humeurs, bonnes ou mauvaises, mais à consommer sans modération!
Et voilà, c’est reparti !
Les banques ont prêté des milliards de dollars à Dubaï World, une société immobilière appartenant à l’émirat de Dubaï.
On a construit des tours de plusieurs centaines de mètres de hauteur, on a construit des shopping centers démesurés, des golfs, même une montagne pour faire du vrai ski sur de la neige artificielle, sous une bulle de plexi-glass , on a tracé un circuit de Formule 1 d’une beauté esthétique incomparable, on a construit une île gigantesque en forme de palmier avec des immeubles les pieds dans l’eau.
Et voilà que Dubaï World ne va pas pouvoir honorer son échéance du 14 décembre.
Les banques occidentales qui ont largement prêté à Dubaï vont devoir provisionner des pertes possibles voire probables.
Oh, bien sûr , on nous dit que les émirats arabes unis ne vont pas laisser tomber Dubaï et qu’ils vont l’aider . Il n’en reste pas moins qu’on a prêté des sommes astronomiques à un état uniquement au nom de la spéculation immobilière. Ce qui s’est fait en Espagne , c’est du monopoly de salon à côté de ce qui s’est fait à Dubaï.
Il n’y a pas de pétrole à Dubaï mais il y a des idées. Peut-être même qu’il n’y a que des idées à Dubaï. Des idées d’architecture débridée, des idées de luxe inégalable. Des idées de profit sans réflexion.
Ces banquiers qui sont tellement vigilants sur la façon dont on distribue le crédit dans leurs agences ont tout simplement oublié de s’appliquer la même vigilance quand il s’est agi de financer des projets pharaoniques à Dubaï.
Dubaï, il fallait y être, il fallait y mettre son enseigne, ne pas être le dernier à investir sur cet îlot de prospérité. On allait y faire des gains extraordinaires. Mieux valait financer la spéculation immobilière que financer l’économie réelle.
Et voilà qu’ils se sont encore mis le doigt dans l’œil.
Qui va renflouer cette fois ?
Est-ce qu’on va encore demander au contribuable, indirectement, par l’intermédiaire des Etats, de jouer les pompiers de service. Comme ça, sans davantage de surveillance, sans changement dans les nombreuses réglementations qui régissent et qui paralysent souvent le financement normal et ordinaire de l’économie, les entreprises et les particuliers.
Surtout surtout, il faut les laisser faire, ne pas permettre que l’Etat s’implique dans la gestion des établissement financiers.
Surtout surtout, il faut que les agences continuent à récolter l’épargne de leurs clients ordinaires, entreprises et particuliers.
Surtout surtout, il faut faire bien attention à ne pas prêter inconsidérément de l’argent à ces mêmes entreprises et particuliers, au nom de la crise et des risques d’insolvabilité que représentent ces clients ordinaires.
Surtout surtout, il ne faut pas spécialiser les établissements financiers, ne pas séparer la banque de détail et la banque d’investissement. Il faut laisser tout cela bien confondu, bien imbriqué, bien opaque.
Ce capitalisme-là, c’est fini , clamait notre Président de la République. Et le G20 s’est réuni pour dire aussi que c’était fini, que ça ne serait plus comme avant.
Mais quelles mesures a-t-on pris ? Aucune qui soit structurellement et durablement efficace.
Alors c’est pas fini , il faut se préparer à ce que ça dure encore un moment cette crise, parce que l’argent immobilisé à Dubaï, c’est de l’argent qui ne servira pas à financer les investissements d’ici et d’ailleurs. Et les investissements d’aujourd’hui , comme on dit toujours, ce sont les emplois de demain.
Belle perspective pour tous ceux qui n’ont jamais envisagé de mettre les pieds à Dubaï et qui voudraient simplement travailler , et profiter du fruit de leur travail , ici et maintenant.
ML