humeurs, bonnes ou mauvaises, mais à consommer sans modération!
Fin octobre 2010, La Hune assistera à la remontée des 37 ministres qui croupissaient dans le gouffre de l’impopularité depuis plus de 3 ans. Mais à l’inverse de ce qui s’est passé pour les 37 mineurs chiliens, la presse internationale ne se bousculera pas pour assister à l’événement ! Il faut dire que les volte-face, les mensonges, les provocations, les coups de menton ou les signes de croix à l’usage des caméras n’intéressent plus grand monde à l’étranger. Cela s’appelle la perte de crédibilité… Enfin, quoi qu’il en soit, La Hune peut d’ores et déjà décrire la « remontée » de ces sinistres mineurs que sont nos ministres cireurs (de pompes).
Les femmes et les enfantillages d’abord … La première à remonter est Roselyne Bachelot, toute pimpante sous son casque rose bonbon… Elle a laissé au fond du gouffre toutes ses doses de vaccins inutilisables aujourd’hui, quelques fermetures d’hôpitaux ou de services d’urgences, un déficit croissant en termes de nombre de médecins en régions… mais elle a aussi à son actif d’avoir réussi à faire monter les larmes aux yeux de nos vaillants footballeurs en Afrique du Sud ! Bref, elle aura brassé beaucoup d’air pour peu de choses, ce qui était peut être utile au fond de la mine, mais beaucoup moins pour les Français.
Seconde à remonter, Rama Yade, dont les quelques « sorties » un peu rebelles lui valent l’indulgence des Français qui sont sensibles autant à ses écarts de comportement qu’à son charme d’adolescente de la politique. La foule se réjouit du sauvetage de la jeune femme dont le comportement est loin d’être aussi naïf qu’on pourrait le croire ! Elle a beau s’écarter de temps à autre de la ligne du parti, critiquer « ses vieux » comme n’importe quel ado, elle n’est pas du genre à faire la fine bouche sur les avantages qu’elle tire du statut que lui a donné le pouvoir. A l’heure où nous parlons, on n’est pas certain qu’elle ne va pas monnayer son maintien au prochain gouvernement…
Arrive maintenant notre petit Bernard, celui qui a fait une grosse colère au mois d’août et a même écrit à papa en menaçant de quitter sa fonction : « y’en a qui font rien que m’embêter et m’humilier, et si ça continue, je m’en vais, na ! »… Allez, Bernard, on ne voudrait pas tirer sur l’ambulance de Médecins du Monde mais tout ce cirque pour finalement rester… c’est vraiment de l’enfantillage !
Des rescapés… qui en redemandent ! … C’est au tour de François Baroin d’apparaître maintenant… Avec sa modestie coutumière, le bellâtre lève les bras en brandissant d’une main le rabot à niches dont il s’est fait une spécialité, et de l’autre, un morceau du bouclier fiscal qu’il a arraché de haute lutte à Xavier Bertrand pendant la récréation. Ce prince de la langue de bois et de la contorsion politique déclare à qui veut l’entendre qu’il est prêt à redescendre immédiatement… pour peu qu’on lui offre au bas mot, un poste de ministre d’Etat…rien que ça… Un niveau de désintéressement insoupçonné chez notre jeune homme !
La nacelle poursuit ses navettes et avant même que l’on ait aperçu son occupant, la foule entonne quelques chansons à boire… « il est des nôtres… » chantent les badauds… Jean Louis Borloo apparaît, le cheveu aussi lisse et plaqué qu’un vrai mineur Chilien, le sourire jamesbondien, le costume impeccable. Dès sa sortie, il se déclare volontaire pour sauver la planète, le soldat Woerth, les régimes de retraite, l’équipe de foot de Valenciennes pour peu qu’on lui permette de redescendre retrouver son petit Président pour lui offrir ses services ! « Remettez nous ça, patron ! » Brave Jean Louis… jamais avare de promesses et toujours prêt à rendre service !
Un silence impressionnant accompagne la remontée du ministre de l’intérieur… Derrière les barreaux de la nacelle, on aperçoit Brice Hortefeux, sale, le teint noirci, tremblant de tous ses membres et pleurant à chaudes larmes… « La Hune » s’approche de lui…
« Pourquoi ces larmes, Averell, pardon, Brice? Pourquoi tremblez-vous ? »
« J’ai eu si peur… »
« Mais peur de quoi, grands dieux ? »
« Peur du gendarme… Avec la tête que j’ai aujourd’hui, je ressemble plus à un Rom qu’à un auvergnat et dès que je me suis retrouvé libéré de la nacelle… plus de barreaux… j’ai eu peur qu’on croie que je m’évadais et qu’on me tire dessus… les ordres sont les ordres ! »…
…Pauvre Averell ! on ne lui a pas tiré dessus mais il est quand même atteint…
Enfin arrive le tour du capitaine… et François Fillon apparaît en tenue décontractée, celle qu’il avait choisie pour se rendre au fort de Brégançon en août dernier et qui signifiait à son futur ex mentor : « Après les retraites, j’me casse et tu te débrouilles sans moi ! J’ai des choses plus amusantes à faire ! »
Et l’on entend à ce moment, venant du tréfonds de la mine, une voix à peine audible qui grommelle… « et ben casses toi, pauv…. »
dr.