humeurs, bonnes ou mauvaises, mais à consommer sans modération!
A l’Eniversité d’été du FN qui se tenait à Marseille le week-end dernier, le discours de clôture de Marine Le Pen a n’a fait que confirmer que sur le fond, la ligne politique de ce parti demeurait plus que jamais dans l’extrême-droite ligne de ce que connaissait la France en 1934 et qui a permis l’instauration du régime de Vichy. Nationalisme inconséquent, xénophobie, désignation des boucs émissaires, incantations à coups de slogans pour dissimuler l’absence d’idées et de solutions politiques réalistes, bref, tous les ingrédients du populisme se sont retrouvés dans cette harangue de bois, ce qui me fait dire, au risque de confondre les voyelles, que la présidente du FN s’est comportée à l’Eniversité du parti, en Pétain respectueuse.
Elle n’est pas la seule, hélas…
La soi-disant dédiabolisation du FN a notamment eu pour effet de « blanchir » le discours xénophobe. On n’est pas près d’oublier que Copé « décomplexait » la droite française en inventant des histoires de vol de pain au chocolat commis par des gosses venus d’on ne sait où, au détriment de bons enfants français. Depuis, Copé a été pris la main dans le sac pour avoir contribué à ruiner son parti à coups de contrats juteux et de fausses factures avec ses amis de Bygmalion… et pour quelques millions de pains au chocolat, lui !
La dernière interview de Sarkozy dans le Figaro a les accents d’un populisme qui n’a rien à envier à celui du FN. Passons sur le refrain devenu habituel concernant l’impossibilité pour la France d’accueillir dorénavant un seul migrant économique ; passons sur le délire consistant à construire en dehors de l’Europe (et de préférence en Afrique) des centres de rétention dont à notre connaissance, aucun pays ne souhaiterait qu’ils soient établis sur son sol ; passons sur l’hypocrisie d’une distinction entre demandeurs d’asile politique, qui pourraient s’installer définitivement en France, et réfugiés pour cause de guerre qui, eux, n’auraient droit qu’à un séjour à durée limitée, le temps d’une guerre, et qui seraient ensuite reconduits dans leurs pays, à la merci de l’épuration qui en général hélas, est consécutive au retour de la paix ; souhaitons bon courage aux juristes qui devront définir ce qu’est une guerre, ce qu’est une guerre civile, ce qu’est une opération de maintien de l’ordre, ce qu’est par exemple le conflit en Ukraine dans lequel la Russie est partie prenante… Monsieur Sarkozy est à ce point aux abois sur tous les fronts (politique et judiciaire) qu’il n’a de cesse d’essayer de se refaire une santé en draguant à tout va l’électorat du FN ; c’est ce qui pourrait s’appeler faire le trottoir.
Le pire, c’est que l’opinion française est de plus en plus gangrenée par ce discours aux accents putainiste. Des maires proposent de faire le tri entre émigrés chrétiens et musulmans ; le bon peuple franchouillard demande qu’on s’occupe d’abord des SDF avant d’accueillir des réfugiés, ce bon peuple qui, bien souvent, n’a jamais eu la moindre considération pour les « clodos » et traitait hier encore les chômeurs de fainéants ; ce bon peuple qui véhicule sur internet des images où l’arabe et le musulman sont caricaturés moralement et physiquement, comme l’était le juif en France dans la presse antisémite d’avant-guerre.
Face à ce déferlement de boue, c’est maintenant qu’on doit retrouver l’esprit de résistance.
dr