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humeurs, bonnes ou mauvaises, mais à consommer sans modération!

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Lettre ou plutôt carte postale ouverte à Benoist Apparu

 

pautauberge-verso-3.jpg

 

Monsieur,

 

Je profite de ces moments de vacances gouvernementales pour vous adresser cette petite carte postale de la part de « la hune » (http://lahune.over-blog.fr/) et de ses lecteurs. Avant que vous ne découvriez l’image au recto de la carte, je me permets de vous la décrire succinctement : On y voit une femme enceinte chercher un hébergement après avoir été mise littéralement à la porte de son domicile en raison de travaux urgent à effectuer dans le logement qu’elle occupe. On se rend compte qu’elle est désemparée de n’avoir pu joindre le SAMU social au 115, celui-ci étant en grève…Je sens que cette description vous révolte… alors, retournez maintenant la carte postale… Comment ça ? Vous êtes soulagé ? Ah ! vous pensiez que la photo était celle de Carla qui a du quitter l’Elysée en raison des menus travaux de réfection à effectuer pendant les vacances ? Vous respirez maintenant que vous constatez qu’il s’agit seulement d’une famille d’immigrés qui trouvera peut être un hébergement pour une nuit sur la banquette des urgences d’un hôpital parisien… Vous pouvez donc profiter pleinement de vos vacances…

 

De tous les ministres ou secrétaires d’Etat que notre despote Elyséen a pu nommer pour endosser la responsabilité des engagements non tenus, des promesses oubliées ou des dérapages incontrôlés, vous êtes sans doute celui dont la position est la plus inconfortable mais aussi la plus scandaleuse : personne n’a oublié en effet qu’en décembre 2006, Nicolas Sarkozy lançait en pleine campagne présidentielle : "Je veux que d'ici à deux ans, plus personne ne soit obligé de dormir sur le trottoir. Parce que le droit à l'hébergement, c'est une obligation humaine"… Depuis, les hivers se sont succédés, les tentes sont de plus en plus nombreuses à fleurir sur les trottoirs des villes, les campings regorgent de pseudo vacanciers qui n’ont pour habitat qu’un logement de toile, une voiture, un mobil home pour les mieux lotis. La situation s’est considérablement dégradée pour nombre de foyers, l’urgence se substitue de plus en plus au besoin et le seul résultat concret et chiffrable aujourd’hui de votre action consiste en une baisse des moyens alloués à ceux qui exercent la difficile mission de gérer ces urgences.

 

 

Votre position est comme je l’ai dit, inconfortable et scandaleuse : inconfortable si on considère que l’homme politique que vous êtes est avant tout un politique qui doit gérer les contradictions, les reniements voire, les mensonges présidentiels ; scandaleuse pour ceux qui estiment qu’un homme politique est d’abord un homme qui doit respecter les engagements pris dans le cadre d’un contrat politique qui s’appelle, dans une démocratie, l’élection. Vous ne comprenez pas très bien ? Alors, je vous explique : Xavier Emmanuelli, par exemple, est un homme d’engagements qui, s’il a exercé des fonctions de nature politique au sein d’un gouvernement de droite, a utilisé le « politique » pour tenter de servir au mieux les convictions humanitaires (et humanistes) qu’il a depuis toujours défendues. La politique est pour lui, un outil au service d’une cause et non une fin en soi. Il démissionne du Samu social, non seulement parce que vous lui refusez les moyens d’agir, mais il le fait aussi d’une manière spectaculaire, accomplissant ainsi un geste politique destiné à attirer l’attention sur la cause de l’urgence sociale qui est fortement menacée par votre « action » ( !). Dans un domaine similaire, Martin Hirsch n’utilise la politique que comme un instrument pour peser sur les décisions qui vont servir la cause humanitaire qu’il défend. Ces deux hommes sont au service de causes qui les dépassent et si on peut les qualifier « d’hommes politiques » à une certaine époque de leur vie, c’est incontestablement la dimension de « l’homme » et non celle du « politique » qui prévaut chez eux.

 

…Tout ça pour vous dire qu’en acceptant de demeurer au gouvernement dans les conditions qui sont celles dans lesquelles doit s’exercer votre action en matière de politique du logement, gestion de l’urgence sociale et humanitaire, votre maintien ne peut être considéré que comme une attitude scandaleuse. On aimerait qu’à l’instar des deux personnages cités plus haut, vous fassiez prévaloir la dimension de l’homme sur celle du politique. Vous pourriez rétorquer, bien sur, que vous restez fidèle à votre engagement politique et solidaire de l’action gouvernementale. Quelle valeur accorder à une telle fidélité et à une telle solidarité si elles sont au service d’un clan politique et non pas de l’intérêt des plus démunis, de ceux dont votre mission, faut-il le rappeler, est de gérer le besoin ?

 

Pour conclure, je ne sais pas si vous avez l’intention de pratiquer le camping durant vos vacances… essayer peut-être le modèle de tente qui fera fureur (au vrai sens du terme) l’hiver prochain sur les trottoirs de la capitale… Quoi qu’il en soit, s’il est un sujet de devoir de vacances qui pourrait vous faire réfléchir, c’est le suivant : « le métier d’homme politique : quelle part d’engagement, quelle part de complicité ? »

 

 

A vous lire,

 

 

 

Pour « la hune »

Dominique Rossignol

 

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F
<br /> C'est triste, mais depuis de nombreuses années avec une forte accélération au cours des 5 dernières, ce qui a une utilité sociale est est au mieux ignoré, au pire détruit: enseignants,<br /> infirmier(e)s, santé, solidarité etc...<br /> De l'air, de l'air!!!<br /> <br /> <br />
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