humeurs, bonnes ou mauvaises, mais à consommer sans modération!
Quel suspense insupportable ! La planète entière retient son souffle. Elle n’en peut plus d’attendre l’issue de la guerre que se livrent J.F. Copé et F. Fillon et qui ensanglante l’UMP. Ah, vivement dimanche soir que l’on sache enfin lequel des deux, les militants UMP ont décidé d’assassiner ! … Parce qu’il ne s’agit que de cela, en réalité : éliminer le rival pour avoir le champ libre pour l’élection de 2017.
Fillon rase : Au début, c’était la drôle de guerre : Il fallait se montrer urbain d’où les échanges à l’eau tiède illustrés par le débat télévisé entre les deux prétendants, débat dont l’audience devait à peine dépasser celle des « chiffres et des lettres » d’un après midi pluvieux de novembre. Le public assoupi devait avoir l’impression que les deux compères devisaient dans un salon de coiffure, en évitant les sujets susceptibles de se fâcher avec les supporters de l’autre camp, d’où une sorte de consensus mou sur tout. Les flèches étaient réservées à la gauche, au gouvernement et au Président. Dans cet exercice, reconnaissons que François Fillon était particulièrement ennuyeux, rasoir et pour tout dire, véritablement casse-pieds ! On dit même que le pauvre s’était tellement ennuyé lui-même à répéter son intervention qu’il s’en était cassé un pied ! Mais plus l’issue du combat se rapproche et plus il décoche les flèches empoisonnées qu’il sort de son carquois… « clanique », « clivant », trop droitier… font partie des amabilités quotidiennes destinées à Jean François Copé. Le salon de coiffure devient un ring où l’on se crêpe le chignon à qui mieux mieux !
Copé court : on voyait bien l’ambitieux Copé courant comme un dératé après les électeurs du Front National en épousant les thèmes de la sécurité et de l’immigration si chers à l’extrême droite. Mais tout cela, avec le souci de ne pas polémiquer avec François Fillon qui a été le « collaborateur » de l’ex Président pendant 5 ans. Difficile de se fâcher avecx Fillon devant les militants alors que dans le même temps, on se réclame d’un sarkozysme pur jus. A ce propos, on apprend que des sondages (commandés par qui ?) sembleraient indiquer que plus de 64% des militants UMP souhaiteraient que Nicolas Sarkozy soit à nouveau leur candidat en 2017. Sa Grandeur (nous l’appellerons ainsi dorénavant) doit jubiler. Toujours est-il qu’à défaut d’avoir obtenu le soutien explicite de Sa Grandeur, Copé s’est attiré celui de son glandeur de fils, le petit Jeannot du Conseil Général des Hauts de Seine avec lequel il a dîné devant toutes les caméras convoquées pour la circonstance. Copé court après toutes les voix mais en particulier, celles de l’extrême droite ; Il imagine sans doute que le Front National pourrait devenir son « Tea Party » à lui. Sa stratégie semblerait être assez claire : Je remporte la Présidence de l’UMP dimanche prochain grâce aux militants les plus droitiers et les plus sarkozyste du parti. Dans un deuxième temps, je quitte le salon de coiffure pour le salon de thé en fricotant, non pas avec Marraine Lapine qui ne se laissera pas approcher mais avec ses idées et ses thèmes, ce qui fait que je bénéficierai ainsi d’un courant favorable à la droite de l’UMP. Dans un troisième temps, je commence à naviguer un peu plus vers le centre pour ramener vers ma candidature à la prochaine Présidentielle, toutes les composantes de la droite et les déçus de la Gauche…
C’est un peu la stratégie qu’a utilisé Mitt Romney, avec le succès que l’on connaît ! Cette stratégie comporte bien des aléas ; Le FN est à l’échelle de la France, plus influent que ne le sont les Tea Parties aux USA. Par ailleurs, le Centre n’existe pas sous une forme institutionnelle ou partisane aux Etats Unis alors qu’il a quelques chances de se restructurer en France. Enfin, on imagine mal que le « battu » de dimanche prochain dépose les armes pour les quatre années à venir. Qu’il se nomme Copé ou Fillon, le « battu » de dimanche prochain sera surtout le revanchard des mois à venir. Il aura perdu une bataille mais n’aura pas enterré pour autant la hache de guerre !
Copé court, certes mais côté jardin ce grand « néo-sarkozyste » doit brûler quelques cierges pour que les 64% de militants UMP qui souhaitent le retour de Sarkozy en 2017 soient touchés par la grâce et se reconvertissent au plus vite. Parce qu’au fond, il voudrait bien s’épargner une nouvelle guerre avec l’ex locataire de l’Elysée. S’il se voit bien dans le costume d’un Président, il sait pertinemment que l’une des conditions c’est que Sa Grandeur s’habille en posthume et ça, c’est pas encore gagné !
dr