humeurs, bonnes ou mauvaises, mais à consommer sans modération!
L’actualité de ces derniers jours vient à point pour montrer à ceux qui n’en sont pas encore convaincus, à quel point le Premier Ministre qui est censé gouverner le pays n’en a, ni la capacité, ni le sens de la responsabilité. Trois faits qui relèvent, soit de l’anecdotique, soit du dramatique, en témoignent.
Flocons et vraie pagaille : Averell Hortefeux s’étant couvert de ridicule en affirmant que la neige qui bloquait toute la circulation en Ile de France ne créait aucune pagaille, François Fillon s’est empressé de faire machine arrière en admettant du bout des lèvres cette pagaille, mais en en imputant l’entière responsabilité à Météo France ! Autrement dit, si vous êtes malade, c’est de la faute du thermomètre ! Monsieur Fillon oublie que dans toute crise, le pouvoir se doit de jouer le rôle du médecin, ce qu’il n’a pas été en mesure de bien faire, sans doute. En aucun cas on attend du médecin qu’il se défausse de sa première responsabilité qui reste de soigner le malade. Cette histoire ne serait que risible si elle ne venait pas aussi souligner l’attitude constante d’un Premier Ministre qui ne gouverne pas, alors que c’est son rôle, et qui fuit sa responsabilité quand celle ci risque d’être mise en cause.
La bêtise fait boule de neige : Suite de l’avalanche de sottises (un autre terme conviendrait sans doute mieux mais « La hune » se doit de conserver une certaine tenue, même dans les moments difficiles !) « Le Monde » s’était fait l’écho de la mésaventure de ce syndicaliste de Sud qui, à l’occasion de la visite de Nicolas Sarkozy dans un petit village de l’Allier, a été en quelque sorte, gardé à vue par les gendarmes pendant 5 heures, afin de l’empêcher de manifester. Dans ce village de Mayet-de-Montagne, une commune de moins de 2 000 habitants, ou selon « le Monde », 300 à 400 représentants de la force publique étaient mobilisés, que craignait le préfet ? il n’avait évidemment pas peur d’un trouble sérieux à l’ordre public (il y avait 15 manifestants !) mais seulement que ces derniers soient entendus par le chef de l’Etat ou montrés par les médias, ce qui risquait de lui faire perdre sa place, à l’instar de ce qui était arrivé à son ex collègue de la Manche. Le point culminant de cette avalanche, si l’on peut se permettre cette image audacieuse, c’est que ledit préfet, un certain Pierre Monzani, couvre l’action des gendarmes sans en fournir la moindre justification. Il se contente de minimiser la bavure, sans la reconnaître pour telle, en invoquant le fait que lui même, « militant gaulliste » a parfois été conduit au commissariat à l’occasion de collages d’affiches ! Cela n’a évidemment rien à voir avec le fait de retenir préventivement un manifestant potentiel… On aurait aimé entendre Averell Hortefeux et François Fillon sur ce sujet mais pour l’instant, c’est de nouveau « courage fuyons ! » et le silence qui prévalent…
En tout cas, ce pauvre préfet a bien raté son but puisque cette affaire fait beaucoup plus de bruit dans les médias que n’auraient pu en faire les 15 manifestants de Mayet de Montagne !
L’age de glace pour les banlieues : Beaucoup plus dramatique est l’annonce faite par le ministre de la ville, du gel de la plupart des crédits et des promesses du candidat Sarkozy pour une politique de la ville. Le Plan Marshall pour les banlieues est définitivement bouclé, mais au sens Hortefeux du terme, c’est à dire, emprisonné, cadenassé dans des armoires dont il ne risque plus de sortir ! Maurice Leroy qui a succédé à Fadela Amara en a fait le triste aveu : il sera bien content (de lui ?) s’il parvient déjà à assurer le financement d’engagements qui avaient été pris … en 2006 ! Cette politique de la ville, tout comme la politique du logement est un échec total du gouvernement de Monsieur Fillon et sa responsabilité est écrasante. Manifestement, la fibre sociale de l’élu de la Mayenne est demeurée à l’état embryonnaire et son maintien à Matignon est une de fois de plus l’illustration du penchant de plus en plus réactionnaire de l’exécutif à mesure qu’on se rapproche de l’échéance de 2012. Ce penchant de la route qui mène au pouvoir amène à tous les dérapages, comme l’a si bien suggéré le subconscient d’Averell Hortefeux dernièrement…("Il n' y a pas de pagaille... Ce qui pose problème, ce sont les routes lorsqu’elles sont inclinées.")
En attendant, Maurice Leroy des flocons va devoir inventer une nouvelle façon de faire de la politique, sans crédits. Chapeau, ça, au moins, c’est de la rupture !
dr