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Sarkolène Royal ou l’enfantement d’un clone…

 

 

Si l’annonce de la candidature de Madame Royal aux primaires organisées par le PS ne constitue vraiment pas le scoop de l’année,  la manière dont elle résonne dans les médias est symptomatique du clonage qui s’est progressivement opéré chez cette dernière depuis sa défaite à l’élection Présidentielle de 2007. Son discours qui est sans doute au sein du PS, le plus violent dans sa critique du Sarkozysme, peut s’analyser comme une sorte de masque derrière lequel on se rend compte que son jeu avec les médias, la conception très personnelle qu’elle a de sa relation avec son parti, sa stratégie électorale, sont tout à fait comparables aux travers qu’elle dénonce chez son rival de 2007.

 

La rhétorique du « Moi-Je »… Tout comme le petit Président, Madame Royal utilise très fréquemment la locution « et bien, moi, je pense… » qui a vocation à convaincre l’auditeur qu’elle a l’exclusivité d’une idée, d’une proposition, voire d’une opposition. La finalité de ce besoin d’affirmer cette exclusivité est double : d’une part, attirer sur elle les feux des projecteurs médiatiques et d’autre part, exclure la concurrence qui pourrait exister dans son propre camp. A titre d’exemple, le thème de la « démocratie représentative » mis en avant durant la campagne de 2007 pourrait n’être qu’un écran de fumée essayant de cacher une manière tout à fait autoritaire de pratiquer la politique. On peut réellement se demander si ce thème ne constitue pas une sorte de populisme rose qui serait le pendant du populisme beige de Nicolas Sarkozy. Ainsi que l’écrivait Rémi Lefèbvre dès 2007 dans la revue Projet, « La démocratie participative chez Ségolène Royal ne dépasse guère un registre incantatoire qui positionne subtilement la candidate à la fois « au-dedans » et « au-dehors » du jeu politique et vise à produire surtout des effets d’annonces et de légitimité. Il y a quelques mois, Ségolène Royal lançait sur son site la rédaction interactive d’un ouvrage programmatique co-produit avec les internautes. Cette initiative ne s’est pas concrétisée. Les modalités de la campagne « participative » qu’elle entend développer apparaissent très floues. L’idéal de la démocratie participative est plus honoré que véritablement pratiqué ». On pourra lire aussi avec intérêt l’analyse de l’échec de cette démocratie représentative sur le site de Marianne2 : http://www.marianne2.fr/L-echec-de-la-democratie-participative-de-Segolene-Royal_a182659.html.

 

La mise en scène médiatique : Il n’est pas besoin d’insister sur ce point puisque Madame Royal, tout comme son adversaire de 2007, s’évertue avant tout à focaliser les médias sur des « coups », comme son intrusion dans un colloque organisé par Vincent Peillon (cf l’article de la hune intitulé 0 - Voir le commentaire - Voir les 0 commentaires Fausses notes : Le jour où Ségolène s’égara…) ou l’annonce de sa candidature aux primaires du PS. Tout est orchestré pour paraître, surprendre, apparaître comme la lumière qui attire des électeurs-insectes et notamment, pour les empêcher d’être attirés par d’autres lumières.

Une stratégie électorale « clanique » : Ainsi que tente de le faire Nicolas Sarkozy, Madame Royal  s’essaie à une stratégie manichéenne dont la finalité est de créer au deuxième tour de l’élection de 2012, un affrontement entre le clan la droite Sarkozienne alliée à l’extrême droite, et le clan de leurs opposants, allant du centre à l’extrême gauche. Pour ce faire, le premier multiplie les œillades à l’attention du Front National dont les électeurs et maintenant, certaines idées sont présentées comme acceptables, de façon à pousser l’opposition à adopter une posture idéologique. La seconde qui, elle, ne bénéficie pas dans son propre parti d’un rapport de forces favorable, se trouve dans l’impérieuse obligation d’éliminer prioritairement les opposants dans son propre camp. D’où la nécessité de se positionner dès maintenant en essayant de tirer parti des soit-disant inconvénients que présenterait le calendrier de l’organisation des primaires du PS. Mais bien entendu, les deux protagonistes font montre d’un même discours lénifiant vis à vis de leurs concurrents internes : Quand Nicolas encense François, son ex redevenu nouveau Premier Ministre, Ségolène lui répond en écho en ne tarissant pas d’éloges sur Dominique, qui réalise un travail formidable au FMI (sous entendu, pourvu qu’il continue le plus longtemps possible !).

Une fois qu’elle aura réussi à être désignée aux primaires, Madame Royal pense qu’elle rassemblera sur son nom tous ceux qui ne veulent plus de l’exécutif actuel… Stratégie évidemment très hasardeuse puisqu’il n’existe à ce jour aucune ébauche de programme de gouvernement au sein des diverses composantes de la gauche et des verts, programme qui ne pourra voir le jour que dans le cadre institutionnel des partis sous peine de n’avoir aucune crédibilité.

 

 

La conclusion très provisoire de tout cela, c’est que dans le cirque politique, les clones ne font pas vraiment rire les électeurs. Quoi qu’il en soit, si par malheur le deuxième tour de l’élection présidentielle de 2012 se présentait de cette façon, à savoir, une opposition de clans et non le choix d’une politique, il y aurait matière à s’inquiéter pour la faune de nos rivières et du littoral de nos côtes ! Il y a en effet fort à parier que le parti de pêcheurs à la ligne se renforcerait considérablement pendant un week end de mai 2012 et l’hypothèse d’un terrible carnage serait alors à prendre au sérieux.

 

dr

 

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