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humeurs, bonnes ou mauvaises, mais à consommer sans modération!

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Sortie de classes…

 

A peine la Zone C vient-elle d’achever les vacances Pascales et que les zones A et B sont déjà sur le chemin de la rentrée pour le dernier trimestre… qu’un sondage vient claironner que c’est la sortie des classes ! Pour l’occasion, on en vient à s’imaginer Laurence Sheila Parisot, l’ex Présidente de l’IFOP (puisque c’est l’institut de sondage qui a réalisé l’opération) en train de chanter à tue tête « l’école est finie, l’école est finie… Mais de quel sondage s’agit-il ? De quelles classes chante-t-on ainsi la sortie ?

 

 

De la sortie de classe ouvrière… :

 

Selon un sondage réalisé par l’IFOP pour le Journal du dimanche, les intentions de vote des ouvriers pour la présidente du Front National s'élèvent à 36%, contre 17% pour Dominique Strauss-Kahn et 15% pour Nicolas Sarkozy. Non seulement, Marine Le Pen « pèse » plus que Sarkozy et DSK réunis, mais le vote pour l’extrême gauche qui se voudrait le porte-parole de la classe ouvrière est proche du néant puisque selon le sondage, Jean-Luc Mélenchon du Front de Gauche, Olivier Besancenot du NPA et Nathalie Artaud de Lutte Ouvrière obtiendraient respectivement 2, 1 et 1% des intentions de vote des ouvriers !

Bien entendu, on nous dira que cette photographie de l’opinion prise à un an de l’élection Présidentielle est floue, qu’elle a été réalisée avec un mauvais objectif, qu’elle n’a pas de profondeur de champ, etc., etc.… Il n’empêche, le sondage ne fait que confirmer que les partis censés défendre le plus la cause de la classe ouvrière ne font plus recette. Plus précisément, on peut aller jusqu’à dire que la classe ouvrière n’existe plus, ni au sens sociologique du terme, ni sur le plan de sa conscience politique : les ouvriers français ne se reconnaissent pas en tant que membres d’une classe sociale spécifique, ils ne se reconnaissent pas dans une formation politique culturellement ouvrière. Si le Parti Communiste a pu apparaître au cours de longues années comme le parti de la classe ouvrière, force est de constater que ce rôle ne lui appartient plus. Le monde ouvrier ne dispose plus de bataillons de militants dévoués à la cause du PC ou de la CGT issue de la libération ; le monde ouvrier a perdu sa force militante et il en est ainsi pour de multiples raisons : la désindustrialisation, les changements profonds des conditions de travail au sein des unités de production, la montée de l’individualisme, l’irruption de la précarité: en caricaturant, on peut dire qu’en 1950, l’ouvrier se bat pour sortir de la prison du travail à la chaîne, c’est le temps du combat, de la révolte et du militantisme ; au XXIème siècle, l’angoisse de perdre son travail inhibe les velléités, c’est le temps du seul présent, de la désespérance ou parfois, tragiquement du désespoir individuel conduisant certains au suicide…

 

Et ce n’est pas parce qu’une forte minorité d’ouvriers envisagent de voter FN que ce parti pourrait pour autant se targuer d’être un représentant légitime de la classe ouvrière : sa base militante reste faible et très éloignée de la culture ouvrière. Son programme d’exclusions en tous genres est aux antipodes des valeurs de solidarité qui servaient de fil rouge (si l’on peut dire) aux composantes du mouvement ouvrier. Le FN est au même titre que le candidat Sarkozy de 2007, un mystificateur qui recycle les angoisses des plus démunis pour les transformer en bulletins de vote, une baudruche déguisée en urne électorale et gonflée de promesses qui ne seront pas tenues. Ni plus, ni moins.

 

 

… aux exclusions du système :

 

Si les ouvriers semblent déserter leur classe et prendre le chemin d’une école buissonnière qui risque fort de leur valoir plus de punitions que de satisfactions, il est d’autres populations qui elles, font l’objet d’une exclusion croissante depuis une trentaine d’années. Chômage, précarités professionnelles et familiales, xénophobie, ghettos urbains à la périphérie des villes ont peu à peu déstructuré le tissu social. La grille de lecture qui permettait de comprendre la société française au travers du prisme de la segmentation des classes sociales devient inopérante non seulement pour une minorité de plus en plus forte de la population des cités, mais aussi pour une jeunesse à qui l’on ferme les portes de l’entrée dans la vie active. De nouveaux rapports sociaux voient le jour, des économies souterraines viennent compléter les mesures d’assistance qui sont l’un des derniers liens qui relient le monde des exclus et le reste de la société. Le désintérêt pour le monde politique et l’abstention lors des élections sont ainsi une attitude cohérente de la part de citoyens qui n’ont plus droit de cité mais seulement le non droit des cités.

Ajoutons à cela que selon l’étude de l’INSEE publiée ce jeudi 28 avril, les écarts de revenus et de niveau de vie ont augmenté encore depuis 2002 dans la société française… et l’étude ne prend pas en compte les deux dernières années pendant laquelle la crise a touché en priorité les plus démunis. Comment dans ces conditions penser qu’une élection présidentielle puisse susciter le moindre intérêt pour ceux qui refusent d’être les dindons de la farce électorale ? Comment s’étonner qu’ils soient devenus des adeptes de l’urne buissonnière ?

 

 

 

 

En tous cas, on est heureux d’apprendre qu’avec sa nouvelle tête de premier de la classe, Jean Sarkozy s’est vu attribuer la délégation de fonctions de  chargé de l'Economie sociale et solidaire et de l'Insertion par l'économie au sein de la nouvelle Assemblée départementale des Hauts de Seine… Parler de premier de la classe pour le fils du Président n’est un abus de langage que si l’on s’en tient à son parcours universitaire ; En revanche, dans l’acception sociologique du mot « classe », la classe dirigeante qui a pignon sur les rues de Neuilly le reconnaît bien nomme l’un des leurs ! En tous cas, les petits gars d’Asnières et de Gennevilliers ont du retrouver un moral d’enfer, leur avenir est assuré ! Pourvu quand même qu’ils n’aient pas l’idée de fêter la promotion du petit Jeannot dans une cour de récréation… à Neuilly sur Seine, par exemple…

 

 

dr

 

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