaune ?

 

 

1Ce n’est pas une faute d’orthographe

 

 

dr

 

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