humeurs, bonnes ou mauvaises, mais à consommer sans modération!
Notre ministre du redressement productif a encore frappé fort cette semaine, du moins en paroles. Je vois d’ici les quelques lecteurs de droite de « la hune » (si, si, il y en a !) se lécher par avance les babines ! Le grand Arnaud va encore se faire caresser à rebrousse-poil sous la plume de « la hune »… Ils auraient tort ! On l’a déjà écrit ici, Le ministère du redressement productif est certainement l’un des plus lourds à assumer et celui qui en a la charge est loin d’avoir la partie belle. On va aussi rappeler à nos lecteurs de droite qu’en son temps, Nicolas Sarkozy avait créé un ministère de la « relance » en décembre 2008. L’activité du ministre préposé à cette relance a été quasi nulle. Le préposé en question était Patrick Devedjiian qui n’avait été désigné à cette noble tâche que pour le faire taire alors qu’il était déjà quasiment en conflit ouvert avec le petit Jeannot Sarkozy pour le leadership des Hauts de Seine. Pas de quoi rire, en effet…
Ceci étant, ce n’est pas parce que la droite au pouvoir s’est avérée totalement silencieuse en matière de relance ou de redressement productif qu’Arnaud Montebourg doit se sentir obligé de parler à tort et à travers. Montebourg s’en va donc en guerre et promet aux salariés d’Arcelor Mital que « le bras de fer » va commencer avec l’industriel ! Avouons cependant qu’entamer un « bras de fer » contre le géant de l’acier ne manque pas de panache ! Il en faut cependant un peu plus pour galvaniser des ouvriers qui se sentent baladés depuis des mois au gré des discours des responsables politiques de tous bords. Le style de communication employé par Arnaud Montebourg nous rappelle, dans ses excès, celui de Nicolas Sarkozy. De grandes proclamations laissant entendre qu’on va voir ce qu’on va voir et qu’en attendant, on est aux côtés des ouvriers…Mais ces proclamations ne durent que le temps d’un discours, plutôt même d’une plaidoirie, serait-on tenté d’écrire. Le fait que Sarkozy et Montebourg aient tous deux une formation d’avocat n’est sans doute pas étranger à ce que leur style de communication se ressemble. Montebourg ne doit pas oublier que ce que l’on attend d’un ministre, ce sont des projets, du travail, des réformes d’un cadre juridique beaucoup trop laxiste à l’égard de grands groupes industriels et financiers, des résultats tangibles… On n’attend pas d’un ministre qu’il ne soit que dans la communication, la plaidoirie à effet immédiat. Un « bras de fer » est-il gagnable dans le cadre juridique actuel ? On peut quand même être dubitatif sur l’issue du combat.
Autre exemple de communication « Sarkozyenne » utilisée par le ministre, la « désignation » d’un bouc émissaire : On l’avait constaté avec la mise en cause de la gestion de la famille Peugeot dans l’affaire de la fermeture du site d’Aulnay sous Bois, dans des termes assez inopportuns. On l’a à nouveau vu avec la mise en cause du constructeur d’automobiles Hyundaï accusé de faire travailler ses ouvriers 12 heures par jour en Corée. Il semble que le propos soit assez largement inexact mais au-delà, ce type de désignation du bouc émissaire responsable de tous nos maux est intolérable, comme l’était la communication de l’ex Président Sarkozy s’en prenant aux syndicats, aux juges, aux Roms…
Il reviendra-z-à Pâques,
Mironton, mironton, mirontaine, nous dit la chanson, Il reviendra-z-à Pâques, ou à la Trinité
Espérons pour toutes les victimes de plans sociaux que cessera le temps des discours et des incantations. Espérons que viendra le temps d’une réglementation plus contraignante pour les tenants des délocalisations et des licenciements dont la finalité est moins la sauvegarde de la compétitivité que l’augmentation du profit, et cela, sans attendre Pâques ou la Trinité.
La Trinité se passe,
Mironton, mironton, mirontaine,
La Trinité se passe,
Malbrough ne revient pas.
La chanson nous dit que ce pauvre Malbrough est mort, pas qu’il ait démissionné.
dr.