humeurs, bonnes ou mauvaises, mais à consommer sans modération!
Le scénario est classique : le fiston organise une boum avec des potes en oubliant de prévenir maman… Furieuse de n’être pas invitée à participer à la fiesta, cette dernière rapplique dare dare en s’installant au premier rang, empêchant du même coup les (d) ébats qui s’annonçaient prometteurs puisqu’il y avait de nouvelles têtes… résultat, une fête gâchée, maman qui fait semblant de ne pas comprendre où est le problème puisque « tout le monde était ravi de me voir »… et le fiston Vincent qui la traite de mère indigne de se présenter à l’élection de 2012…
La charité commanderait de passer sous silence le quasi-silence de tante Martine qui, du fond de sa cuisine, s’occupe des questions essentielles et range cet incident en haut de l’étagère, dans le bocal des petits points subalternes ; les Français ont bien d’autres priorités que de s’intéresser aux petites divergences des gâte- sauce…
Sauf qu’en ma qualité de citoyen ordinaire, la perspective de voir mon pays éventuellement dirigé par une responsable politique qui a perdu tout repère ne me paraît pas être un point subalterne et le parti dont elle ne se sert maintenant que de marchepied aurait tort de la laisser œuvrer ainsi s’il espère ne pas être ridiculisé dès le premier tour de l’élection de 2012… on peut ouvrir les paris dès aujourd’hui !
On sait depuis longtemps que le Président de la République actuel a perdu tout contact avec la réalité de la vie des citoyens ordinaires et que son isolement devient croissant tant dans l’opinion qu’au sein de la classe politique. Son agitation et son activisme forcené se nourrissent chaque jour un peu plus de son impuissance à exercer réellement le pouvoir et à peser sur les réalités. Le pouvoir a tendance à isoler celui qui le détient du reste de la population dit-on souvent et c’est encore plus vrai sans doute lorsque cette détention du pouvoir cherche à masquer une réalité faite d’impuissance.
Pour Ségolène qui se retrouve en situation d’impuissance au sein du PS et dont l’image dans l’opinion a perdu beaucoup de son pouvoir de séduction, la situation est analogue ; Elle calcule, elle agit, elle s’agite dans un mouvement de fuite en avant pour continuer à occuper le devant de la scène médiatique. Elle provoque des situations conflictuelles, s’attire les foudres de ceux qu’elle a malmenés, se place ensuite dans la posture de la victime tout en tenant un discours faussement lénifiant sur le respect qu’elle a pour ceux qui sont en désaccord avec elle… au prix d’un irrespect total et constant pour les règles internes de son Parti et tout simplement les règles de bienséance qui font qu’on ne s’invite pas aux manifestations auxquelles on n’est pas convié. Ségolène, comme Nicolas ont perdu les repères essentiels ; ils ne se donnent plus les limites que tout citoyen, même ordinaire, a le devoir et la sagesse de respecter.
En politique comme ailleurs, l’un des plus grands dangers est de croire ou de faire croire qu’il n’est rien d’impossible : en effet, si tout m’est possible, le fait de ne pas réussir à atteindre un but me renvoie à ma propre impuissance, ce qui est inacceptable. Par ailleurs, considérer que l’impossible n’existe pas revient à abolir toute limite, et en particulier, toute limite à mes choix, à mes actions, aux moyens de parvenir à mes fins… La porte est ouverte ainsi pour toutes les dérives, pour toutes les fuites.
On ne fera croire cependant à personne que l’incident de Dijon le dimanche 15 novembre n’était pas calculé et organisé : L’intéressée était dès le lendemain matin l’invitée des matinales de France Inter et ce rendez-vous radiophonique était forcément prévu depuis quelques temps. Il y a donc bien eu préméditation de la part de Madame Royal.
Elle n’a donc fait que poursuivre la fuite en avant qu’elle a entamée depuis 2007.
A tout prendre, je préfère l’art de la fugue de Jean Sébastien à l’art de la fuite de Nicolas et Ségolène !