humeurs, bonnes ou mauvaises, mais à consommer sans modération!
Les évènements de Montauban et Toulouse ont incité « La hune » à la retenue qui s’imposait. Force est de constater que les victimes n’étaient pas encore inhumées que certains irresponsables politiques se livraient aux pires ignominies, par calcul, uniquement. Marine Le Pen, de plus en plus à la peine dans les sondages trouvait matière à faire l’amalgame entre terrorisme et Islam pour alimenter ses fonds de tiroir électoraux xénophobes ; Abject. De son côté, François Copé aboyait comme le roquet de service en fustigeant le prétendu laxisme de la gauche face à la montée des « communautarismes » qui sont, comme chacun sait, l’antichambre du terrorisme. Ignoble.
Ces calculs électoralistes ne méritent que le mépris, alors, passons.
D’autres calculs pourraient nous porter un peu plus à sourire. Le monde est injuste et tout particulièrement celui de la culture et du cinéma… Donner un « Oscar » à Jean Dujardin qui fait un succès sans piper mot relève de l’injustice. Assurément, Gérard Depardieu méritait largement cette récompense et la dernière prestation qu’il a réalisée au Parc des expositions de Villepinte devant le candidat Sarkozy le démontre. Qu’on en juge au travers de l’extraordinaire recherche littéraire de son unique réplique : "Depuis que cet ami Nicolas Sarkozy, avec Carla Bruni, est au pouvoir, je n'entends que du mal de cet homme qui ne fait que du bien" ! On avait vu Depardieu jouer le loubard, le soldat, le prêtre, l’ivrogne, le héros, bref, on pensait que ce comédien avait tout tenté, tout joué et tout réussi… et on se rend compte qu’à Villepinte, il a fait mieux encore en interprétant l’imbécile, le benêt comme jamais encore un comédien ne l’avait fait avec une telle aisance. Bravo l’artiste ! Une phrase aussi naïve, un sentiment exprimé aussi spontanément avec des intentions aussi pures, franchement, le monde entier peut nous envier cet acteur hors pair …
D’un coup, le masque tombe et avec lui, les habits de pureté, de naïveté et de désintéressement dont le comédien s’était affublé imprudemment. Apparaît alors dans la lumière blafarde des projecteurs un gros personnage qui a calculé son soutien électoral en fonction de ses seuls intérêts. Depardieu porte-parole de la culture et du monde du cinéma ? Non, Depardieu représentant de son seul intérêt, comme ces paysans mesquins et cyniques dont Maupassant traçait si bien le portrait… Alors, quand Depardieu, dans une dernière envolée, qualifie l’encore chef de l’Etat d’homme « franc et honnête », on sait quoi en penser ! « Tais-toi ! » était le titre d’un film oubliable de Francis Véber sorti en 2003 avec justement le dénommé Depardieu… à qui on se contentera de rappeler seulement le titre.
Ces petits arrangements, ces petits calculs sont évidemment assez méprisables. On aura ici une pensée pour d ‘autres petits calculs (rénaux, ceux là) que le personnel d’Air France aurait pu trouver lorsqu’il fut obligé de nettoyer l’urine de notre grand comédien, incapable de se retenir le 16 août 2011 dans l’avion qui le menait à Dublin. Quelle classe, ce soutien électoral du candidat président ! Si comme on l’espère, ce dernier est obligé le 6 mai prochain, de se précipiter au cabinet d’avocat dont il est issu, il pourra toujours se consoler de n’être plus président d’un pays et aller se réfugier en pleurant dans les bras d’incontinent !
Le tapis de l’avion d’Air France étant maintenant sec, cela nous donne l’occasion d’une excellente transition puisqu’un autre grand calculateur nous a fait sourire ces derniers jours, en l’occurrence, Tapie Bernard, comédien à ses heures mais surtout grand bonimenteur devant l’Eternel… Des esprits mal intentionnés feront remarquer que dans bonimenteur, il y a menteur mais on pourra leur rétorquer qu’il y a aussi boni qui n’est finalement que le pluriel de bonus. Ah ! Le bonus contre lequel notre vertueux Président était parti en guerre et qu’il a accordé sans état d’âme à son nouvel ami. Quoi qu’il en soit, Nanard, ce soutien indéfectible du candidat-président a notamment déclaré : « Nicolas Sarkozy a dit, tout seul : "j'assure l'épargne des Français"…Mais le mec il a sauvé l’économie, votre épargne, mon épargne ! » Effectivement, sauf que l’épargne de Tapie s’est constituée avec l’argent des contribuables comme vous et moi (ceux qui bénéficiaient du bouclier fiscal en ont versé un peu moins, rassurons nous). Et tous ces petits arrangements entre l’ami Tapie, la copine Lagarde et le parrain de L’Elysée n’avaient d’autres raisons pour ce dernier que de se ménager un soutien de plus, un investissement de campagne, en fait, mais qui échappe évidemment à la Commission de contrôle des comptes de campagne qui ne l’intégrera pas dans ses calculs…
Franchement, vous ne croyez pas qu’en se vantant d’avoir de tels soutiens, Sarkozy se moquette du monde ?
dr