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humeurs, bonnes ou mauvaises, mais à consommer sans modération!

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Quand la douche permet de ne pas se mouiller..

 

On a beaucoup parlé de la douche aménagée au Grand Palais pour les besoins ( ?) des participants au premier sommet de l’Union de la Méditerranée tenu en juillet 2008 ou du prix de revient indécent du dîner organisé à cette occasion… Peu importe les éventuelles erreurs d’interprétation du chiffrage de l’ensemble de ces dépenses, de toutes façons, …exorbitantes et inadmissibles…

 

Juillet 2008, c’était avant la crise pourraient dire certains ; en ce temps là, on pourrait estimer que ce qui nous semble incongru aujourd’hui était admissible hier. Il se trouve que le ministre des affaires étrangères, Bernard Kouchner, interviewé récemment sur le caractère faramineux des dépenses engagées lors de ce sommet, c’est à dire, après la crise financière, ne trouve rien à redire à ce chapitre, la fin justifiant les moyens…

 

Face au chiffrage des moyens, la mesure de la fin est impossible à réaliser pour le citoyen ordinaire et Bernard Kouchner a beau jeu d’entamer avec lui-même un dialogue de sourds. En réalité, ce dialogue schizophrénique entre docteur Bernard et Mister Kouchner ne fait pas que commencer. Comment aurait on pu imaginer que l’un de ceux qui ont le plus contribué à médiatiser les nécessités de l’intervention humanitaire, à s’insurger face à l’immobilisme des responsables politiques devant la misère d’une partie de la planète, à justifier le droit d’ingérence dans le domaine de souveraineté des Etats lorsque la fin humanitaire le justifie, comment aurait on pu imaginer que cet homme puisse aujourd’hui manier avec un tel brio la langue de bois qu’il dénonçait hier ?

 

Les prises de position et la politique suivie par Eric Besson suscitent le même étonnement, à ceci près que l’intéressé n’a à l’évidence pas le charisme de son homologue du Quai d’Orsay et que son retournement de position s’est opéré en un temps record ! Bien entendu, il serait trop facile d’ignorer les difficultés des questions liées à l’immigration mais de là à imaginer qu’un ancien responsable du parti socialiste aille justifier le renvoi d’immigrés dans un pays en guerre, il y a là quelque chose d’incompréhensible pour le citoyen. Comment donner de crédit à des hommes politiques qui semblent renier aujourd’hui les engagements et les valeurs dont ils paraissaient hier être porteurs ?

 

Le docteur Bernard nous est apparu au début de sa carrière comme un « Homme » sachant braver les dangers, sachant bousculer notre indifférence, sachant s’opposer au monde politique s’il le fallait ; Le docteur Bernard a choisi ensuite d’apparaître comme un « homme politique », s’intégrant dans le monde politique institutionnel en intégrant les expériences qu’il avait vécues ; aujourd’hui, il nous apparaît seulement comme un « politique » parlant un langage de politique dont la dimension humaine s ‘est effacée derrière la langue de bois officielle, celle qui justifie de tout et son contraire au nom de la raison d’Etat.

 

Des exemples de pareilles dérives existent dans l’Histoire et il serait sans doute cruel de rappeler les noms de certains acteurs politiques ; mais plutôt que de se livrer à l’exercice finalement aisé de la critique des hommes, ce type de comportement nous interroge surtout sur les exigences de la démocratie et les effets pervers de la professionnalisation de la vie politique. La démocratie exige que puisse être élu du peuple pour exercer le pouvoir, tout citoyen qui en a la capacité et en accepte la responsabilité, sans que l’argent ou la naissance ne puissent constituer un privilège ou un obstacle à sa candidature. Etre un responsable politique suppose beaucoup d’engagement, de renoncements, d’aptitude à gérer l’échec… mais cela ne saurait justifier que pour exercer son « métier » d’homme politique, un élu ou un responsable soit prêt à changer de discours, de valeurs, d’électorat au besoin… à l’instar d’un salarié quittant une entreprise pour entrer au service d’un concurrent qui lui accordera de meilleures conditions de travail ou salariales. Etre un professionnel de la politique, oui, pourquoi pas si c’est un moyen d’avoir dans une démocratie des responsables compétents mais à condition de ne jamais oublier que ce n’est pas un métier comme les autres. L’honneur d’un responsable politique dans une démocratie doit être de savoir renoncer à l’exercice du pouvoir et de la responsabilité quand cet exercice devient incompatible avec les valeurs qu’il a portées.

 

A défaut, il risque fort d’être considéré seulement comme un garçon de bain…

 

(Nom donné en général aux employés subalternes dans certains établissements, dans certaines administrations. Un garçon de café. Garçon de bain. Garçon épicier.)

 

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