humeurs, bonnes ou mauvaises, mais à consommer sans modération!
Au moment où les pouvoirs publics s’apprêtent à réformer notre système de retraite par répartition il n’est pas inutile de rappeler quelques données qui doivent être prises en considération si on souhaite une réforme équitable
En premier lieu que le système par répartition est basé sur un principe simple, les actifs financent les pensions des retraités, c’est à ce titre que les retraités d’aujourd’hui ont financé la retraite de leurs parents. Ces mêmes retraités sont également des acteurs essentiels de la vie sociale. Est-il besoin de rappeler la part importante qu’ils prennent en tant que bénévoles dans les différentes associations et le soutien qu’ils apportent à leurs aînés ainsi qu’à leurs enfants et petits enfants.
L’allongement de l’espérance de vie qui est de 84 ans pour une femme et de 77 ans pour un homme, permet d’espérer une vingtaine d’années d’inactivité pour les retraités d’aujourd’hui. Mais comme toutes les moyennes, ces chiffres cachent des réalités bien différentes : en effet l’espérance de vie d’un ouvrier est nettement inférieure à celle d’un cadre supérieur.
Cet allongement de la durée de vie a pour conséquence qu’il y aura de moins en moins d’actifs et de plus en plus de retraités, les projections pour 2050 prévoient qu’il y aura un 1.2 cotisants pour 1 retraité.
La réforme de 2003, si elle a uniformisé la durée de cotisation entre les salariés du public et du privé n’est pas allée beaucoup plus loin. C’est ainsi que le salaire de référence pour le calcul de la retraite est basé sur les 25 meilleures années pour les salariés du privé alors que les seuls derniers six mois de salaire sont pris en compte pour le public !
En 2008 la pension moyenne des retraités du public était de 1850 € contre 1122 € pour le privé.
Si l’age moyen de liquidation des retraites est aujourd’hui de 61.6 ans, l’entrée de plus en plus tardive dans le monde du travail aura pour conséquence de reporter mécaniquement cet âge à 63 voire 64 ans.
Pour être équitable et donc acceptée par le corps social, la réforme des retraites devra :
Affirmer la pérennité de notre système de répartition
Faire converger les systèmes de retraites du public et du privé
Réduire les inégalités entre les hommes et les femmes
Prendre en compte la pénibilité du travail
Si l’allongement de la durée de cotisation semble inéluctable, il doit s’accompagner d’un effort important des entreprises pour maintenir en activité les seniors, et éviter de pénaliser ceux qui sont entrés très jeunes dans la vie professionnelle et qui sont souvent ceux dont l’espérance de vie est la plus faible.
Une bonne réforme des retraites ne peut être que comptable elle se doit d’être équitable.
BN