humeurs, bonnes ou mauvaises, mais à consommer sans modération!
« Jean-Luc Mélenchon n'a pas supporté la remise du prix Sakharov (qui récompense les défenseurs des droits de l'homme) à Guillermo Farinas. Un dissident cubain récompensé, un journaliste qui plus est, voilà qui est insupportable pour cet admirateur de Fidel Castro et de Hugo Chavez. » C’est ainsi que Rue 89 et la plupart des médias ont commenté la « sortie » de l’hémicycle de Strasbourg du député européen du front de gauche qui ne voulait pas assister à la remise du prix, remise d’ailleurs virtuelle puisque l’heureux récipiendaire réside toujours dans les prisons cubaines, coupable d’avoir fait une grève de la faim de 135 jours pour demander la libération des prisonniers politiques de son pays. Dénoncer des dictatures de droite et faire silence sur celles dites de gauche, c’est établir un distinguo sans aucune subtilité entre celles qui seraient les torchons (à droite) et celles qui seraient des serviettes (à gauche). La ficelle est tellement grosse qu’on peut difficilement croire que derrière cette mascarade, notre hyper président du parti de gauche n’ait pas eu quelques arrières pensées…
Mélenchon conduit à gauche mais sa voiture est une vieille Lada !
Indiscutablement, Mélenchon parle à gauche, mange à gauche, dort à gauche, fait tout à gauche et fait même en sorte que ça se voit. On peut lui reconnaître que ce n’est pas un positionnement de circonstances et qu’il assure à sa manière la continuité des idées des socialistes du XIXème et du début du XXème siècle. Défenseur d’une république une et indivisible, notre joyeux drille s’est notamment illustré dans le combat qu’il a mené contre l’enseignement de la langue bretonne au sein des écoles « Diwan ». Le moins que l’on puisse dire, c’est que si la Bretagne vote maintenant régulièrement à gauche depuis de nombreuses années, ce n’est évidemment pas grâce à lui ! Plus récemment, notre Jean Luc s’était opposé au boycott des J.O. de Pékin et aujourd’hui, il refuse d’assister à la remise d’un prix à une chaise vide, sous le prétexte qu’il « désapprouve ce prix qui entre dans les rites, les ritournelles du Parlement. C'est la troisième fois qu'un Cubain reçoit ce prix de la part d'un Parlement qui n'a pas trouvé une minute pour condamner le coup d'Etat au Honduras… » (source AFP). En fait, Mélenchon reste dans une orthodoxie assez terrifiante qui rappelle les indignations très sélectives qui avaient cours auprès des responsables des partis communistes de tous les pays durant la guerre froide. Son discours est aussi archaïque qu’une vieille Lada, véhicule au demeurant assez polluant, et dont on peut douter que les « Verts » lui confèrent un bonus écologique, surtout lors des prochaines consultations électorales !
Le coffre à bagages est rempli d’arrières pensées :
La réalité, c’est que pour exister politiquement dans notre univers de spectacle, Jean Luc Mélenchon est comme les autres, condamné à se faire voir et entendre. Bien entendu, il ne va pas jouer la même partition que les autres mais ça se passe quand même dans la même cour de récréation à savoir, « vivement dimanche » ou « le grand journal » de canal +… et le site Internet du Parti de gauche ne se prive pas de mettre en ligne l’intégralité des vidéos des émissions. L’affaire du prix Sakharov est sans doute à interpréter dans sa forme comme une saillie médiatique destinée à mettre en scène un Mélenchon différent des autres hommes politiques de gauche, iconoclaste, gueulard, fidèle à son orthodoxie de toujours. Se distinguer du PS et des Verts est une priorité de Mélenchon pour exister médiatiquement.
Autre arrière pensée, donner des gages aux anciens militants du Parti communiste dont les dirigeants vont prendre un malin plaisir à se démarquer du petit Jean Luc et de son micro parti. Le marché électoral de la gauche de la gauche n’est pas extensible à l’infini et la perspective de voir 4 candidats se disputer le petit gâteau n’est guère enthousiasmante. En faisant semblant d’ignorer les méfaits du régime cubain qui reste fondamentalement attaché à l’ordre communiste vieux de plusieurs décennies, Jean Luc Mélenchon essaie de s’attirer des sympathies qui lui sont vitales pour espérer un score honorable au premier tour de la prochaine élection présidentielle.
L’hiver s’annonce rigoureux et j’aurais bien fait l’acquisition d’un vêtement de fourrure pour me prémunir du froid… Pourquoi pas une peau d’ours ? … à condition quand même d’être certain qu’il a bien été tué ! Est-ce vraiment le cas des ours staliniens ?
dr