humeurs, bonnes ou mauvaises, mais à consommer sans modération!
En ces temps de foot tous azimuts, ce « à poils l’arbitre » que l’on osait parfois dans l’anonymat de nos adolescences boutonneuses, me revient en mémoire, et même, en bouche ! Deux informations viennent en effet me convaincre que ce cri redevient d’actualité…
Première nouvelle : La France vient d’obtenir l’immense privilège d’accueillir L’Euro 2016. L’investissement diplomatique du chef de l’Etat serait dit-on, le petit plus qui a permis de devancer d’une voix la Turquie qui elle aussi était candidate.
De mauvais esprits (dont nous ne sommes évidemment pas) penseront qu’il s’agit là d’un véritable acharnement de notre petit homme envers la Turquie à qui il a fermé déjà la porte de l’Union Européenne ! De là à ce qu’il devienne la tête de turc des Turcs, il n’y a qu’un pas. De bons esprits viendront défendre ce choix qui va permettre de créer des stades supplémentaires, en rénover d’autres et ainsi créer 15000 emplois ! (de très mauvais esprits ont déjà susurré que Martin Bouygues, maçon de son état, en tirerait un certain profit en rénovant ou en construisant les stades d’une part, et en diffusant les images sur TF1 d’autre part. Et vive l’amitié !
Deuxième nouvelle : Un rapport du ministère de l’Education Nationale censé demeurer secret mais éventé dans les colonnes de Libé et du Monde indique qu’en acceptant d’augmenter le nombre d’élèves par classes, on pourrait « économiser » de 6000 à 7000 postes d ‘enseignants. Les beaux esprits, c’est à dire, les forts en math, feront remarquer que j’ajoute 15 000 emplois d’une main, j’en retire 7000 de l ‘autre et ma politique de l’emploi est excédentaire de 8000 emplois. CQFD !
Le rôle du politique, c’est de prévoir, de gérer, de décider et par là même, d’arbitrer entre des priorités. Cette façon qu’a le pouvoir d’arbitrer entre les priorités du spectacle footbalistique et celles du système éducatif est une honte. Ainsi, il est plus important de rassasier pendant quelques jours les amoureux du ballon rond que de satisfaire les besoins d’enseignement de centaines de milliers d’enfants. Ainsi, il est plus important de créer 15000 emplois (pour quelques chantiers temporaires, avec quels travailleurs ???) que de supprimer des milliers de postes d’enseignants dont le travail serait susceptible de mieux armer des jeunes pendant plusieurs générations. Ainsi, il est en fait plus important de tenter de masquer la crise que d’y apporter des réponses et engager l’avenir.
La France a un Président qui ne prévoit pas, qui ne gère pas et qui arbitre contre le cours du jeu. Alors, « à poils l’arbitre ? » par égard pour nos enfants, épargnons leur ce spectacle et contentons nous de le renvoyer au vestiaire.
dr