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humeurs, bonnes ou mauvaises, mais à consommer sans modération!

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Pèlerinage : sur les routes de saint Jacques de Copenhague…

 

On voudrait croire aux miracles ; tout nous y incite d’ailleurs ; Après la messe basse du sommet de la Terre à Rio en 1992, après la messe chantée de Kyoto en 1997, nous voici conviés à la messe solennelle de Copenhague, avec la participation de chefs d’Etat fraîchement convertis à la religion écologiste qu’ils n’avaient de cesse de caricaturer, voire de dénoncer comme un schisme redoutable issu du gauchisme à la finalité blasphématoire vis à vis des dogmes sacrés du capitalisme libéral…

 

Du haut des minarets médiatiques, journaux, radios et télévisions, l’appel à la prière écolo se fait entendre chaque jour pour nous inciter à réciter dans une unanimité touchante l’acte de foi en une planète verte sur laquelle chacun trouvera sa place dans la paix et pour les siècles des siècles !

 

Gageons qu’à la sortie de la messe, les heureux chefs d’Etat occidentaux exprimeront devant les caméras du monde entier leur béatitude (le mot est bien français, à force, on ne sait plus !) et sauront faire étalage de la contribution qui aura été la leur à l’occasion de la cérémonie. Comme au bon vieux temps où les notables provinciaux allaient serrer les mains des villageois à la sortie de l’église… que voulez vous, le futur Henri IV avait compris que Paris valait bien une messe et nos joyeux chefs d’Etat pensent qu’il en est de même avec l’écologie.

 

Arrêtons cependant de croire aux miracles. L’écologie est un combat qui ne saura être gagné sans une rupture coûteuse et douloureuse avec les dogmes du capitalisme libéral. Copenhague est une nécessité et il ne s’agit pas ici d’en critiquer les travaux mais qu’on cesse de nous présenter les choses de façon lénifiante ; qu’on cesse de nous présenter les acteurs étatiques comme les hérauts d’une cause qu’ils n’épousent que tardivement et bien souvent avec des arrières pensées électoralistes qui frisent l’indécence.

 

Comment croire en des gens qui ont été incapables de commencer à réformer en profondeur le système économique qui nous vaut la crise actuelle et qui nous vaudra de nouvelles crises peut-être encore plus graves dans les années à venir ? on est resté dans le domaine des discours, sans toucher aux fondements d’un système qui n’est plus maîtrisé. Les Banques continuent en toute impunité leur fuite en avant, et cela d’autant plus qu’elles disposent d’une arme de dissuasion massive, le chantage au désordre mondial. Et surtout, qu’on ne vienne pas nous parler de la taxation des revenus des traders qui ne frappent que … le frais généraux des établissements bancaires qui se rattraperont sans difficultés sur d’autres composantes de leur marge à savoir, les frais bancaires prélevés sur les clients ordinaires. Les enjeux financiers et économiques d’une nouvelle donne écologique nécessitent des décisions extrêmement lourdes aux conséquences parfois impopulaires. Comment croire que nos responsables politiques qui tremblent devant une poignée de Banquiers auront la capacité et le courage politique de prendre ces décisions ?

 

On aimerait bien croire aux miracles…

 

Les militants écologistes ont réussi à imposer leurs thèmes sur la scène politique et ce n’est pas un miracle ; c’est l’aboutissement d’un travail, d’une réflexion, d’une volonté de faire partager des convictions ; on leur doit beaucoup pour avoir réussi à faire émerger une prise de conscience réelle au niveau individuel de beaucoup de citoyens qui commencent à adopter un comportement responsable dans leur quotidien le plus ordinaire. Et c’est bien cette prise de conscience à un niveau individuel qui a obligé les responsables politiques à porter à leur tour les préoccupations écologiques. C’est d’abord cela qu’il faut retenir. Copenhague existe d’abord à cause des citoyens ordinaires. On espère qu’il en sortira des résultats tangibles pour eux, sans doute au prix de décisions douloureuses mais qu’on souhaite d’abord douloureuses pour les nantis.

 

On souhaiterait aussi que les discours des responsables à la sortie de l’office soient emprunts d’humilité, ce qui serait extrêmement douloureux pour certains d’entre eux, mais on l’a déjà dit, il ne faut pas croire aux miracles…

 

Un espoir pour conclure : ce que les militants écologistes ont réussi à faire émerger, cette prise de conscience qui a poussé les responsables à faire bouger les lignes, pourquoi ne réussirions nous pas à le faire aussi pour transformer un système économique qui est devenu une machine infernale ?

 

Ite, missa est !

 

 

dr
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P
<br /> dans le même sens, à lire : "au temps des catastrophes, résister à la barbarie qui vient" , Isabelle Stengers, Ed. La Découverte ; et l'article de Michel SERRES dans la page Rebonds de Libé du 10<br /> ou 11 décembre.<br /> Bravo.<br /> P R<br /> <br /> <br />
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